« Syrie : Obama piège Hollande » : c’est le grand titre de Libération. « Syrie : Hollande piégé », renchérit Le Figaro. « Syrie : Hollande pris au piège, Obama sous pression », insiste Le Parisien. « La rentrée de Hollande minée par la crise syrienne », constatent Les Echos. Les journaux sont unanimes ce matin, le président français se retrouve quelque peu esseulé dans sa volonté d’en découdre avec Damas…  « Après l’abandon britannique et la soudaine redécouverte par Barack Obama de son Congrès, relève Libération, François Hollande se retrouve bien seul à vouloir mener sa guerre en Syrie. Son opinion publique est réticente et l’opposition, que l’on avait connue plus courageuse, le lâche au milieu du gué. »

Et Libération d’exprimer aussi des doutes : « les Français peuvent comprendre qu’il faille mettre fin à l’impunité d’el-Assad. Mais en quoi le punir, pour reprendre l’étrange scolastique de Hollande, en raison de l’usage des armes chimiques mettra fin à ses crimes ? Selon le douteux raisonnement des présidents français et américain, Bachar al-Assad doit arrêter de gazer son peuple, mais il pourra continuer à le massacrer par d’autres moyens. Il va falloir trouver mieux, conclut Libération, pour convaincre les Français (et le reste du monde) que cette guerre est juste et justifiée. »
« Comme Barack Obama, François Hollande est pris dans un tourbillon d’événements incontrôlés, constate pour sa part Le Figaro. Animé des meilleures intentions, lui aussi avait souscrit à l’idée de la ligne rouge. À la différence de David Cameron, il n’a pas besoin d’un vote parlementaire pour engager des opérations militaires. La France est donc seule en mesure aujourd’hui de défendre ses grands principes, relève le journal. Mais le retentissement du veto de la Chambre des communes, qui a amené Obama à s’en remettre au Congrès, conduit l’opposition à exiger un vote à l’Assemblée nationale. Politiquement, c’est de bonne guerre, même si cela se discute sur le plan des principes de la Ve République. Résultat, conclut Le Figaro : Hollande est piégé sur le front interne et bien isolé sur le front extérieur. »
Et au-delà de l’Hexagone, complète La Croix, « le piège s’est refermé pour ces responsables occidentaux qui s’étaient avancés très vite en annonçant leur volonté de punir Damas qui aurait fait usage de gaz mortels. Le message de ferme dissuasion qu’ils voulaient faire passer au régime de Bachar el-Assad, devant ces délais ou ces reculs, perd de sa vigueur. Ils ont parlé trop tôt et trop fort, avant même les conclusions de l’enquête que par ailleurs ils réclamaient ; sans mesurer, semble-t-il, toutes les conséquences d’une intervention, même limitée ; sans écouter les réticences de leurs peuples. Qu’au moins, s’exclame La Croix, le débat intérieur soit digne, respectueux ; et qu’il se préoccupe du devenir non des majorités ou des oppositions occidentales, mais du peuple syrien et de la stabilité de toute une région. »
 
Ne rien faire ?
 
Alors que doit faire François Hollande ? Pour La Presse de la Manche, « autant la nature, l’urgence, les conditions de l’intervention de la France au Mali, n’appelaient, en effet, nullement une autorisation préalable, autant dans le cas de frappes sur la Syrie, le bon sens conseille à François Hollande de s’appuyer sur le Parlement qui jugera de l’opportunité, ou non, de mener une telle opération. »
En effet, s’exclame L’Humanité, « comment décréter la guerre ou la paix pourrait-il être l’apanage d’un homme seul au XXIe siècle ? »
En tout cas, débat parlementaire ou pas, désormais, constatent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « il n’existe plus aucune solution satisfaisante, mais la pire de toutes serait de continuer à ne rien faire. Parce que cette inaction a déjà redonné une crédibilité à la mouvance jihadiste (…) et qu’elle se doublera d’un sentiment d’abandon pour les sunnites du monde entier. Parce que quand on en est à tracer des lignes rouges sur des cartes d’état-major, on ne peut pas se permettre de les laisser franchir impunément. Sauf à perdre toute crédibilité et c’est bien ce qui est en train de se passer. »
« Le pire serait de ne rien faire, estime également Ouest France. Surtout après les déclarations si fermes et si fortes des présidents Obama et Hollande. Beaucoup ne comprendraient pas que rien ne se produise. Ce serait donner à de nombreuses victimes et aux populations menacées le sentiment d’être abandonnées à leur triste sort. Le monde saurait que l’Occident détourne le regard, soupire Ouest France, s’efforce d’esquiver toute implication et toute responsabilité dans cette sinistre guerre : la grande retraite, le grand abandon. »
Et les Syriens ? Pas les dirigeants, mais le petit peuple : que pense-t-il de la situation ? Réponse dans Le Figaro avec ce reportage réalisé sur place à Damas. « Arrivé samedi matin dans la capitale syrienne, notre reporter a découvert une ville qui est passée de la crainte de bombardements imminents, constate le journal, à un relatif soulagement après le discours de Barack Obama appelant le Congrès américain à se prononcer dans une dizaine de jours sur des frappes. » De plus, relève encore le journal, « à l’inquiétude se mêle désormais la confusion, après la volte-face américaine. Je ne vois plus très bien le but politique de frappes maintenant, constate un diplomate arabe. Il y a une semaine peut-être on pouvait penser qu’avec des bombardements douloureux contre le régime, Bachar serait affaibli. Mais maintenant, on se dirige vers une action qui ne devrait pas énormément l’ébranler.  Bref, conclut l’envoyé spécial du Figaro, beaucoup de risques pour un résultat très incertain. »
 
