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Ça a été le grand jeu hier en fin d’après-midi… Dès que les patrimoines des ministres ont été mis en ligne sur le site du gouvernement, on a commencé à additionner et à comparer, dans les différentes rédactions et aussi, bien sûr, chez les particuliers, tout aussi curieux que les journalistes…

Résultat : « 38 ministres, 37 maisons, 29 apparts, 40 voitures, 2 bateaux et 3 vélos… » C’est le décompte total établi par Le Parisien et cette volée de chiffres s’affiche à la Une du journal. « Au-delà des fantasmes, ce qui ressort de cette séance notariale à grand spectacle, c’est qu’on a affaire à un gouvernement 'normal', estime Le Parisien. Ou presque. On compte certes huit ministres millionnaires, dont deux - le patricien Fabius et la discrète Delaunay - possèdent plus de 5 millions d’euros. Mais nulle trace ici de fortune indécente à la Bernard Tapie, (…) sans même parler d’un Berlusconi ou des multimillionnaires composant les gouvernements américains ou britanniques. »
Alors, une nouvelle fois, la presse s’interroge ce matin. Quelle est la portée de ce grand déballage, de ce « strip-tease de la République », pour reprendre le grand titre du Figaro ?

Pour Libération, « les dispositions mises en œuvre hier laissent un goût d’inachevé. D’abord, en raison du gouvernement par l’émotion, décidément la règle de base de la démocratie contemporaine, quel que soit le sujet, quelle que soit la couleur politique du pouvoir. Ensuite, pour la question de l’efficacité : les nouvelles règles permettront-elles d’éviter une future affaire Cahuzac ? Réponse négative qui entretient, du coup, estime Libération, une confusion entre la richesse et la malhonnêteté. »

Le Figaro est également assez circonspect : « dans un pays, écrit-il, qui entretient une relation aussi compliquée avec l’argent, objet de toutes les jalousies, qui ne voit les limites et les dangers de cette transparence décidée à la hâte ? On peut s’interroger, notamment, sur l’accueil que réservera l’opinion aux plus grandes fortunes du gouvernement. Puisque l’argent en France est suspect, leur parole ne le deviendra-t-elle pas ? », s’interroge Le Figaro. « Avec un confortable patrimoine de 1,5 million d’euros, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ne va-t-il pas éprouver davantage de difficultés à défendre une politique dite d’austérité ? » Ou encore « Laurent Fabius et ses 6 millions d’euros ? Il y a fort à parier qu’il deviendra bientôt la cible de ceux qui pensent qu’un bon responsable socialiste doit vivre d’amour et d’eau fraîche. »

Suspicion ?

Et Le Midi Libre de prédire « qu’après le grand jeu du Monopoly s’ouvrira une autre ère : celle de la suspicion. Que se cache derrière les trois vélos de Taubira ? L’appartement en Corse de Carlotti est-il au prix et les tableaux de Fabius ne sont-ils pas sous-cotés ? Cette forme de traque à la présumée arnaque ne constitue pas le bon socle du renouveau de la moralisation politique », estime Le Midi Libre.

Ouest France hausse le ton : « est-ce en publiant le patrimoine des élus que le pouvoir va regagner la confiance ? Rien n’est moins sûr, dans un climat aussi passionnel. D’abord parce que cette mesure est assez largement hors sujet. Elle n’aurait pas obligé Jérôme Cahuzac à dire la vérité. Elle n’empêchera pas l’opinion de trouver scandaleux qu’un socialiste paie l’ISF ou de douter qu’un ténor de la politique ne possède rien. Elle occulte le plus important, relève encore Ouest France : combattre la fraude fiscale, contraindre les paradis fiscaux et les banques à coopérer, lutter contre les conflits d’intérêts, limiter le cumul des mandats. Ce hit-parade de la fortune n’a guère de sens. »
« Maintenant que tout le monde sait que le gouvernement compte neuf ministres millionnaires, l’ambiance sera-t-elle meilleure, et la compréhension plus grande entre le pays et ses dirigeants ? », s’interroge en écho Sud Ouest. « Peu importe que ces 'millions' aient été acquis honnêtement, qu’ils soient le fruit d’héritages ou d’une longue épargne, qu’aucun ministre ne s’enrichisse dans l’exercice de ses fonctions (ce qui est tout de même l’essentiel), il restera toujours, affirme Sud Ouest, un fond de suspicion envers les gouvernants, surtout s’ils sont de gauche, dans un pays où près de 80% de la population active gagne moins de 1,7 fois le SMIC. »

L’horreur à Boston

A la Une également : la double explosion de Boston hier… « Horreur sur la course », s’exclame L’Equipe qui souligne que les déflagrations se sont produites près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston. « Pourquoi donc, s’interroge le quotidien sportif, s’en prendre à ce marathon, le plus vieux du monde, - on fêtait hier sa 117e édition - une institution sportive parmi les plus connues et les plus prisées aux Etats-Unis ? » Une question qui contient sans doute sa réponse…

Pour Le Figaro, « la nature terroriste de ces explosions fait peu de doutes. »

Enfin, « les défis de Maduro » : c’est le grand titre de L’Humanité qui se réjouit de la victoire du candidat socialiste à l’élection présidentielle au Venezuela. L’Humanité qui reconnaît que l’écart avec le chef de la droite « est plus faible que prévu. »
Du coup, pour Le Monde,
le pays est désormais « coupé en deux. (…) Et le chavisme ne pourra pas continuer à stigmatiser la moitié de la nation et ses représentants comme des traîtres à la patrie, estime le quotidien du soir. Si M. Maduro veut aller jusqu’au bout de sa présidence sans être renversé par un référendum révocatoire à mi-mandat, il lui faudra, estime encore Le Monde, composer avec l’opposition. »
 

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