« C’est la surenchère », lance en manchette Le Journal du Dimanche. Le chef du Frant de gauche, le bouillant Jean-Luc Mélenchon, rassemble la gauche de la gauche Place de la Bastille pour défier François Hollande et dénoncer sa « politique d’austérité ».

La rue parisienne retient son souffle en cette veille du 6 mai, date du premier anniversaire de l’élection de François Hollande. Un dimanche à la Bastille qui tourne à la « journée test » pour la gauche de la gauche, souligne Le JDD. « Gauche contre gauche, droite contre droite, Front contre Front », formule l’hebdomadaire après que le parti d’extrême-droite Front national ait aussi défilé le 1er mai.

A Paris et dans plusieurs villes de France, des opposants au mariage gay vont également défiler. Côté manif des anti-mariage gay, le plus ironique, cette semaine, est sans conteste, le magazine Le Point. « Je n’ai jamais cru dans un mouvement dont le leader s’appelait Barjot, lance Patrick Buisson dans Le Point (étant rappelé que la militante Frigide Barjot mène ces cortèges). C’est comme si Lénine s’était appelé Dingo : personne ne l’aurait suivi sur les marches du palais d’hiver. Ou Robespierre, Pierrot : adieu à la guillotine », raille l’écrivain-chroniqueur de cet hebdomadaire.

Porte-étendard de la manifestation du Front de Gauche, Politis souligne les « enjeux » de cette manifestation. « Plus que tout autre slogan, c’est l’affirmation de la gauche qui importe, souligne l’hebdomadaire d’extrême gauche. Certes, toute la gauche ne sera pas dans la rue (…) Mais c’est l’idée de gauche, son principe même et (…) une vision sociale des événements qu’il s’agit de défendre ».

Dans les colonnes de Politis, Jean-Luc Mélenchon, dresse un bilan « calamiteux » de la première année de François Hollande à l’Elysée. « Au plan économique, le monde salarial n’a rien gagné, dit-il, le patronat a été copieusement servi, et les trafiquants financiers moelleusement protégés (…) Enfin, le rapport de force s’est considérablement dégradé », martèle Jean-Luc Mélenchon dans Politis.

Ce matin, dans Le Parisien Dimanche, le leader du Front de gauche accuse François Hollande d’être « l’une des causes de la crise ».

Hollande : annus horibilis

Justement, demain 6 mai, cela fera un an jour pour jour que François Hollande aura fait son entrée à l’Elysée. Et c’est une annus horibilis qu’a vécue le chef de l’Etat. Le Mali mis à part, le président, en un an, a été mis à mal. Aussi bien par les sondages que par les medias.

« Un an pour rien », résume, lapidaire, Le Figaro Magazine. « Après un an de tergiversations, aucun aggiornamento n’est en vue, malgré la violence inédite de la crise et un décrochage économique qui sera bientôt irrémédiable », prophétise l’hebdomadaire. Du reste pour Le Fig Mag, ce premier anniversaire est plutôt l’occasion de mesurer la durée du reste du quinquennat de François Hollande. « Encore quatre ans », soupire le journal en une, comme si la messe de 2017 était pour lui dite.

Constatant que le président ne recueille que 24 % de Français satisfaits dans les sondages, Charlie Hebdo croque François Hollande chaleureusement remercié par une foule d’Africains pour l’intervention française au Mali. « Je ne savais pas qu’il y avait 24 % de Maliens chez nous, dit-il. Que fait Manuel Valls », le ministre de l’Intérieur !

Quant au rival de Charlie Hebdo, le mensuel Siné Magazine, il ne dissimule pas sa déception. « Hollande descend moins vite dans les sondages que dans mon estime », fustige le dessinateur Siné, fondateur de ce journal satirique.

Un an après, François Hollande est un « homme seul, estime Marianne. Seul comme aucun président ne l’avait jamais été avant lui ». Aussi, le journal prodigue-t-il son conseil au chef de l’Etat : « faire de sa solitude une force contre ses opposants ».

Mali : Dieu que la guerre est laide

Reportage dans la « vallée fantôme du Mujao » à lire dans Le Nouvel Observateur, qui a suivi de près l’opération Gustav. Les détails sont impressionnants, voire macabres.. les militaires qui ont par exemple « dû ouvrir le feu au canon de 25mm » sur des islamistes « chargeant de front les Français ».

A Tombouctou, un serveur de mitrailleuse a vu trois hommes s’avancer nonchalamment vers lui, drogués à la Kétamine, un « anesthésiste pour chevaux », qui fait halluciner et supprime toute peur et douleur. Dans Le Nouvel Obs, Dieu que la guerre est laide cette semaine.

Côte d’Ivoire : échec électoral

Et c’est un « verdict (…) sans appel » que dresse Marianne. Les dernières élections régionales et municipales ont été un « échec cinglant pour le pouvoir ». Marianne affirme que la participation à ce scrutin « oscille à peine autour de 30 % ».

Quand à la seconde partie du quinquennat d’Alassane Ouattara, « elle s’annonce compliquée », prophétise Marianne.

Sénégal : billion dollars baby

Portrait de Karim Wade dans Marianne. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade est toujours incarcéré à Dakar, inculpé d’enrichissement « illicite ».

« L’Homme qui vola un milliard », lance Marianne. Le journal rappelle le chiffre du patrimoine de celui que les Sénégalais surnommaient le « ministre du ciel et de la terre » : 694 milliards de francs CFA, un milliard d’euros, « près du 1/3 du budget du Sénégal », énonce Marianne, qui conclue : « la bataille judiciaire ne fait que commencer ».

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