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Revue de presse Afrique

A la Une: toujours aucune trace des Français enlevés au Cameroun

Frédéric Couteau
A la Une: toujours aucune trace des Français enlevés au Cameroun
 

« Pas de nouvelles des 7 touristes français enlevés à la frontière Cameroun-Nigeria », constate Le Septentrion , le journal du Nord Cameroun. « Le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Augustin Awa Fonka a précisé que les autorités Nigérianes et Camerounaises étaient en contact permanent pour essayer de sauver les otages », relève le journal qui précise que « les forces de maintien de l’ordre ratissent la zone », pour l’instant sans résultat.

Le quotidien camerounais Cameroon Tribune a tenté de reconstituer l’itinéraire des ravisseurs. « Mardi, aux environs de 9h, sur l’axe Waza-Kousseri, sur la nationale numéro 1, quatre individus à bord de quatre motos et portant des armes interceptent le véhicule qui transporte les membres de cette famille. Ils tentent d’emmener le 4x4 de marque Mitsubishi Pajero mais l’engin embourbé dans une zone marécageuse est abandonné. Les ravisseurs transportent alors leurs otages à bord de leurs motos. Une fois sur le territoire nigérian, ils se ravitaillent en carburant dans la localité de Kalabalki. Dans leur parcours, ils interceptent un véhicule de transport en commun, font descendre les passagers et ordonnent au chauffeur de les conduire vers Maiduguri. » Ensuite, plus de traces…
Le lendemain, précise encore Cameroon Tribune, « une unité de l’armée française stationnée au Tchad a survolé la zone frontalière entre le Cameroun et le Nigeria. Côté camerounais, le dispositif sécuritaire a été renforcé le long de cette frontière. »

La France sur tous les fronts

Pour le site d’information Slate Afrique , « les Camerounais sont choqués par le rapt de cette famille française, près de la frontière avec le Nigeria, et craignent que cette région touristique ne devienne un nouveau Tombouctou. »

Côté français, « c’est désormais la guerre ouverte avec les djihadistes de tous les pays, relève le site d’information Fasozine . Au-delà de la traque que mène l’armée tricolore contre les groupes islamistes armés retranchés au nord de Kidal au Mali, tous les ressortissants français, même d’innocents enfants malheureusement, sont devenus désormais la cible des preneurs d’otages. Non plus seulement au Sahel et au Mali, mais partout où ces derniers ont les moyens d’agir sans être inquiétés. Les derniers événements du Nord Cameroun sont la preuve que ces 'fous d’Allah' sont prêts à frapper partout et en tout temps. Alors, s’interroge Fasozine, jusqu’où la France peut-elle aller dans la lutte contre les djihadistes ? A l’allure où va la guerre asymétrique qui déborde les frontières du Mali et du Sahel, les choses risquent d’être plus longues et plus périlleuses qu’on les avait imaginées au départ. Les ressortissants et intérêts français seront de plus en plus visés partout. »

«La France sur tous les fronts», renchérit Guinée Conakry Infos. «En représailles notamment à l’intervention des forces françaises au Mali, les ressortissants français sont particulièrement ciblés par les preneurs d’otages ces derniers temps, constate le site guinéen. C’est du moins la lecture que l’on donne à l’enlèvement des sept français au Cameroun. (…) Et la promptitude avec laquelle François Hollande vient de dépêcher des gendarmes français au Cameroun crédibilise la thèse selon laquelle la diplomatie française ne compte plus sur l’approche de la négociation. (…) La France opte désormais pour la méthode dure, estime Guinée Conakry Infos. Ou ça passe ou ça casse. Naturellement, cette approche n’est pas la plus prisée par les familles des victimes. Mais la France n’entend plus subir les chantages des ravisseurs. »

Inaction ?

Cette lutte contre le terrorisme islamique sera longue et difficile, relève Le Pays : « le terrorisme djihadiste ne sera pas éradiqué totalement par une quelconque magie sécuritaire. Nous sommes face à des individus et des groupuscules imbus de la certitude de détenir la vérité absolue.» Et Le Pays de pointer du doigt l’inaction coupable à ses yeux du Cameroun et du Nigeria face à ce fléau : « personne n’arrive à comprendre que, depuis l’implantation de Boko Haram au Nigeria avec son cortège de crimes, aucune coopération sécuritaire sérieuse n’ait été établie entre le Cameroun voisin et ce géant d’Afrique aux pieds d’argile, transformé en épicentre du djihadisme en Afrique de l’Ouest.»

Le Pays qui dénonce également le régime camerounais et le président Paul Biya : « cette prise d’otages, au Cameroun, pose fondamentalement la question de la gouvernance même de ce pays, affirme le quotidien burkinabé. (…) La guerre contre le djihadisme ne se gagnera pas avec des régimes qui ont fait de l’immobilisme leur ontologie politique. Au contraire, cela aurait pour seul résultat, la montée toujours plus grande du fanatisme religieux dans nos sociétés. »

A cause du Mali…

Et puis beaucoup de commentaires également dans la presse française… « Otages, combats rapprochés au Mali, la guerre se durcit », constate Le Monde. «Le risque terroriste s’étend en Afrique», relève pour sa part La Croix. Pour Le Figaro, « la responsabilité des mouvements islamistes nigérians dans l’enlèvement de la famille Moulin-Fournier semble se confirmer.» Pointé du doigt, le groupe Boko Haram ou l’une de ses filiales… En effet, relève cet expert en sécurité interrogé par le journal, «'Boko Haram est devenu une sorte de nom parapluie pour les nombreux groupes intégristes qui pullulent au Nigeria. Mais savoir qui exactement est à l’origine de cette attaque est extrêmement délicat'. Seule certitude à ses yeux, relève Le Figaro, la France était visée, à cause de son intervention au Mali. »

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