C’est demain que se déroulera le premier tour de la présidentielle dans ce pays sahélien « divisé encore marqué par la guerre », souligne Libération, qui consacre sa Une à ce scrutin que le journal appelle une « élection sous pression ». La photo choisie par le quotidien pour l’illustrer montre un jeune homme de dos en train de coller une affiche de Modibo Sidibé sur une porte métallique dûment cadenassée, et l’on se perd en conjectures sur le sens que Libé, en choisissant ce cliché, entend donner à ce scrutin présidentiel « encouragé par François Hollande », souligne le journal.
Le Mali a aussi droit à la Une du quotidien Le Figaro, qui prévient : dans ce pays, « le plus dur est devant nous » (entendez « nous » Français).
Le décor ainsi planté, les deux confrères se penchent sur les enjeux de cette présidentielle. « C’est peut-être la pire des solutions… à l’exception de toutes les autres », formule Libération. Du reste, « la date a été imposée à un pays sous perfusion et protection internationales, rappelle le journal (…). Malgré le ramadan, la saison des pluies et les difficultés logistiques, la date du premier tour a été maintenue. Aux yeux de la communauté internationale, il est urgent de sortir, si possible en douceur, du vide politique à Bamako ».
Argument maintes fois entendu, que Libé complète d’un autre souci de la France. « Pour Paris, qui veut à tout prix éviter l’enlisement dans son ex-colonie, le scrutin doit aussi permettre de réduire les effectifs de l’opération Serval. Si tout va bien, un millier d’hommes demeureront sur place fin 2013 pour épauler la force de l’ONU et poursuivre la recherche des otages français ».
Voter, et vite. Et pourtant, « l’organisation du vote a suscité de nombreux débats, jusque dans les derniers jours de la campagne, souligne Le Figaro. Les difficultés techniques liées à l’organisation du scrutin dans ce contexte exceptionnel sont nombreuses, et la tentation de décaler le vote de quelques mois a longtemps persisté ».
Mais, à un jour près, nous y sommes. Et la presse française fait contre mauvaise fortune bon cœur. Libération le concède. «L’élection malienne de dimanche sera imparfaite. Dans un pays grand comme trois fois la France, immensément pauvre et en proie à une guerre à peine terminée, le scrutin n’apportera pas toutes les garanties souhaitées».
D’où la question, maintes fois posée, ressassée, et pourtant tranchée : « Fallait-il (…) reporter la présidentielle à des jours meilleurs mais incertains ? ». Pour Libé, avant d’être dite, la messe l’est déjà. « Les élections donneront un vernis démocratique à l’intervention française et un président élu sera un interlocuteur acceptable pour la communauté internationale. Ce qui est déjà beaucoup dans une Afrique qui tarde à connaître son printemps des peuples ».
N’empêche, objecte Le Figaro, « Paris a pris un risque », celui du « spectre d’une élection ratée. Paris, par son activisme, en serait alors comptable et perdrait toute l’aura gagnée sur le champ de bataille ». Ce risque pris par Paris, c’est, selon Le Figaro, celui de faire du vainqueur un « pseudo-favori de la France », les critiques alors « réveilleraient la dépouille de la Françafrique, que François Hollande n’a de cesse de vouloir enterrer ».
Egypte : anti et pro-Morsi se toisent
D’un côté, les anti-Morsi ont mobilisé en masse pour apporter leur soutien à l'armée et au régime de transition... De l’autre, les partisans du président déchu pour réclamer son retour. Et le résultat est à découvrir en images dans les deux journaux français que sont Libération et Le Figaro.
Libé a choisi de montrer l’ampleur de la manif des anti-Morsi. Une foule immense qui défile sur un pont du Caire, survolée par un hélicoptère, « scandant des slogans à la gloire de l’armée », précise le journal. Laquelle armée « hausse le ton avec les islamistes », complète le quotidien.
Le Figaro, en revanche, a choisi d’illustrer son article consacré à l’Egypte avec une photo prise dans la manifestation des pro-Morsi. Au premier plan, une femme, voile sur la tête et visage découvert, vocifère en brandissant un portrait de Mohamed Morsi, président islamiste élu l’an dernier, renversé par les militaires un an plus tard.
