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Alors que les désormais ex-otages français sont arrivés tôt ce matin à l’aéroport d’Orly à Paris, comment, pour évoquer leur libération, ne pas, justement, commencer cette revue de presse, par le quotidien du même nom ?

Comme l’ensemble de la presse française, Libération, donc, raconte cette « histoire qui finit bien », et relate l’émotion hier à Yaoundé, « la joie » et les « larmes » des sept otages : Tanguy et Albane, Cyril, le frère de Tanguy, et les quatre enfants du couple – Eloi (12 ans), Andréol (10 ans), Maël (8 ans) et Clarence (5 ans).
 
Emotion en effet car c’était « la première fois (…) que des enfants occidentaux étaient kidnappés en Afrique, rappelle le quotidien. Une situation forcément poignante ». Hier matin, ce fut donc le « soulagement, mais aussi la surprise, à l’annonce de la libération des otages », souligne le journal.
 
Mais au-delà du soulagement, la libération de la famille Moulin-Fournier laisse toutefois un goût amer au quotidien. « Malgré son issue heureuse, l’enlèvement de la famille Moulin-Fournier laissera la désagréable, mais bien réelle, impression que l’Afrique est de plus en plus dangereuse pour les Occidentaux », estime le journal. Selon Libération, ces mêmes Occidentaux sont « d’autant plus une cible que seules la mise en péril de leur vie semblent retenir l’attention des médias internationaux et faire parler des revendications locales des groupes armés ».
 
Certes, « aujourd’hui, pour eux comme pour les parents d’Albane l’épouse de Tanguy, c’est surtout la fin du cauchemar. Mais du Sénégal au Tchad, rappelle Libération, la France compte 60 000 ressortissants, et de nouvelles zones rouges viennent de s’ajouter sur la carte ».
 
Otages libres : cash et troc ?
 
Un quotidien national se risque à relater les coulisses de cette issue heureuse. Ce journal, c’est Le Parisien-Aujourd’hui en France, qui promet en une à ses lecteurs de leur livrer les « secrets » de leur libération.
 
A commencer par celui de ses présumées contreparties. Car « il y a eu des contreparties », lance le journal, qui affirme qu’à Paris, « on admet du bout des lèvres que ce type de transaction a sans doute eu lieu ». Contrepartie financière ? Le Parisien-Aujourd’hui en France cite un « ancien de la DGSE », c’est-à-dire les services secrets français, qui souligne que l’Etat « ne peut s’opposer au paiement cash si une entreprise le souhaite ».
 
Et puis le confrère souligne que les négociations ont été « pilotées de bout en bout par le Cameroun sous le regard permanent de Paris. Sur place, des libérations de prisonniers, au Cameroun et peut-être au Nigeria, ont néanmoins pu être négociées en contrepartie ».
 
Des libérations de prisonniers aussi au Nigeria ? Le Parisien-Aujourd’hui en France les évoque donc, tout comme il fait intervenir celui qu’il baptise « l’homme mystère qui a tout démêlé. Les autorités françaises ne divulguent pas son nom, souligne notre confrère. Mais il s’agit d’un Camerounais, proche du président Paul Biya, expert en négociations sensibles ». Selon le journal, Paris a décidé de faire confiance à cet « intermédiaire de haut-vol » dont on ignore l’identité.
 
Où étaient les otages ? Le quotidien ne le précise pas exactement, même si la DGSE « surveille très rapidement la zone », énonce le journal. Mais à Paris, François Hollande « décide d’écarter toute option militaire, forcément très risquée en présence des enfants, assure Le Parisien-Aujourd’hui en France. Pendant deux mois, Laurent Fabius et le président camerounais seront alors en contact permanent. Echangeant parfois sur leurs portables personnels. Le ministre des Affaires étrangères transmet les informations à l’Elysée et se mure dans le silence dès qu’on l’interroge sur le sujet », relate le quotidien.
 
Otages libres : succès pour Biya
 
Il faut dire que les otages étaient retenus dans le nord-est du Nigeria, dans la région de Maiduguri, fief des islamistes de Boko Haram. Une vraie zone de non droit et d’une guerre qui ne dit pas son nom, comme l’explique Jeune Afrique. Ce matin, un officiel français anonyme explique au Parisien-Aujourd’hui en France que la France a obtenu des autorités nigérianes qu’elles consentent à « ne pas foncer dans le tas comme elles ont l’habitude de le faire avec les activistes de Boko Haram ».
 
A Maiduguri en effet, les éléments de la Joint Task Force, c’est-à-dire les forces spéciales nigérianes, ne font pas dans la dentelle avec les islamistes, qui le leur rendent bien. Mais-là, explique Le Parisien-Aujourd’hui en France, les Joint Task Force « promettent de ne rien tenter. Ils transmettent en revanche de précieuses informations, des photos aériennes, des renseignements de terrain ». Toutefois, complète le journal, « c’est bien le Cameroun qui est à la manœuvre. Tenace, l’intermédiaire de Paul Biya réussit à voir les otages, s’assure autant que possible que les enfants sont correctement traités ».
 
Quant au journal Le Figaro, il enchérit en affirmant que le président Paul Biya aurait conduit « lui-même » les discussions, « en écartant même ses collaborateurs ». 

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