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« Qui veut punir la France ? », s’interroge le site d’information Guinée Conakry Infos. « La France en guerre en Libye, la France en guerre au Mali, la France partout face aux terrorismes ; désormais, il semble bien, relève le site guinéen, que les terroristes aient décidé de “punir” la France, dans une espèce de rage de vengeance planifiée. »

En effet, précise Guinée Conakry Infos, « les regards se tournent tout naturellement vers les terroristes jihadistes, notamment le Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest et Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique, qui se considèrent comme les victimes objectives de l’intervention au Nord-Mali. Faut-il rappeler que ces derniers avaient promis des “représailles” en s’attaquant partout où ce sera possible aux intérêts français ? (…) Il se pourrait bien, estime encore Guinée Conakry Infos, que les rebelles qui ont déserté le nord malien aient pu trouver refuge dans ce pays qu’ils connaissent, et qu’en intelligence avec les milices locales omnipotentes et cupides, ils aient pu accomplir leur “forfaiture”. »
 
L’Observateur Paalga au Burkina s’interroge : « est-ce la conséquence, deux ans plus tard de l’intervention française en Libye ? Est-ce un acte de représailles contre l’intervention récente pour ne pas dire actuelle de la France au Nord Mali et pour l’ensemble de son œuvre ? Cette action terroriste vient en tout cas confirmer le fait que les intérêts français sont de plus en plus menacés sur le continent, constate le quotidien burkinabé. Il n’y a peut être pas de lien de cause à effet mais force est de reconnaitre qu’il intervient au lendemain du vote par l’Assemblée nationale française de la poursuite de l’opération Serval (…). Il intervient également, rappelle L’Observateur, quelques jours après la libération de la famille Moulin-Fournier qui avait été enlevée pendant deux mois au Nord Cameroun et au Nigeria, pendant que d’autres otages croupissent quelque part au Mali. »
 
Le site d’information Slate Afrique se pose la même question : « l’intervention au Mali et la récente attaque contre l’ambassade de France à Tripoli sont-elles liées ? Dans les faits, la corrélation n’est pas avérée. Mais dans les prises de positions, un peu plus. Des islamistes ont, depuis quatre mois, justifié leurs actes ou leur menaces à l’encontre de la France, en évoquant l’intervention militaire au Mali. » Et Slate Afrique de rappeler l’attaque d’In Amenas en Algérie et également l’enlèvement de la famille Moulin-Fournier au nord du Cameroun.
 
La rançon de l’imprudence ?
 
Cet attentat contre l’ambassade de France à Tripoli est en quelque sorte « la rançon de l’imprudence », estime pour sa part La Nouvelle Tribune au Bénin. En effet, précise journal, « qu’une attaque terroriste soit préparée et dirigée contre son ambassade, la France devait s’y attendre. Depuis des mois, elle devait être informée, par le biais de ses agents de renseignement, mais aussi compte tenu des nombreuses déclarations des jihadistes, ainsi que des menaces qui planent sur ses intérêts. Il est clair que son intervention au Mali n’a pas dû être vue d’un bon œil par les mouvements jihadistes et terroristes, relève également La Nouvelle Tribune, et qu’avec celle-ci, bon nombre de ces terroristes chassés du Nord-Mali ont trouvé refuge dans le sud de la Libye. Il est aussi bien évident qu’après avoir été désintégrés au Mali, ces groupes chercheraient sûrement à s’en prendre aux intérêts français dans d’autres pays. Tout ceci était évident, comme l’est aussi la montée en puissance de leurs affidés libyens requinqués après la mort de Kadhafi. »
 
Et le quotidien béninois de conclure : « La France a mené une guerre rude pour liquider “un tyran”, mais elle n’a pas pacifié ce pays désormais laissé à la merci des terroristes de tout acabit. Elle a tapé dans le dos du terrorisme et s’est laissé imprudemment taper dans le dos. Curieux sort pour un pays qui chasse un tyran et qui ressuscite le terrorisme qu’il a toujours combattu. »
 
Un sujet encore tabou
 
Et puis, autre sujet qui concerne également la France : le mariage homosexuel. Le « mariage pour tous » a été adopté hier par l’Assemblée. Peu de commentaires ce matin dans la presse du continent ; la plupart des quotidiens se contentant de répercuter l’information sans autres formes. A noter tout de même un point de vue du site d’information Burkina 24.
 
Burkina 24 qui souligne que cette loi « n’est pas passée comme une lettre à la poste ». Pourtant, relève le site burkinabè, « la France comme les autres, avec ou sans peine, a fait face à un débat de société qui est inéluctable. Il ne faut pas l’oublier, chaque société devra faire face tôt ou tard à ces nouvelles questions qui surgissent en son sein. Et la question de l’homosexualité, plus largement, se pose déjà aux pays africains. Certains préférant faire l’autruche, d’autres pensant résoudre la question par une chasse aux sorcières. Et plutôt que le droit au mariage, dans plusieurs pays africains, il faut d’abord, conclut Burkina 24, commencer par poser le débat sur le droit pour un individu d’avoir et d’assumer son orientation sexuelle et d’être, malgré tout, considéré comme un être humain. »

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