« Sauver le soldat français », c’est la très cinématographique formule choisie par Le Parisien / Aujourd’hui en France pour résumer la décision prise hier par la Commission européenne. Laquelle accorde en effet deux ans supplémentaires au gouvernement pour respecter le pacte de stabilité de l’euro.

La France avait demandé un an de répit. Bruxelles lui en a accordé deux, car la Commission européenne y prédit une récession cette année. « Alors que Paris prévoit une croissance de 0,1 %, Bruxelles anticipe une récession de 0,1 % », relève Le Parisien / Aujourd’hui en France. « De très mauvaises nouvelles », lance le journal.

Deux ans de sursis donc pour revenir dans les clous de l’euro.. Et des recommandations. La Commission européenne « appelle à accélérer les réformes structurelles », souligne Le Figaro.

En tout cas, les deux années à venir « doivent » être mises à profit pour bâtir une « véritable politique de relance à l'échelle de l'Union », enjoint Libération. Le quotidien milite pour une « mobilisation de l'épargne », le lancement de « grands travaux » et prône des « réformes structurelles ». Quant à la Banque centrale européenne, elle « doit » envisager de « nouveaux mécanismes » qui permettraient « d’éponger les dettes » de chaque Etat, professe Libé. Deux ans de sursis ? Un « répit » qui peut se révéler une « chance », espère le journal.

Hollande : comptabilité analytique

J-2 pour le premier anniversaire de l’élection présidentielle en France. Et la presse française continue ce matin de dresser le bilan de cette première année de François Hollande à l’Elysée.

Pour Le Figaro, c’est simple, c’est un « échec sur toute la ligne qui se profile » pour le gouvernement. Le quotidien estime que le pays « ne peut plus se permettre de perdre un an de plus ». Il y a un an, Jean-Luc Mélenchon avait traité François Hollande de « capitaine de pédalo ». Manifestement ce matin, Le Figaro s’inspire du leader du Front de gauche puisque, selon le confrère, « c'est d'un vrai capitaine dont le pays a besoin ».

En guise de comptable pour ce premier anniversaire de François Hollande à l’Elysée, Le Parisien / Aujourd’hui en France a interrogé Jean-Pierre Raffarin. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac y déclare « qu’après un an de socialisme, la France est affaiblie ». Pour le désormais sénateur du parti de droite UMP du département de la Vienne, le bilan de François Hollande, c’est « quatre contre un ». Selon Jean-Pierre Raffarin, le « bon dossier », c’est « le Mali et l’action extérieure ». Et les quatre mauvais sont « l’emploi, les déficits, l’Europe et les impôts ».

Et comme la date exacte de ce premier anniversaire tombe lundi, l’UMP va mener une « opération nationale » dans la nuit de dimanche à lundi, révèle Le Parisien / Aujourd’hui en France : coller sur tous les panneaux d’affichage, comme au bord des routes, une photo d’un François Hollande boudeur, trempé jusqu’aux os sous une pluie battante, avec ce simple mot en gros caractères sur la poitrine du président « l’échec », et, en bandeau, cette invite : « rejoignez l’UMP ». La photo de l’affiche est à découvrir dans le journal, qui précise qu’elle a été tirée à 150 00 exemplaires.

Pakistan : contrat sanglant

Au Pakistan, le procureur en charge de l’enquête sur l’assassinat de Benazir Bhutto a été assassiné. Les tueurs à moto qui ont criblé de balles son véhicule ne lui ont laissé aucune chance. Un meurtre qui intervient une semaine avant des « élections cruciales », remarque Libération. « Ce meurtre est certainement un avertissement », estime, dans Libé, un général pakistanais à la retraite. Selon cet analyste politique cité par le quotidien, « il y a des gens qui ne veulent pas que soit révélée la vérité sur l’assassinat de Benazir Bhutto, quelle qu’elle soit », dit-il à Libération, étant rappelé que l’ex-Première ministre du Pakistan avait péri fin 2007 à Rawalpindi, près d’Islamabad la capitale, lors d’un attentat-suicide, à ce jour, jamais élucidé. « Cinq ans plus tard, le mystère de son assassinat demeure aussi épais que celui de l’assassinat du président Kennedy », énonce Le Figaro.

Or le procureur assassiné hier en pleine rue à Islamabad venait d’obtenir le placement en détention de l’ex-président pakistanais Pervez Musharaff, rentré d’exil le mois dernier pour se présenter aux élections législatives dans une semaine au Pakistan. « Mais le fantôme de Bhutto le rattrape, souligne Le Figaro. Après avoir obtenu son arrestation, le procureur (assassiné hier) comptait bien le faire condamner par un tribunal. Ses meurtriers ne lui en ont pas laissé le temps », conclut le quotidien.

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