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    La part de marché de l'OPEP rognée par le pétrole de schiste en 2014

    Opposition à l'extraction des gaz de schiste en Ardèche, France. (cc) Wikimedia commons/Patrice78500

    La perspective d'exploiter le gaz et le pétrole de schiste divise le gouvernement français. Sur le marché mondial, ces nouveaux hydrocarbures entameront l'an prochain la part de marché de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, l'OPEP.

    Pour une fois l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui représente les pays consommateurs, et l'OPEP qui représente 14 pays exportateurs, sont d'accord sur ce pronostic : 2014 sera l'année du déclin de l'OPEP sur le marché pétrolier mondial. L'an prochain, pourtant, la consommation de pétrole devrait progresser plus vite que jamais en quatre ans.

    La demande de brut devrait atteindre un nouveau record : 92 millions de barils par jour. Mais l'OPEP ne profitera pas de cet appel d'air, bien au contraire. La quantité de pétrole prélevée à l'OPEP devrait au contraire diminuer en valeur absolue, pour passer bien en dessous des 30 millions de barils. C'est actuellement le plafond officiel de production du cartel allègrement dépassé en permanence. A l'arrivée, l'offre de l'OPEP sur le marché mondial du pétrole devrait reculer de 34 % à 32 %.

    Et d'abord, sous l'effet de la concurrence des nouveaux hydrocarbures de schiste et des sables bitumineux produits en Amérique du Nord, un million de barils par jour supplémentaires l'an prochain, qui feront grimper l'offre de pétrole hors OPEP comme jamais depuis 20 ans. Cette augmentation de l'offre aux Etats-Unis et au Canada sera prépondérante dans le renforcement de l'offre hors OPEP. Et elle sera amplifiée par l'augmentation de la production du Brésil, du Kazakhstan, et de la Russie.

    Face à cela, l'OPEP n'est pas en mesure de lutter : à part l'Arabie Saoudite, qui peut augmenter facilement la cadence de production, les pays membres du cartel voient plutôt leur production régresser : l'offre libyenne est au plus bas depuis la guerre civile, les luttes tribales et l'agitation sociale perturbent l'activité des gisements, l'offre irakienne est au plus bas depuis 15 mois, l'offre nigériane au plus bas depuis quatre ans, du fait des sabotages sur les oléoducs ; sans parler de l'offre iranienne, amputée par les sanctions. Des sanctions que les Etats-Unis seront d'ailleurs peut-être enclins à renforcer, au vu de l'amélioration de l'offre de pétrole sur leur propre continent, l'Amérique.


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