Rentrée en ordre dispersé…
 
A la Une, également, J-1 pour la rentrée scolaire en France… « Le grand bazar », s’exclame Le Parisien en première page. Le Parisien qui note que les écoliers ne seront pas tous soumis cette année aux mêmes régimes, dans le primaire. 20% d’entre eux vont inaugurer « la refonte des rythmes scolaires, instaurée par la gauche comme le premier acte de sa refondation de l’école. »
Cette réforme — qui s’appliquera à tous dans un an — « signifie plus que le simple retour de l’école le mercredi ou le samedi matin, précise le journal. En rompant avec la semaine de quatre jours de son prédécesseur Xavier Darcos, Vincent Peillon instaure des journées de classe moins chargées (cinq heures par jour au lieu de six), plus en phase avec les capacités d’apprentissage des enfants et des rythmes appliqués ailleurs en Europe. Les nouveaux emplois du temps s’accompagnent aussi d’ateliers périscolaires, organisés par les communes. Vincent Peillon en a fait un enjeu de justice sociale, relève Le Parisien, promettant aux enfants de milieux modestes un meilleur accès à des activités culturelles dont ils étaient, jusqu’alors, souvent exclus. Mais d’autres, note le journal, à commencer par le principal syndicat d’enseignants Snuipp, craignent à l’inverse que les disparités locales dans la mise en œuvre de la réforme finissent par creuser les inégalités entre les quartiers, riches ou pauvres. »
La Croix prend l’exemple d’Arras, dans le Pas-de-Calais : « Arras, motivée, inaugure la semaine de quatre jours et demi », constate le journal. Dès l’annonce de la réforme l’année dernière, raconte La Croix, « il a été décidé de faire classe le mercredi matin, de réduire la voilure sur le reste de la semaine en faisant terminer les enseignements à 15 h 45 pour l’élémentaire, 16 h 15 pour les maternelles. Et de recruter 160 vacataires pour assurer l’encadrement des activités périscolaires. » Et au fil des enquêtes et des réunions d’informations, les parents ont été convaincus, comme l’explique cette maman, citée par le journal : « les enfants dont les parents ne pouvaient pas payer une activité sportive en club vont pouvoir en faire. Et puis ma fille, qui, un jour veut faire du poney, l’autre de la danse, va enfin pouvoir essayer plusieurs disciplines et se fixer. »
 
Le palmier menacé !
 
Enfin, le palmier va-t-il disparaître de la Côte d’Azur ? Question posée par Libération sur deux pages… Une enquête qui nous apprend que « cette plante exotique emblématique de la Riviera est dévastée par un charançon rouge venu d’Asie du Sud-est. Les communes multiplient les actions, en vain. »
Libération nous explique le parcours de la bestiole : « Le charançon rouge est arrivé dans des pays du golfe Persique, aux alentours des années 80, caché dans des palmiers ornementaux venus d’Indonésie. De là, il s’est répandu au Moyen-Orient en s’attaquant, notamment en Egypte, aux palmiers dattiers. En Afrique du Nord, où il ravage les cultures de dattes avec des répercussions autrement plus dramatiques que sur la Riviera. En Europe, sa première apparition remonterait à 1994. » Depuis, branle-bas de combat… Les communes du sud de la France ont investi des centaines de milliers d’euros. Mais rien à faire contre cet insecte. « L’invasion du coléoptère asiatique ne semble plus pouvoir être stoppée, estiment les experts, sans l’aide de la science et la mise en place de vigoureuses mesures réglementaires, forcément onéreuses. Le charançon rouge qui ravage notamment le palmier phœnix, ravage aussi de plus en plus, conclut Libération, les finances publiques qui, elles, renaissent rarement de leurs cendres. »

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