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    A la Une : la chute de Bozizé

    © AFP/Pius Utomi Ekpei

    Tout a été très vite hier dimanche à Bangui… « Bozizé est parti comme il était arrivé », s’exclame L’Observateur Paalga au Burkina, « par la force des armes. Dix ans, pile, après son coup d’Etat contre le régime d’Ange-Félix Patassé. »

    « L’histoire vient donc de se réécrire, souligne Mutations au Cameroun, dans ce pays qui ne vit que de transitions peu démocratiques depuis 1966. A périodicité cyclique, l’histoire politique de la RCA se reproduit, jamais de manière positive, mais toujours par les armes. »

    La Nouvelle Tribune au Bénin insiste : « l’histoire se répète en Centrafrique. » La Nouvelle Tribune qui cite les paroles d’une chanson du groupe ivoirien, Espoir 2000 : « de la manière tu viens au pouvoir, c’est comme ça, tu t’en vas, chacun son tour ».

    Alors, « faut-il en rire ou en pleurer ? », s’interroge Le Pays au Burkina. Et bien les deux… « Le régime Bozizé, c’était juste un régime de jouissance et de dilapidation, corrompu et reposant sur une conception patrimoniale de l’Etat. Cela dit, faut-il en déduire que la Centrafrique, avec la Seleka, va emprunter un chemin politique nouveau ? (…) A l’heure actuelle, répond le quotidien burkinabè, rien n’indique qu’avec cette rébellion, la Centrafrique se mettra en marche vers une conquête collective de la démocratie. »

    Quelle ambition politique ?

    D’autant que ce coup d’Etat s’est effectué « sans véritable programme politique, relève le site d’informationFasozine. En dehors de ses principales revendications qui consistent en la libération de prisonniers politiques des groupes qui la compose, l’intégration de ses combattants dans l’armée et le retour des militaires sud-africains chez eux, la Seleka n’affichait pas d’ambition politique claire. »

    En effet, renchérit le site d’information Guinée Conakry Infos, « dans cette rébellion, beaucoup sont essentiellement guidés par des ressentiments et autres rancœurs subis de la part du président déchu. Du coup, il n’y a eu aucune espèce de débats devant déboucher sur un quelconque plan quant à la gestion de la suite. La chute de François Bozizé était l’unique et ultime objectif. Maintenant que celui-ci est atteint, on risque de patauger et de tourner en rond. »

    On revient à L’Observateur qui souligne que « les rebelles et leurs chefs arrivent au pouvoir sans aucune expérience des hautes responsabilités au sommet de l’Etat. Sans projet politique non plus. Soutenue par le président tchadien, Idriss Deby, selon les uns, financée par des opérateurs économiques locaux qui voudraient faire main basse sur les ressources minières dont regorge le sous-sol, selon les autres, la Seleka reste jusque-là mal connue. Et son programme de gouvernement encore moins »

    En tout cas, conclut L’Intelligent en Côte d’Ivoire, « pas de larmes aujourd’hui pour François Bozizé et tous les chefs d’Etat du continent qui lui ressemblent. Mais en retour, rien à l’applaudimètre ni aucun Etat de grâce pour la rébellion Seleka, qui a choisi la voie des armes : tout ruse avec la démocratie et les exigences de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, sans la possibilité pour le peuple de recourir aux urnes pour un changement non-violent et démocratique, finit toujours dans les armes et la violence. Aucune compromission n’est souhaitable avec la Seleka. »

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