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Libération consacre pas moins de sept pages à ce dossier aujourd’hui. Le quotidien se demande « ce que savait Hollande ». Le président apparait en Une, un sourire un peu forcé aux lèvres, cachant derrière lui, le visage de l’ancien ministre du budget. Pour le Libération, François Hollande a été dans le déni pendant quatre mois, plusieurs signaux auraient dû l’alerter. « Retard à l’allumage » ou plutôt « pêché de bienveillance » : le quotidien L’Humanité choisit de ne pas trancher. « Affaire d’État ? C’est évidemment d’ores et déjà le cas, lance l’éditorialiste de Libération. (...) Pourquoi, sur une affaire dès le départ aussi explosive, les moyens d’investigation d’un État moderne se révèlent-ils moins efficaces que ceux déployés par un média d’information numérique ? Comment comprendre que, dans l’espace politique où les réputations, les méfiances (...) constituent la grammaire de base des relations humaines, le bon dieu sans confession ait été accordé à un homme dont l’affairisme était manifestement ancien et connu ».
Jérôme, « mon ami »
La presse s’interroge aussi sur les étranges parrains du compte suisse de Jérôme Cahuzac. « Le Monde avait révélé hier qu’en 1992, Jérôme Cahuzac avait bénéficié des conseils d’un certain Philippe Péninque, intime de… Marine Le Pen ». Ce dernier confirme l’info à Libération ce matin, mais aussi au Parisien : « Je l’ai connu, raconte-t-il (...) lorsqu’il était jeune médecin. Cahuzac était un homme très sympathique. Nous sommes devenus amis ». L’ancien ministre connaissait-il son engagement politique à l’extrême-droite ? « Bien sûr ! répond Philippe Péninque. Moi je savais bien qu’il était de gauche. Cela rendait d’ailleurs nos conversations d’autant plus intéressantes ». Jérôme Cahuzac aimait visiblement aussi bien discuter avec la droite. Libération reprend les informations du journal suisse Le Temps, selon lesquelles il a ensuite transféré les fonds de l’UBS à une autre banque. La banque Reyl, « dont l’un des dirigeants est Hervé Dreyfus, un “homme de réseaux proche, lui, de Nicolas Sarkozy” ».
Besoin urgent d’un « big bang »
Autre question posée par la presse ce jeudi : jusqu’où cette crise peut-elle entrainer l’exécutif français ? « Comme un nageur impuissant pris dans un tourbillon, François Hollande semble aspiré par le fond », écrit Le Figaro. La situation est « intenable », juge Le Parisien. Pour beaucoup, « l’idée d’un remaniement fait son chemin ». De toute façon, lâche un élu francilien, « certains ministres ont l’air tellement usés qu’on a l’impression qu’ils sont là depuis dix ans (...). Il faut créer un big bang en mettant en place un gouvernement de combat ». Remanier, mais avec qui ? « C’est le problème pour Hollande, juge Le Parisien. Il ne lui reste pas de poids lourd à faire entrer » au gouvernement. Et puis, « un remaniement n’a jamais fait le printemps », glisse Le Figaro.
« Le seul geste fort consisterait à (...) changer radicalement de politique, avouer que les premiers mois étaient une erreur et oser la grande réforme de la société française ». Une métamorphose exemplaire, conclut le journal, à défaut d’une République exemplaire. Autre proposition, autre journal : pour L’Humanité, le scandale Cahuzac révèle que « la République est malade de l’argent roi ». « Il est temps de s’attaquer à la racine de la fraude fiscale plutôt de que de pressurer les petits revenus ». « S’il faut gratter des milliards, c’est dans la fraude qu’il faut aller les chercher », confie un membre du bureau national du Parti socialiste.
Une guéguerre stérile ?
L’opposition, de son côté, pointe la responsabilité du président mais elle ne sait pas trop, pour l’instant, sur quel pied danser. C’est ce que pense aujourd’hui Libération. « Sidérée par l’ampleur de la crise, l’opposition hésite ». Demande de commission d’enquête, de démission du Premier ministre ou plutôt dissolution de l’Assemblée nationale ? « Pour la droite, en fait, cette crise vient trop tôt, croit savoir Libération. Empêtrée dans ses problèmes de leadership, elle cache à peine son embarras ». Une dissolution ? «Pas sûr que nous en profiterions beaucoup», glissait hier un député UMP, Alain Gest. « A deux pas de lui, poursuit Libération, l’élu du FN Gilbert Collard dissertait, radieux, devant une foule de journalistes ». La dissolution, lui, il y croit : « Il faut que le peuple vide l’abcès, pense-t-il, par de nouvelles élections ».
Les Échos regrette pour sa part l’attitude des politiques : dans son fait du jour, la journaliste écrit que « l’exécutif est droit dans ses bottes, l’UMP prête à toutes les surenchères. Les deux partis de gouvernement dansent sur les braises d’une crise démocratique qui les poussent à des postures radicales, elles-mêmes hautement inflammables. Tout faire pour renvoyer à l’autre le mistigri corrosif des affaires. Tout faire... au risque d’apparaître totalement déconnectés de ce que, justement, attendent les Français ». « Le spectacle d’hier, conclut Les Échos, contient tous les éléments pour expliquer la défiance des électeurs vis-à-vis de leur classe politique ».

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