On sait que la cote de popularité du président de la République française n’est pas très haute en ce moment. C’est aujourd’hui qu’on fête le premier anniversaire de son élection. Mais le fête-t-on vraiment cet anniversaire ? Il semble qu’autour du président l’ambiance soit plutôt morose, et qu’on souhaite rester le plus discret possible sur cet événement ! D’ailleurs est-ce vraiment un événement que cet anniversaire ? Service minimum, murmure-t-on à l’Elysée : il ne s’agit pas de nier le fait, d’interdire qu’il soit mentionné ! N’exagérons pas. Mais on en fera le moins possible. C’est ainsi qu’on peut comprendre cette formule un peu ironique. Car il s’agit bien d’une formule, une expression qu’on emploie, en particulier dans le monde de la politique et des syndicats. Dans quels domaines parle-t-on de service minimum ? Ils semblent s’étendre : les transports, la poste, l’éducation nationale …. Et que peut-on expliquer de cette expression somme toute assez facile à comprendre ? Le mot minimum ? Ca ira vite. En cas de grève, on demande aux salariés grévistes d’assurer un certain nombre de tâches, de ne pas paralyser totalement ce qui est proposé aux usagers. Pour éviter par exemple la formule toute faite qu’on entend tout le temps : Evitons que le public soit pris en otage dans ce conflit, pris en otage par les grévistes. C’est un peu vite dit : la grève est une arme sociale dont le salarié peut se servir pour faire pression sur son patron. Comment ? En stoppant la production de l’entreprise. Si l’entreprise continue à assurer un minimum, si le mécontentement est désamorcé, nul doute que l’arme de la grève est très largement émoussée : à quoi bon faire la grève si ça ne gêne personne ? L’employeur n’a plus qu’à attendre tranquillement que cette grève pourrisse, que les salariés soient contraints à abandonner, et le tour est joué. Cette idée de service minimum sert justement à limiter les effets de la grève, et à ne pas prendre à témoin ceux qui bénéficient du service en question : ceux qui reçoivent du courrier, les élèves et leurs parents, ceux qui vont travailler en prenant le train… Comment les appeler ? clients évoque une logique bien commerciale, usagers bien administrative. On a bien compris à quoi renvoyait le mot minimum. Et le mot service alors ? Il est beaucoup plus ambigu. Il peut faire penser à ce que proposent les fonctionnaires dont il est question : tout cela se passe en plein cœur du service public, et il s’agit bien de prestations qui doivent rendre service à l’usager. Il s’agirait donc de préserver un service minimum maintenu pour assurer une continuité de la fonction où éclate le conflit : accueillir les enfants du primaire par exemple. Mais le mot service a plus d’un sens. Et justement les salariés qui se mettent en grève peuvent le prendre pour eux : leur obligation de travail inclut un certain nombre d’heures de travail par semaine (en principe trente cinq) qui constitue leur service. Le service, c’est ce pourquoi on est payé. Un demi service constitue le travail correspondant à un mi-temps. Le service minimum serait donc le minimum incompressible de travail qu’ils n’auraient pas le droit de refuser d’effectuer.
Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

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