Tous les journaux reviennent sur les doutes et l'impopularité d'une éventuelle attaque franco-américaine sur des cibles syriennes. « Les Français contre l'intervention », titre La Marseillaise. « La Valse hésitation d'Obama », titre pour sa part le journal La Provence. Le Républicain Lorrain rappelle lui qu’Obama s'en remet au Congrès. « En France, justement, doit-on voter sur les frappes », se demandent Fillon et François Bayrou dans le Journal du Dimanche qui publie une lettre ouverte du président du Modem à François Hollande, contre une attaque en Syrie qui « engagerait la France dans une voie périlleuse ».

Alors face au doute, les preuves... C'est le titre en Une du JDD qui nous annonce que, selon le renseignement français, le régime syrien disposerait de 1000 tonnes d'agents chimiques toxiques. En illustration, le JDD publie en exclusivité une photo de Barzah, le laboratoire central de l'arsenal chimique syrien. Sur cette photo satellite, vraisemblablement transmise par les services de renseignement français, on ne voit pas grand-chose, malgré le gros surlignage en jaune, pas très esthétique sur la photo du JDD. On y aperçoit un échangeur autoroutier qui longe des bâtiments censés abriter l'usine chimique, et qui pourraient ressembler à n'importe quelle zone commerciale ou industrielle. Apparemment, le renseignement français n'a pas attendu l'enquête des inspecteurs de l'ONU pour tirer ses conclusions, « cela fait plus de 25 ans que nous avons le chimique syrien dans le collimateur », confie une source officielle spécialisée sur le dossier. Ça a commencé sous l'ère Hafez el-Assad, le père de l'actuel président syrien. Plusieurs sites de production seraient éparpillés dans le pays, comme à Alep par exemple. Les renseignements français comme américains sont sûrs que les Syriens ont utilisé l'arme chimique, ce fameux mercredi 21 août, à la Ghouta, et que les munitions chimiques ont été utilisées avec des roquettes Grad. « Les multiples attaques d'artillerie le lendemain étaient là pour effacer le maximum de preuves »… Une attaque qui aurait fait près de 1400 morts selon des sources américaines.

Alors face à cette actualité sombre, un peu d'humour : « Quel avenir pour Morsi, le président égyptien renversé ? », interroge cette semaine Charlie Hebdo, avec un dessin où on le retrouve l'air abattu, avec ses légendaires petites lunettes rectangulaires. « Il y un poste de président islamiste qui va bientôt se créer en Syrie », annonce Charlie Hebdo.

Encore un peu d'humour; en cette rentrée fiscale, « Où vont aller nos impôts ? », questionne encore en Une Charlie Hebdo, et l'on voit un missile français se diriger sur un soldat, avec cette légende : « sur la gueule des Syriens ! »

« Au Caire aussi, il y a eu un millier de personnes tuées, certaines par balle, et je n'ai pas entendu les professeurs de la morale », ironise Jean-Pierre Chevènement dans un entretien exclusif accordé au Parisien. On se souvient que l'ancien ministre de la Défense sous François Mitterrand s'était opposé à la première intervention occidentale d'envergure au Proche-Orient, c'était en Irak en 1991, et Jean-Pierre Chevènement de constater aujourd'hui : « Quand on fait le bilan de toutes les ingérences, ce n'est pas brillant », dit-il, en vieux sage, qui déplore qu'on ait remplacé « le droit par la morale ». On le retrouve un peu vieilli, avec son air pince-sans-rire sur cette photo d'illustration où il pose à côté d'un portrait de Georges Clémenceau, l'ancien président du Conseil et ministre de l'Intérieur, le premier réaliste de gauche qu'on surnommait alors le premier flic de France...

La Valls assurance

Manuel Valls, dont la référence est aussi Clémenceau, « incarne la gauche qui veut gouverner, celle d'une génération de socialistes qui veulent installer la gauche au pouvoir dans la durée », constate le Figaro Magazine ce week-end. « Valls est-il de droite? », s'interroge le Fig Mag avec en pleine page une photo du ministre de l'Intérieur à la pause toute sarkozienne. « Il a l'ambition décomplexée », lit-on dans le reportage du Figaro Magazine, comprendre l'ambition présidentielle. « Il incarne l'ordre, il déclenche le désordre », raille son collègue au gouvernement l'écologiste Pascal Canfin, le désordre dans sa famille politique, donc, qui ne se retrouve pas toujours dans son discours musclé, « qui ressemble plus à celui de l'UMP », ironise Jean-François Copé. Brice Hortefeux, l'ancien ministre de l'Intérieur UMP justement, estime que le comparaison avec Nicolas Sarkozy s'arrête là : « C'est une plaisanterie, dit-il, Sarkozy, au-delà des mots, il y avait des résultats : une baisse constante de la délinquance globale sous son autorité de -17% entre 2002 et 2012, avec Manuel Valls c'est l'inverse », estime Brice Hortefeux. Et évidemment, à lire l'enquête du Figaro sur le vrai bilan de Manuel Valls, « les résultats ne sont pas au rendez-vous ».

