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Après l’accident cérébral du président Bouteflika samedi, annoncé sans gravité, la presse algérienne s’interroge. « Le pouvoir multiplie les sorties pour rassurer sur l’état de santé du président, relève Le Matin. La présidence garde le silence. C’est le Premier ministre qui va au feu. Dans cette guerre de communiqués, des questions restent posées. Si réellement son AVC ne suscite aucune inquiétude pourquoi l’évacuer si prestement en France ? Difficile de croire à une telle version tant le pouvoir a l’habitude de garder le mystère sur la santé du président. »

Du coup, se demande Le Soir , « Bouteflika est-il toujours en mesure d’assurer ses fonctions jusqu’à la fin de son mandat ? Plus encore, est-il encore concevable d’imaginer sa reconduction pour un quatrième mandat ? »

« Bouteflika peut-il encore gouverner ? », renchérit El Watan. « Il ne faudrait pas soupçonner les autorités, ironise le journal, de vouloir informer le peuple de la santé de son Président. C’est un cas de force majeur qui a dû obliger les hauts responsables à communiquer même avec des pointillés… (…) Quoi qu’il en soit, poursuit El Watan, l’annonce hier de son hospitalisation pour des problèmes vasculo-cérébraux, confirme tout haut, ce que tous les Algériens d’en bas suspectaient : le président de la République est bien malade et sa santé constitue, visiblement, un frein à l’exercice de son pouvoir dans un pays aussi difficile que l’Algérie. Ironie du sort, la maladie du Président est annoncée en ce mois d’avril où il a fêté ses 14 années à la tête du pays… Mais pour lui, ses sponsors et ses supporters, cela tombe mal. Et ça fait mal, relève encore El Watan. A une année presque jour pour jour de l’élection présidentielle, c’est un cheveu qui tombe sur la soupe de ceux qui chauffent les tambours du 4e mandat. »

Et El Watan de conclure : « gouverner par procuration n’est sans doute pas un signe de bonne santé. Surtout pas pour un pays comme l’Algérie qui fait face à une guerre à sa frontière avec le Mali couplée à des mouvements de protestation des jeunes des wilayas du Sud. Facteur aggravant, le Président assiste impuissant à de grands déballages de corruption mettant en cause ses proches et son entourage immédiat. Avec de telles braises entre les mains, les nerfs peuvent en effet lâcher sans préavis… »

Tourner la page Bouteflika !

Alors, Bouteflika est-il « à bout de souffle ? » Oui, répond sans ambages, Le Pays  au Burkina. « C’est un secret de polichinelle que Bouteflika est malade depuis quelques années. Sauf lors des rechutes graves comme celle qui vient d’avoir lieu, tout est fait comme si le président, du haut de ses 76 ans et après 14 ans de règne, se portait comme un charme. C’est donc en définitive une vaste escroquerie politique, une illusion vendue aux Algériens sur la santé de leur président. »

Alors, « en ces temps de printemps arabe, poursuit Le Pays, avec son lot de bouillonnement démocratique, est-ce bien raisonnable de continuer avec cette pratique politique d’un autre âge ? Cette nouvelle hospitalisation du président Bouteflika devrait avoir au moins pour effet d’ouvrir les yeux de ses partisans. Cela devrait les amener à revoir leurs prétentions à la baisse. Car, estime encore le quotidien burkinabé, leur champion, qui peine à terminer son mandat, n’est nullement apte à en briguer un autre en 2014. On ne peut laisser, pour des intérêts mesquins, le destin d’un si grand pays dans un monde si tourmenté, entre les mains tremblotantes d’un dirigeant usé par la maladie. En tournant la page Bouteflika, conclut Le Pays, les tenants du pouvoir auront fait le choix de la dignité pour l’homme lui-même, mais aussi pour l’Algérie. Bouteflika, après tant d’années au service de son pays, mérite de sortir par la grande porte. Ce temps est sans doute arrivé. »

« On espère seulement, renchérit L’Observateur , toujours au Burkina, qu’il finira convenablement son mandat en 2014. Et surtout qu’il aura la sagesse de ne pas livrer le match de trop (…) Boutef n’a plus rien à prouver, car ce qu’il n’a pu réaliser en quasiment 15 ans, ce n’est pas un quinquennat de plus qui le lui fera accomplir. »

Incapacité ?

Quelques commentaires également dans la presse française sur l’état de santé du président algérien. Ainsi, relève Le Figaro, « plusieurs opposants n’écartent plus l’application de l’article 88 de la Constitution prévoyant la destitution du président en cas d’incapacité à gouverner et son remplacement par le président du Sénat pendant 45 jours, le temps d’organiser de nouvelles élections. »

Le Figaro qui cite le politologue Rachid Tlemçani : « Alors que le pouvoir n’a jamais communiqué sur les précédentes hospitalisations (comme celle de 2005, due, officiellement, à un ulcère hémorragique à l’estomac), curieusement, cette fois-ci, on nous dit tout, s’étonne-t-il. C’est bien la preuve, poursuit le politologue algérien, que l’on veut préparer l’opinion publique à des présidentielles anticipées ! Et, sachant que les rangs de l’armée sont désunis, le jeu politique pourrait enfin s’ouvrir. »
 

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