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    Le saumon fumé de Norvège file entre les doigts des usines françaises

    Elevage de saumon norvégien. Getty Images

    Le géant mondial du saumon, le Norvégien Marine Harvest, projette de supprimer plus de 400 emplois dans la transformation de ce poisson en Bretagne, dans l'ouest de la France.

    La Bretagne est décidément de moins en moins terre bénie de l'agro-alimentaire. Après la crise du poulet et la crise du porc, c'est au tour de la filière saumon de souffrir. Le groupe norvégien Marine Harvest projette de fermer deux usines, dont une de fumage du saumon à Poullaouen, qui fut la première créée en France dans les années 70. Au total plus de 400 emplois sont menacés.

    La consommation de saumon n'est pourtant pas en déclin, bien au contraire. Elle se maintient en Europe de l'Ouest malgré la crise, la France restant un des pays européens les plus friands de saumon. Mais c'est la Russie qui est désormais le marché en plus forte croissance de la grande Europe. Un supermarché s'ouvre tous les jours en Europe de l'Est, avec fatalement, un rayon de poisson conditionné...

    Ce virage vers l'est de l'Europe, le groupe norvégien vient de le prendre en rachetant le géant polonais de la transformation du saumon, Morpol. Plus question maintenant de fabriquer le saumon fumé premier prix dans les usines bretonnes, elles ne sont plus compétitives.

    D'autant que la matière première, le saumon lui-même, est 30 % plus cher que l'an dernier, du fait d'une baisse des tonnages européens : une bactérie a sévi dans les élevages écossais ; la Norvège n'a pas pu compenser ce manque, elle est limitée par des licences très strictes de production.

    Quant au saumon chilien, beaucoup plus abondant depuis deux ans, il n'est pas encore rentable de lui faire traverser l'Atlantique, et il trouve des débouchés de plus en plus intéressants au Brésil et en Asie.

    C'est pourquoi le prix du kilo de saumon norvégien a flambé à la bourse d'Oslo, il coûte jusqu'à 6 euros, contre 3 euros 50 l'an dernier. Une atteinte aux marges encore très confortables du groupe norvégien, d'où son choix d'abandonner deux usines bretonnes, pour se concentrer, comme ses concurrents, de « Mer Alliance » à Labeyrie, sur la production haut de gamme dans l'Hexagone.


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