
Richie Havens était l’un des derniers acteurs du bouleversement social qui avait secoué l’Amérique au cœur des années 60. Né à Brooklyn (New York) le 21 janvier 1941, il avait très tôt épousé l’humeur musicale de sa génération. Comme Bob Dylan, ses mots ont résonné à l’échelle planétaire, et accompagné l’esprit contestataire d’une jeunesse tourmentée. Il connut la gloire en août 1969 en se retrouvant, presque malgré lui, à l’affiche du festival de Woodstock.
Le titre « Freedom » qu’il interprète, en clôture de son tour de chant, deviendra l’hymne des hippies américains qui clament alors haut et fort leur désir d’un monde plus juste et fraternel. Richie Havens écrit, à ce moment précis, un chapitre déterminant dans l’histoire raciale des sixties. Il ne le sait pas encore, mais sa prestation fera le tour du monde et restera gravée dans la mémoire sonore du XXème siècle.
Le festival de Woodstock fut véritablement l’emblème du mouvement « Peace & Love ». L’utopie d’un monde en paix paraissait à portée de main. 4 décennies plus tard, Richie Havens n’avait rien oublié de ces 3 jours délirants rythmés par l’enthousiasme enfumé d’artistes engagés, valeureux et militants.
Les sons et les images de cette époque lointaine invitent à la nostalgie, pourtant Richie Havens ne voulait pas se noyer dans ses souvenirs. Il voulait au contraire porter son attention sur le présent, mais sa destinée et son statut d’icône universelle le rattrapaient continuellement, et bien qu’il jouissait d’une notoriété légitimée par 40 années de création artistique, son esprit restait habité par ce concert du 15 août 1969 à Woodstock.
Richie Havens s’en est allé le 22 avril 2013 à 72 ans. Sa seule présence au festival de Woodstock a déterminé l’engagement de milliers d’artistes après lui. Pour cela, et pour son infatigable militantisme, nous tenions à lui rendre hommage dans « L’épopée des Musiques Noires » à travers plusieurs extraits de l’interview qu’il nous avait accordés en avril 2008.
http://www.richiehavens.com/official_site/home.html

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