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    A défaut de gaz de schiste, la France va-t-elle exploiter son gaz de houille?

    C'était la malédiction des mineurs. Aujourd'hui, le gaz emprisonné dans les veines de charbon, le grisou, pourrait devenir une source d'énergie en France. A défaut de gaz de schiste, la France va-t-elle exploiter son gaz de houille ?

    La France a fermé sa dernière mine de charbon en 2004. Mais l'exploitation du sous-sol pourrait redémarrer en Lorraine, dans l'est du pays, grâce au grisou ! C’est en tout cas le vœu du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. Difficile à imaginer tant ce gaz était maudit pour les accidents mortels qu'il causait autrefois dans les mines de charbon. Pourtant le grisou est si abondant au nord et à l'est de la France, qu'il pourrait assurer au pays plusieurs années de consommation de gaz. On connait la ressource depuis 20 ans, mais il fallait maîtriser la technique d'extraction de ce gaz non conventionnel, prisonnier des veines de charbon, et donc plus difficile et plus coûteux à exploiter que le gaz naturel.

    L'extraction est rodée aujourd'hui, il s'agit de drainer la roche par des forages horizontaux.

    Ailleurs dans le monde, le gaz de houille, c'est déjà 8% de la production de gaz aux Etats-Unis, selon Cedigaz ; la Chine a commencé à l'extraire pour sa consommation intérieure et elle a un énorme potentiel, la Russie également ; en Europe, c'est encore timide : Pologne, Italie et Royaume-Uni en produisent en quantité très faible pour l'instant. C'est avant tout l'Australie qui mise sur le grisou, au point d'avoir prévu de le liquéfier et de l'exporter par bateau vers ses voisins asiatiques. C'est d'ailleurs une petite société australienne, EGL (European Gaz Limited), qui possède les deux permis de recherche du grisou en Lorraine.
     
    L'extraction du gaz de houille est légale en France, contrairement au gaz de schiste : les forages horizontaux sont autorisés. C'est la fracturation accompagnée d'injections d'eau dans la roche qui est interdite, la fameuse « fracturation hydraulique ». Le grisou pourrait donc devenir le premier gaz non conventionnel exploité en France. Mais sauf miracle, il y a peu de chance qu'il soit rentable tant que l'on ne pourra pas faire de la fracturation, qu'elle soit hydraulique ou non, pour stimuler la sortie de terre de ce gaz de houille, explique Pascal Belloc, du Groupement des entreprises parapétrolières. C’est ce qui est fait couramment en Australie et en Amérique du Nord pour stimuler la production.
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