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Combien seront-ils, les opposants au « mariage pour tous » et à l’adoption par les couples homosexuels qui se sont donné rendez-vous aujourd’hui à Paris pour une nouvelle démonstration de force ? Leur protestation s’est radicalisée davantage encore depuis l’accélération du calendrier parlementaire pour faire voter la loi après-demain mardi. « Incontestablement (…) une erreur », lance Le Journal du Dimanche. Face à la montée des violences, le ministre des Relations avec le Parlement Alain Vidalies dit au journal Le Parisien Dimanche être « très inquiet ».

Lors de la présidentielle de l’an dernier en France, le mariage pour tous, c’était la promesse numéro 31 du candidat Hollande. Promesse « en passe de devenir son cauchemar », prédit Le Journal du Dimanche, qui publie un sondage à tout le moins inquiétant pour le chef de l’Etat. Selon le baromètre de l’institut Ifop, François Hollande perd six points par rapport au mois de mars, avec 25 % de satisfaits et 74 % de mécontents. « C’est le record absolu de la Ve République, souligne Le Journal du Dimanche, jamais depuis 1958 (…) un président n’avait enregistré un tel niveau de mécontents ».
 
Et puis plusieurs magazines se penchent cette semaine sur les manifestants anti mariage gay. Le JDD relève « le réveil des groupuscules », ce « kaléidoscope des droites et de l’extrême-droite », qui agite systématiquement désormais les fins de manifestations des opposants au mariage gay en France.
 
Otages libérés : vivre ensemble
 
La libération des otages français au nord-Nigeria. Et ce témoignage ce matin du chef de famille. Dans Le Journal du Dimanche, Tanguy Moulin-Fournier relate le quotidien des soixante jours de captivité dans deux camps différents, et tout ce qui a permis aux trois adultes comme aux quatre enfants de « tenir », les livres, Les fables de la Fontaine, La Chèvre de Monsieur Seguin, Gatsby le magnifique, les innombrables parties de scrabble, les « petits problèmes de mathématiques », mais aussi « la prière », comme le fait d’être « en famille, réunis ». Dans le second camp, les Moulin-Fournier dormaient « sous un arbre ». Posément, Tanguy raconte les soucis de santé, le manque cruel d’eau. Et vendredi enfin, la délivrance, « dans les bras des officiers camerounais ». Retourner au Cameroun, un « super-pays, très beau », lance l’ex-otage dans Le JDD ? « Rien n’est programmé. (…) Vivons jour après jour ».
 
Rwanda : « tuez-les » !
 
Témoignage « inédit » cette semaine, concernant le meurtre mystérieux de trois Français au Rwanda, au tout début du génocide de 1994. « Inédit », c’est ainsi que le présente Marianne, qui le publie cette semaine. Témoignage d’un « ancien haut gradé » du Front patriotique rwandais, le mouvement de Paul Kagame, président de la République du Rwanda, qui a renversé par les armes le régime de Juvénal Habyarimana, dont l’avion présidentiel fut abattu en vol par des tirs de missiles en avril 1994 à Kigali, lors de cet attentat qui déclencha le génocide rwandais.
 
Jean-Marie Micombero, c’est le nom de ce témoin qui parle à Marianne. Depuis deux ans, cet « ex-major et ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense jusqu’en 2011 », vit en exil en Belgique. Avant le génocide, il était affecté à une section « chargée du renseignement et dépendant directement du high command de Kagamé », c’est-à-dire de l’état-major du FPR près de la frontière ougandaise. Jean-Marie Micombero avait alors accès à « la plupart des canaux de transmission du FPR ».
 
Et le 8 avril 1994, soit deux jours après l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, Jean-Marie Micombero était « à l’écoute ». Selon Marianne, ce militaire tutsi écoutait le « canal réservé » des transmissions du FPR. Présents à Kigali dans le cadre d’un accord, des éléments du FPR étaient ce jour-là en opération près du palais présidentiel. Ils signalèrent la présence de trois Français dans une villa située dans ce périmètre, le couple Gilda et Alain Didot, deux adjudants-chefs et assistants techniques français restés au Rwanda, et leur ami René Maier, venu les rejoindre. Tous trois vont être assassinés ce jour-là.
 
Sur ce canal réservé qu’il écoutait alors, Jean-Marie Micombero affirme dans Marianne qu’il a entendu Charles Kayonga, aujourd’hui chef d’état-major de l’armée rwandaise, donner un ordre à la patrouille.
 
Et quel ordre !
 
Quand la patrouille a signalé la présence des trois Français, « Kayonga a demandé à son interlocuteur d’attendre, dit Micombero dans Marianne. Je suppose qu’il a dû prendre ses ordres auprès du high command, mais je ne peux l’affirmer avec certitude, car cela a dû se faire sur le seul canal auquel je n’avais pas accès, poursuit-il. Finalement, Kayonga est revenu sur la ligne et a dit en kinyarwanda : “Wafanyie !”, ce qui signifie, selon-lui, “Fais-le, travaille”. En clair : “Tuez-les” ».
 
Et puis, au sujet des missiles qui ont abattu l’avion présidentiel, Jean-Marie Micombero donne les noms du chauffeur et de deux membres de l’escorte qui les a transportés, « tous miliciens du FPR », énonce Marianne. Et il aborde la controverse sur l’origine géographique du tir de ces missiles. Selon lui, « le tir s’est fait dans une vallée en contrebas de la colline de Masaka et pas très loin de celle de Kanombé ». A suivre…
 
« Vingt ans après le génocide, saurons-nous enfin la vérité ? », se demande Marianne. Et nous avec…

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