« La France ne se dérobera pas », aurait dit le président François Hollande à son homologue américain, lors d'une conversation téléphonique, rapporte Le Parisien, à propos de la plus que possible attaque militaire contre la Syrie. François Hollande, que l'on retrouve sur une photo exclusive selon le quotidien, prise à 18h07 précisément hier.
Alors, on aperçoit le président en grande conversation téléphonique justement avec Obama, selon Le Parisien, dans son bureau de l'Elysée, face à des conseillers, la mine sérieuse, qui prennent des notes. Il n'y a pas de ministre, bizarrement, pas de Le Drian, ni de Fabius sur ce cliché. Un autre détail n'échappe pas, c'est l'amoncellement de dossiers sur le bureau du président. On voit que le chef d'Etat a potassé sa décision avant de la prendre. A moins que sur ce tas de dossiers, il y en ait d'autres, comme celui tout aussi encombrant de la réforme des retraites.
En tous les cas, sur le seul classeur sur lequel on peut déchiffrer l'intitulé, il est écrit « Cour des comptes ». Intéressant, combien ça coute ? « Pour Paris, rappelle Le Parisien, il s'agit de punir Bachar al-Assad après l'utilisation de gaz mortel contre la population civile le 21 août, dans la banlieue de Damas ».
Mais en attendant le verdict des inspecteurs de l'ONU, selon un sondage BVA publié dans les pages du Parisien Aujourd'hui en France, 64 % des français sont contre une intervention. « Un non franc et massif », estime Le Parisien. Et dans le détail, 37 % des français redoutent que cette intervention fasse basculer la Syrie vers un régime islamiste et 35 % qu'elle embrase la région.
Un président « chef de guerre »
Libération, qui titre en Une, France et Etats-Unis « l'axe de guerre ». Malgré la défection britannique, lit-on, Paris et Washington sont décidés à frapper le régime syrien. Et Libé en profite donc pour s'arrêter sur les motivations justement d'un président dans « l’instant belliqueux" », selon lui, qui « espère montrer que la France n’a rien perdu de sa souveraineté. Dans son analyse de la déprime hexagonale, il est convaincu que flotte le sentiment d’un pays en voie de déclassement, qui a perdu la maîtrise de son destin».
La «souveraineté» (française) serait pour lui, selon Libération, le premier défi à relever d’ici dix ans. Souveraineté diplomatique, militaire, mais également économique », fin de citation. En tous les cas, dans cet éclairage pertinent concernant ce qui peut inciter le président François Hollande à agir, Grégoire Biseau, l'auteur, constate que sa décision est à la fois plus simple et beaucoup plus compliquée que celle qu’il avait prise pour le Mali. « A l’époque, la France était militairement seule, mais Hollande était soutenu par son opinion publique et conforté par un mandat de l’ONU... Avec la Syrie, c’est tout l’inverse... et les répercussions sur la région sont potentiellement explosives ».
Dans ses pages encore, Libération revient sur l’angoisse vécue par la population de Damas qui se prépare aux tirs occidentaux. Et apparemment, c’est dans les quartiers résidentiels, donc les plus riches, c’est à dire, ceux les plus proches des bâtiments militaires ou administratifs qu’on a le plus peur.
La tête d'Assad
Dans sa rubrique Débats, Le Monde oppose plusieurs points de vue. Il y a celui d'abord convainquant d'un syrien; Sadik al-Azam, un professeur de philosophie invité à l'université d'Harvard, qui estime que « le politique, confisqué par le régime alaouite, c'est à dire la famille al-Assad, doit retourner au peuple ». Un régime de militaires impitoyables, soutenus par une petite secte minoritaire, les allaouites donc, qui selon lui, utilise les armes les plus modernes pour écraser la révolte de la majorité sunnite du pays. Toujours pour ce dernier, on doit aider à faire tomber le régime al-Assad, pour mettre fin à la persécution des sunnites, qui représente la majorité ethnique du pays et qui est selon lui massacrée par Damas, « même au risque de voir remplacer ce régime par des extrémistes religieux ».
