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Difficile d’y échapper ce matin. C’est bien sûr l’affaire Cahuzac, qu’on retrouve « à toutes les sauces » dans la presse. Presse nationale, presse régionale : la grande majorité des journaux français titre en une sur le « terrible aveu » de l’ancien ministre du Budget. « Cahuzac : le mensonge », pour Les Échos, « Cahuzac chute de son paradis fiscal » choisit L’Humanité. Un mot seulement barre un tiers de la une de Libération ce matin : « indigne ». « C’est plus qu’une honte, c’est une ignominie », lance l’éditorialiste. « Un ministre de la République a menti. Il est socialiste, claironne Le Figaro. Peut-on imaginer pire ? Non et la gauche le sait bien, elle qui, du temps de François Mitterrand, a déjà payé le prix de ces gravissimes manquements à l’éthique républicaine ». Midi Libre met plutôt en parallèle cette affaire avec l’affaire DSK : « Au final, deux mensonges, deux hommes rattrapés par la justice, deux gâchis énormes et une classe politique sonnée, humiliée, trahie ».

Le printemps pourri de François Hollande
 
Pour la presse, c’est l’ensemble de l’exécutif français qui est ébranlé. « François Hollande se souviendra longtemps de ce printemps 2013 qui, pour lui aussi, écrit Le Figaro, ressemble à un hiver sans fin ». Record d’impopularité, tensions internes à la majorité : « François Hollande n’avait vraiment pas besoin de ça, conclut Le Parisien. Le président qui disait encore sa “confiance” en Cahuzac la semaine dernière ». « Un candidat à la présidentielle osera-t-il encore inscrire à son programme une “République exemplaire” comme il l’a fait l’année dernière ? », se demande le journal Les Échos aujourd’hui. « D’un chevalier blanc on ne tolère aucune faute, fut-elle faite à son insu ».
 
« Hollande attendu au Maroc aujourd’hui, c’est Ayrault son Premier ministre qui se retrouvera dans la fosse aux lions à l’Assemblée, indique Le Parisien. “Quel merdier” confie l’un de ses proches ». Car « de l’UMP au Front de gauche, on tombe pour une fois d’accord sur l’ampleur du coup porté à la crédibilité du monde politique ». « Ses mensonges, écrit Libération, donnent un crédit mortel à l’extrême droite ». « Déjà on entend monter la marée brune de “tous pourri, renchérit L’Humanité. Le Front national se frotte les mains, quand bien même celles de ses dirigeants (...) porte encore les trace des pots de confiture dans lesquelles elles ont plongé. Trop de personnes qui peinent à joindre les deux bouts, qui doivent choisir entre le plein d’essence et le plein du frigo (...) seront tentés de se tourner vers ceux qui prospèrent sur le désarroi ».
 
« Les flammes de la justice léchaient déjà ses pieds »
 
Plusieurs journaux se demandent ce qui a poussé Jérôme Cahuzac, après des mois de dénégations. Pour L’Humanité, c’est simple : « les flammes de la justice léchaient déjà ses pieds : il a préféré avouer ». Le Canard enchainé, qui savait que l’ancien ministre projetait de passer aux aveux, pense que « Cahuzac s’est senti cerné par l’enquête en cours au point de prendre les devants ». Des informations auraient effectivement commencé à filtrer en France et en Suisse. « Les rares amis qui le soutiennent encore », écrit de son côté Le Parisien, avancent une autre piste : « Il y a peu, à l’occasion d’un déjeuner, l’ancien ministre aurait croisé un acteur connu qui lui aurait assuré avoir une totale confiance en lui. “J’ai dit à Jérôme poursuit l’ami en question : Comment pourras-tu supporter de regarder ces gens en face quand ils apprendront la vérité ?”. Il était au bout du rouleau, écrasé par ses mensonges. Il fallait qu’il avoue. C’est ce qu’il a fait ».
 
La presse a aussi, on le comprend, quelques suspicions : « Il est possible que Cahuzac ait admis une petite chose pour dissimuler l’essentiel », confie au Parisien un policier spécialisé dans la fraude fiscale. Le Canard Enchainé affirme ce mercredi connaître la vérité, toute la vérité : « D’abord il n’a pas eu un compte en Suisse... mais deux ! Mieux, il est encore titulaire d’un compte offshore ouvert dans une banque de Singapour, qui affiche aujourd’hui un solde créditeur supérieur à un demi-million d’euros ».
 
Strip-tease derrière les barreaux
 
Un tout autre sujet pour refermer cette revue de presse. Des strip-teases dans des prisons : c’est possible au Venezuela ! « Trois DJ connus, une sono dernier cri, l’air conditionné, 600 places disponibles et quelques strip-teaseuses, donc, pour mettre les invités en appétit » : le correspondant de Libération à Caracas raconte comment une nouvelle discothèque a vu le jour dans l’enceinte d’une prison du nord ouest du pays. « La petite sauterie » aurait duré jusqu’au matin, précise le journal. La prison était déjà connue pour ses « combats de coqs organisés par les détenus, sa piscine en pleine air, ses chambres réservées aux couples et les nombreuses fêtes qui y sont données ». Comme souvent, l’établissement est dirigé par un gang, « dont le chef a droit de vie ou de mort sur les détenus ». « Grâce à un système d’impôt versé par chaque prisonnier, détaille Libération, les mafias ont désormais pignon sur cour dans les prisons vénézuéliennes et peuvent facilement s’attacher la neutralité voire la complicité active des gardiens pour se faire livrer armes, drogues, “fiancées”... ou matériel high-tech pour aménager leur boite de nuit ».

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