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    RDC : Amnesty International dénonce les violations des droits humains dans les mines du Katanga

    Contraints par la pauvreté, des centaines d'enfants, qui ont abandonné l'école, travaillent dans les mines dans des conditions scandaleuses. Comme ici dans la mine de cuivre de Kamatanda, dans la province du Katanga. AFP/GWENN DUBOURTHOUMIEU

    Amnesty International a enquêté au Katanga, la ceinture du cuivre et du cobalt, en République démocratique du Congo. L'ONG dénonce les violations des droits élémentaires des mineurs et des populations alentour.
     

    La reprise en main de la région katangaise par l'industrie minière, après des années de guerre civile, ne s'est pas traduite par un mieux-être des populations. Amnesty International a recueilli des témoignages à Tilwezembe, près de Kolwezi, où les petits mineurs artisanaux, les « creuseurs » qui extraient le cuivre et le cobalt pour le vendre au plus offrant, sont désormais sous le joug d'une compagnie, Misa Mining, seule autorisée désormais à leur acheter le minerai.

    Les creuseurs, qui sont parfois des enfants, travaillent dans des conditions déplorables, sans outils dignes de ce nom, ils subissent les éboulements, les glissements de terrain, meurent asphyxiés dans les boyaux. Et gare à ceux qui tenteraient de faire sortir du minerai pour se le faire payer plus cher à Kolwezi : ils subissent les coups des gardiens, peuvent être jetés plusieurs jours dans un conteneur qui sert de cachot. Des mauvais traitements qui vont jusqu'à la mort et sur lesquels tout le monde ferme les yeux, des compagnies minières destinataires des minerais aux autorités congolaises.

    Amnesty International rapporte aussi comment la mainmise chinoise sur le gisement de Luisha a bouleversé toute la communauté de cet ancien village de mineurs artisanaux, devenus pour la plupart agriculteurs : leurs maisons ont été détruites, la population déplacée de force par camion est désormais logée sous des tentes, sans école et sans marché. Comment aussi une immense tranchée a, du jour au lendemain, coupé la route pour accéder à l'eau et aux champs. Le flou juridique entourant le droit à la terre ou les conditions de travail dans les mines favorise ces abus. Amnesty International estime néanmoins que l'administration congolaise et les compagnies minières sont responsables de ce qu'elle considère comme des violations des droits de l'homme. Des violations qui ne font qu'augmenter « la défiance et les tensions entre les compagnies et les communautés ».

    Amnesty International. Pertes et profits. Exploitation minière et droits humains dans le Katanga, en République démocratique du Congo.Un rapport rendu public ce mercredi 19 juin 2013. 


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