Mais vous allez voir; il dit autre chose d'intéressant : « Un fragment de la gauche arabe et internationale... voit dans le conflit un complot ou une conspiration du camp occidental contre le seul régime arabe qui continue à se dresser contre Israël ».
La fragilisation d'Israël; c'est ce que craint aussi, Chady Hage-Ali, qui s'oppose pour sa part à une attaque contre Damas dans Le Monde. Ce chercheur en Relations internationales, qui pour le coup n'est pas syrien, estime que le Hezbollah, qui soutien le régime de Damas, pourrait être tenté de se venger contre l'état hébreu. « Il pourrait frapper, dit-il, Israël dans des proportions jamais atteintes... Cette montée du terrorisme pourrait alors, selon lui, faire basculer le Liban et L'Egypte dans le chaos qui suivraient le chemin de la Syrie ».
Un scénario du pire qui fait peur. Il faut selon ce chercheur en Relations internationales de l'université de Valenciennes, « relancer des négociations sérieuses et secrètes ».
Israël : le retour de la psychose
En Israël, la population craint de manquer de masques à gaz, nous indique Le Figaro. « Hier à Tel Aviv, un millier de personnes jouaient des coudes dans la plus extrême pagaille pour accéder au centre de distribution de masques à gaz », rapporte le quotidien. Alors « face à cet accès de fièvre, le gouvernement tente de rassurer tout en s’appliquant à ne pas donner le sentiment de négliger la menace ». Selon Le Figaro, une attaque d’envergure menaçant la survie même du régime de Damas pourrait déclencher une réaction suicidaire dirigée contre Israël. « Mais les forces armées israéliennes vantent régulièrement l’efficacité de leur défense antimissile - sans pour autant dissiper totalement les craintes du public », lit-on dans ce premier reportage de Cyrille Louis à Jerusalem, où il s'installe comme correspondant du Figaro.
France : la fin de la diplomatie ?
Oui, c'est un billet de Michel Schifres, célèbre auteur-journaliste, ancien du Figaro, en une de l'édition d'aujourd'hui. « 14 ambassades ou résidences françaises vont être fermées pour des raisons d'économie, 22 centres culturels vont suivre le même destin, sans compter les alliances françaises réduites à leur plus simples expression », déplore-t-il dans L'Opinion. « Des pays comme la Gambie, Sao Tome et la Sierra Leone nous verrons disparaitre, nos intérêts n'y sont pas assez suffisants », lit-on. Alors nous dit l'écrivain, officiellement; on préfère parler plutôt « d'évolution du réseau diplomatique ». Michel Schifres, qui regrette donc cette évolution avec cette jolie pensée de celui qui a sans doute voyagé : « n'oublions jamais le petit frisson qui nous saisit lorsque nous apercevons dans un pays lointain un drapeau français ».
La tête à l'envers
L'Equipe magazine conclue son feuilleton de l'été sur les grands pilotes de l’histoire, en nous parlant de « l'Acrobate ». C'est comme cela qu'on surnommait celui qui pilotait des avions, la tête en bas. Demain ça fera pile cent ans, le 1er septembre 1913, que le premier casse coup des airs, selon L'Equipe, Adolphe Pegoud, a réalisé un grand huit en altitude, c'était dans la périphérie de Paris.
Alors c'est vrai que, sur une des photos d'illustrations, on est loin des avions de chasse d'aujourd'hui. On retrouve sur un cliché en noir et blanc, Adolphe Pegoud, le roi du looping, grand sourire aux lèvres, une clope au bec, mettre une rustine sur son mono-plane, « croisement d'une bique et d'un lapin », disait-il, un drôle d'engin volant, sur lequel on a l'impression qu'il avait attaché une bicyclette pour atterrir.
Pas sûr, lui, qu'il voyait le drapeau français lorsqu'il atteignait difficilement la Grande Bretagne, la tête en bas, mais en tous les cas, il était invité partout dans le monde, en Russie même, pour faire ses cabrioles en l'air. Et bien, cet ancien apprenti boucher, devenu pilote de guerre, mourra, justement en 1915, abattu dans les airs par une balle ennemi, en héros mort pour la France, souveraine...

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati
















Réagissez à cet article
(0) Réaction