Alors Le Nouvel Observateur lui consacre aussi sa Une avec ce titre ambigüe : « Manuel Valls : l'homme qui dérange ». On retrouve le ministre de l'Intérieur plus loin en photo lors de cette promenade médiatique en Camargue qui a beaucoup été comparée à celle de Nicolas Sarkozy, lors de la campagne présidentielle 2007. L'hebdo de gauche revient sur le parcours et les réseaux qui le propulsent, ses inimitiés aussi dans son propre camp, et cette autre citation de Pascal Canfin, le ministre chargé au Développement; qui décidément ne l'aime pas : « Je ne vois pas comment, si Manuel Valls était Premier ministre, nous pourrions participer au gouvernement ». En attendant, il plait à la droite, confirme Le Nouvel Observateur. Selon un sondage Ifop publié dans ses pages, Manuel Valls séduit 58 % des électeurs de l'UMP, et plus étonnant, 47 % des électeurs du Front national. 61 % des Français se disent satisfaits de son action. C'est « son franc-parler sur tous les sujets tabous, sur la sécurité, l'immigration ou l'islam, qui séduit la droite, car cela tranche avec la langue de bois du PS », nous apprend le Nouvel Obs qui est allé faire le bilan du Vallsisme, comme on dit, à Evry où il a longtemps été maire. « A coups de renforts de policiers qui jouent les gardes champêtres, de caméra de surveillance; de destructions de barres HLM, de construction de nouveaux logements et d'écoles, Valls a ramené la sérénité dans la ville, à tel point que l'expérience d'Evry aurait inspiré des zones de sécurité prioritaire », lit-on. A Evry; « on ne se prend plus de cailloux sur la figure », se réjouit un jeune de quartier. Et, il parait qu'à Evry aussi, Manuel Valls aurait dit qu'un jour il serait président !

Montebourg : le tonton flingueur

« J'en ai marre des élections. La présidentielle est la seule à laquelle j'envisage de me représenter un jour », s'exclame Arnaud Montebourg dans le magazine du Monde qui annonce clairement la couleur. On se souvient qu'il s'était présenté à la dernière primaire du PS lors de la désignation du candidat à l’élection présidentielle. Il paraît que Manuel Valls ne tarie pas d'éloge à son égard, nous confie M le Magazine le Monde. Sa liberté de ton agace pourtant au gouvernement. « Alors, le secret de cet agent (pas si) provocateur ? », s'amuse le magazine du Monde ? « Il y va à fond, si ça ne marche pas, il est effondré, découragé, puis il remonte à cheval », constate un député. Le Ministre du redressement productif qui se veut proche des ouvriers et n'hésite pas à se mettre le casque de chantier sur la tête, a dit à propos des grands dirigeants français du CAC 40 avec qui il n'a pas toujours entretenu des rapports cordiaux, « je ne déteste pas les patrons, je n'aime pas les cons, c'est différent ».

Cristina Kirchner : le dernier tango ?

Dans un article publié par le Courrier International ce week-end, intitulé « Les sacs noirs de Cristina Kirchner », on y découvre la face sombre de celle qui fête cette année les 10 ans du kirchnerisme en Argentine et qui se verrait bien dix ans de plus au pouvoir, « pour rattraper cinquante ans d'arriération et de pauvreté », selon sa formule. Alors que son pays ne va pas si bien que cela, que l'inflation est à nouveau l'une des plus élevées du monde, que sa monnaie risque d'être dévaluée, une enquête très sérieuse provenant d'un journal de gauche acquis à sa cause, Pagina 12, vient de révéler l'affaire des sacs noirs. On savait Cristina adepte des sacs à mains Gucci ou Vuitton, mais là les sacs auraient été remplis de billets à l'origine douteuse. Il s'agirait d'un système mis au point par son mari défunt pour faire sortir d'Argentine 55 millions d'euros. Résultat, de 2003 à 2011, la fortune des Kirchner est passée de 6 à 70 millions de pesos, soit 10 millions d'euros. Le couple présidentiel a déjà été par le passé accusé d'enrichissement illicite et mis en cause dans trois  procédures judiciaires. Mais aujourd'hui sous contrôle, la justice ne bronche pas, constate Le Courrier International.

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