Deux Egypte qui se toisent. Et les pro-Morsi qui « défient les partisans de l’armée », titre Le Figaro. Le Caire, vendredi, a vécu une journée « à haut risque », résume le journal.
Tunisie : l’ennemi public n°1
Un Français est suspecté de l’assassinat du député Mohamed Brahmi. Boubakeur el-Hakim, c’est son nom, et Le Parisien lui en a trouvé deux autres : « l’homme à abattre, l’ennemi public numéro un ».
Selon les autorités tunisiennes, cet homme serait impliqué dans le meurtre du député de gauche.
Né à Paris en août 1983, el-Hakim était « déjà recherché par la police pour un trafic d’armes avec la Libye », énonce Libération, les autorités tunisiennes auraient ensuite établi « son implication » directe dans l’assassinat, il y a six mois, de l’opposant Chokri Belaïd.
« Selon les résultats de l’enquête balistique, c’est la même arme, un pistolet semi-automatique 9 mm, qui a servi à tuer Belaïd et Brahmi, selon le même mode opératoire », rapporte le quotidien.
Puis Libération raconte le parcours de Boubakeur el-Hakim. Issu d’une petite cité tranquille du bassin de la Villette, dans le XIXe arrondissement de Paris, il avait « rejoint la Syrie en 2000 ». Puis l’Irak (…) avant d’être renvoyé en France où il se marie, travaille sur les marchés. Et repart au printemps 2004, avant l’accouchement de sa femme.
Il est ensuite intercepté en partance pour l’Irak. « Le 17 juillet 2004, son frère (…) est tué au combat à Fallouja », complète Libération, qui ajoute que Boubakeur est ensuite condamné à sept ans de prison pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», avant d’être libéré en janvier 2011.
Espagne : l’homme à abattre
En Espagne, ce n’est pas l’homme à abattre, mais presque. Le conducteur du train qui a déraillé à Saint-Jacques-de-Compostelle est à la Une de la presse française. Francisco Jose Garzon est doublement en photo dans Le Parisien. A la une d’abord, sur une grande photo de ce cheminot espagnol, visage et chemise ensanglantés, téléphone portable à l’oreille, à peine sorti de sa motrice qu’il avait poussée à la vitesse de 190 km/h dans une courbe qui devait être négociée à 80km/h. En page intérieure ensuite, où on le voit cette fois-ci épaulé par deux hommes après l’accident.
Et une question concernant cet imprudent meccano amateur d’excès de vitesse : est-il «seul fautif ?», interroge en Une Le Parisien.
Selon des informations de presse en Espagne, « tout accable le conducteur, note également Libération. D’autant que Francisco Jose Garzon s’est lui-même accusé et que les journaux espagnols ont déniché une photo sur son compte Facebook montrant un tachymètre de train roulant à 200km/h, exploit dont s’enorgueillissait ce fou de vitesse sur rail. « Responsable ou victime, Garzon fait, de toute façon, figure de coupable idéal, ne peut que constater Le Figaro. De 'bouc émissaire', disent ses rares défenseurs ».
« Mais les mécanismes de sécurité sont tout autant dans la ligne de mire des enquêteurs », modère Libération. Conclusion du journal, la catastrophe de Saint-Jacques-de-Compostelle serait due à « une erreur humaine et une défaillance technique tout à la fois.»
DSK : le retour.. en correctionnelle.
L’ex-directeur général du FMI sera bien jugé dans l’affaire dite du Carlton de Lille, ce palace du nord de la France qui fut le théâtre de parties fines organisées par une bande de libertins qui y recevaient leur illustre invité. Dominique Strauss-Kahn sera donc bien jugé, en compagnie d’une douzaine d’autres personnes, pour «proxénétisme aggravé en réunion.»
Pour DSK, il s’agit d’un «retour sur la scène publique côté cour», lance Libération, qui, pour formuler ce titre, commet au passage une légère entorse à l’ordre judiciaire, étant rappelé que la correctionnelle est un tribunal et non une cour.
Pour Le Parisien, ce renvoi en correctionnel était «prévisible et attendu». Quand au Figaro, il constate que chez les militants socialistes, au siège du PS à Paris, DSK «n’est plus un sujet politique». Autrement dit, plus la peine d’en parler. Raté.

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati
















Réagissez à cet article
(0) Réaction