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11 avril 2011 – 11 avril 2013, cela fait deux ans que Laurent Gbagbo a été chassé du pouvoir et qu’Alassane Ouattara a donc pris les rênes du pays. L’occasion pour la presse ivoirienne de tirer un bilan de ces deux années. Pour ce qui est des journaux d’opinion, les avis sont tranchés. Le Patriote, le quotidien du RDR, le parti présidentiel, n’a pas de mots assez forts pour glorifier l’action du chef de l’Etat. « Deux ans de liberté, deux ans de travail acharné, deux ans que le pays a retrouvé sa place dans le concert des nations, la Côte d’Ivoire est désormais sur les rails de la démocratie et surtout du développement et de la prospérité. (…) En véritable homme d’Etat et surtout en brillant travailleur, le premier citoyen ivoirien a remis la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens au travail. Le changement promis au peuple est en bonne voie de réalisation avec de nombreux projets de développement ouverts. » Et Le Patriote de conclure : « Le temps de l’émergence à l’horizon 2020 a sonné et le peuple poursuit sa marche glorieuse et triomphale. »
Changement de ton dans la presse bleue, la presse d’opposition pro-Gbagbo : « Deux ans après le chaos… le rattrapage ethnique », s’exclame Le Nouveau Courrier. « Deux ans après, donc, affirme le journal, la solution que Ouattara promettait aux Ivoiriens s’est transformée en désillusion. Et cela, sur tous les plans : économie, justice, sécurité, démocratie, etc. En lieu et place, c’est une politique ethno-tribaliste (…) qui est mise en œuvre. Et cette politique fait des ravages dans l’administration. C’est la triste réalité de l’après 11-Avril. De fait, Ouattara installe progressivement une dictature qui dénie au peuple ivoirien son droit à la liberté. »
Notre Voie, le quotidien du FPI, l’ex-parti présidentiel, dénonce pour sa part ce qu’il appelle le « renversement du président Gbagbo », et se dit convaincu que « l’un des plus grands combattants de la liberté, dans la lignée des Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Patrice Emery Lumumba et Nelson Mandela, en l’occurrence le président Laurent Gbagbo, ne restera pas séquestré plus longtemps dans les geôles de la CPI et qu’il sera rendu à la liberté. »
Du pour et du contre…
Pour sa part, L’Intelligent tente de dresser un bilan objectif de ces deux années au pouvoir de Ouattara… « La Côte d’Ivoire entre renaissance et doute », titre le journal. L’Intelligent qui insiste d’abord sur le clivage politique qui prévaut toujours dans le pays : « Au RHDP, au sein de la majorité présidentielle, écrit-il, on estime que c’est le jour de la victoire de la démocratie sur la dictature. Au FPI, dans l’opposition, ce jour est considéré comme celui du deuil de la démocratie et du triomphe de la barbarie. »
Toutefois, note le quotidien abidjanais, « aujourd’hui, ces tristes événements sont derrière nous. Mais leurs séquelles ont du mal à disparaître dans le corps social. Et pourtant des progrès ont été faits depuis, en dépit des failles que l’on peut relever. La Côte d’Ivoire s’est dotée d’un Parlement depuis décembre 2011. Les conseils municipaux et régionaux sont en instance de renouvellement. Les grands travaux ont repris (…). Les investisseurs affluent (…). Le budget national culmine à 3 milles 800 milliards. Un record ! Mais derrière ce tableau reluisant, constate le quotidien ivoirien, se cachent encore des difficultés à surmonter. L’embellie économique n’a pas encore atteint la cadence qu’il faut pour que les populations en ressentent les effets. Des familles se plaignent de la cherté de la vie amenée par une inflation qui oscille depuis 2011 entre 3 et 5 %. »
Enfin, relève encore L’Intelligent, « certaines organisations de droits de l’homme dénoncent jusqu’à ce jour une justice des vainqueurs. Ils sont nombreux, les partisans de Laurent Gbagbo qui croupissent encore dans les prisons du Nord et du Sud dans l’attente d’un jugement qui tarde. C’est dire que des progrès doivent être réalisés sur le chantier des droits de l’homme. »
Insécurité chronique dans l’ouest
Dans la presse de la sous-région, quelques commentaires à ce deuxième anniversaire de la présidence Ouattara. Pour le site d’information Guinée Conakry Infos, « au nombre des acquis dont peut véritablement s’enorgueillir Alassane Ouattara, il y a bien entendu le retour relatif de la sécurité en Côte d’Ivoire. Excepté la série d’attaques qui, l’été dernier, avaient été dirigées contre les armées et les forces de sécurité, il peut se féliciter du climat qui règne actuellement sur l’ensemble du pays. Mais cette appréciation fait bien sûr abstraction de la partie ouest du pays, relève le site guinéen. Parce qu’en réalité, le long de la frontière avec le Liberia, la crise n’a jamais véritablement pris fin. Des attaques sporadiques y ont souvent été signalées. Alternativement, on a parlé d’assaillants venant du Liberia ou d’affrontements intercommunautaires. »
Et Guinée Conakry Infos de constater que « les autorités actuelles n’ont pas toujours brillé par leur impartialité. Foncièrement acquis à la cause de l’ancien président Laurent Gbagbo, l’ouest-ivoirien avait en effet été particulièrement éprouvé par le camp pro-Ouattara, lors de la crise de 2010-2011. Or, au lieu de chercher à panser les plaies, l’équipe actuellement en place à Abidjan s’était jusqu’ici bornée à voir derrière chaque soubresaut la main des partisans du président déchu. Ce qui, conclut le site guinéen, n’était bien entendu pas de nature à faciliter les choses. »

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