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L’intervention, hier, de François Hollande sur la moralisation de la vie politique fait les gros titres ce matin et suscite des commentaires assez contrastés.

« Hollande muscle l’arsenal contre la fraude fiscale », constatent Les Echos. « Les paradis fiscaux en enfer ? », s’interroge Libération. « Hollande : la morale, c’est maintenant ! », ironise Le Figaro. « Un peu de moralité, beaucoup d’austérité », déplore L’Humanité.
 
Alors, trois principales mesures ont été annoncées hier : la création d’une « haute autorité » chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d’intérêts des membres du gouvernement, des parlementaires et des hauts dirigeants de la vie publique ; la création d’un parquet financier ; et surtout le listage des paradis fiscaux… En fait, rien de vraiment neuf sous le soleil, décrypte Libération.
 
Libération qui rappelle cette petite phrase de Nicolas Sarkozy en 2009 : « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est fini ». « On sait ce qu’il est advenu… », soupire le journal. « Hier, François Hollande a déclaré vouloir “éradiquer” ces territoires “en Europe et dans le monde”. Ces paroles auront-elles plus de portée que celles de son prédécesseur ? », s’interroge Libération. Sans doute, répond-il. En fait, d’après le journal, dans sa croisade, Hollande pourrait bénéficier de l’élan européen et américain. Car, précise Libération, non seulement « Paris, mais aussi Berlin, Londres, Rome et Madrid demandent à l’UE que les comptes des ressortissants européens soient surveillés. Une mesure efficace déjà appliquée par les Etats-Unis. »
 
Avis partagés…
 
Voilà pour l’aspect technique, mais dans le fond, ces mesures suffiront-elles à apaiser l’opinion, échaudée par l’affaire Cahuzac ? Nombre de journaux en doutent. A commencer par La Croix : « La nouvelle intervention de François Hollande (…) n’aura pas provoqué le “choc de moralisation” espéré, estime le quotidien catholique. Rebaptiser l’instance chargée de contrôler le patrimoine des politiques, appeler à une meilleure collaboration européenne pour lutter contre les paradis fiscaux, rendre hommage à la justice et aux journalistes ne suffit pas à rassurer. (…) Gouvernement et président se trouvent grandement fragilisés. »
 
Pour Le Télégramme, « le choc de moralité revendiqué par le président Hollande est critiquable, non pas dans le principe, mais dans ses effets prévisibles qui risquent de tourner le dos aux objectifs affichés. (…) Cette surenchère, qui semble a priori logique, jette en effet le doute sur l’ensemble des Français et leur classe politique, précise le quotidien breton. Lesquels sont, dans l’ensemble, évidemment honnêtes. Elle va encourager la division, nourrir le soupçon et la délation, stimuler les clivages sociaux et exacerber le populisme, ce que ces mesures prétendent au contraire éviter par une transparence accrue. »
 
En effet, renchérit La Presse de la Manche, « l’erreur est de jeter le doute sur l’ensemble de la classe politique, parce qu’elle ne le mérite pas, alors même qu’il faut se garder d’alimenter un populisme, qui est d’abord celui du désespoir de beaucoup de nos concitoyens, qui sont troublés par la précarité de leur situation, la longueur d’une crise économique qui se prolonge, et une crise de confiance manifeste vis-à-vis d’un pouvoir qui, en neuf mois d’exercice, prend parfois des allures de bateau ivre. »
 
La Charente Libre n’est pas d’accord… La Charente Libre qui dit ironiquement « merci Cahuzac. Grâce à lui, ce gouvernement s’est décidé à traquer la délinquance financière en jetant un pavé dans la bonne conscience de nos élites où sommeillent tant de Cahuzac en puissance. (…) Cette remise à plat s’impose, s’exclame le quotidien charentais. Un peu pour décourager les tricheurs, beaucoup pour restaurer la confiance envers ceux qui ont choisi les palais de la République pour servir l’Etat ou leurs convictions politiques. Ils sont les plus nombreux. »
 
L’Est Républicain est sur la même ligne : « A l’heure où, le couteau sous la gorge, les politiques procèdent au grand déballage de printemps, se lancent des noms d’oiseau à la tête ou jouent les vierges effarouchées en refusant de dévoiler leur patrimoine, l’initiative présidentielle d’hier se doit pourtant d’être saluée. Certes, ce plan de moralisation a toutes les chances de ne durer que le temps d’une annonce. Mais, au moins, il marque une prise de conscience. »
 
Ça tombe bien !
 
A la Une également, Bernard Arnault qui renonce à devenir belge… Le milliardaire a accordé une longue interview au Monde dans laquelle il explique qu’il n’a « jamais souhaité quitter la France, encore moins échapper à l’impôt. Il y a eu malentendu, plaide-t-il. Sa démarche était d’abord patrimoniale. Elle visait à sanctuariser ce groupe, LVMH, qu’il a construit pas à pas, au fil des décennies. »
 
Bernard Arnault exprime aussi « son attachement à la France et sa confiance dans son avenir. » Commentaire du Monde : « Pour François Hollande, cela ne pouvait tomber mieux. Empêtré en pleine affaire Cahuzac, alors que les Français découvrent que l’évasion fiscale est un phénomène bien plus répandu qu’ils pouvaient le penser, voilà que le président de la République se trouve un nouvel allié en la personne de Bernard Arnault. »
 
Le PSG a frôlé l’exploit
 
Enfin, le miracle n’a pas eu lieu… 1-1 hier entre le PSG et le Barça en quart de finale retour de la Ligue des Champions. « Prometteur », s’exclame malgré tout L’Equipe en Une. Pour le quotidien sportif, « les Parisiens, invaincus en deux matchs face au Barça, ont envoyé un message très ambitieux à l’Europe du football. » « Merci Paris », lance Le Parisien. « Paris qui était si près du rêve… »

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