C’est la volonté affichée du président sénégalais Macky Sall avec le changement d’équipe gouvernementale intervenu hier lundi. En effet, commente La Tribune, « l’objectif que se fixe la nouvelle équipe, sous la houlette d’Aminata Touré, est de mieux répondre aux aspirations des populations sénégalaises. Promue chef du gouvernement depuis dimanche, l’ancienne ministre de la Justice compte, avec son équipe, 'accélérer' le rythme des programmes publics. »
Pour ce faire, plusieurs changements de têtes au gouvernement. Notamment, relève La Tribune, Amadou Bâ, à l’Economie et aux Finances, et Mouhamadou Makhtar Cissé, au Budget, « pour, affirme le journal, booster, accélérer la cadence et relancer notre économie.»
Arrivée remarquée, celle de Sidiki Kaba à la Justice : « ce juriste de formation est l’ancien président de la Fédération internationale des Droits de l’Homme. Aujourd’hui, il est président d’honneur de ladite organisation. Cet avocat très respecté a défendu le dossier des chantiers de Thiès qui avaient conduit l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck, en prison. » Toutefois, signale La Tribune, Sidiki Kaba est dans « une posture embarrassante », car il est partie prenante dans plusieurs dossiers en cours : il est notamment « partie civile dans le dossier de l’ancien président de la République du Tchad, Hissène Habré, poursuivi pour tortures et crimes contre l’humanité. »
Et puis à noter un départ important, relève encore La Tribune, celui de Youssou Ndour. L’artiste qui était déjà passé de la culture au Tourisme, « devra désormais se contenter d’un poste de ministre conseiller à la présidence, note le journal. Sa brève expérience politique semble s’être réduite à un échec. Il a d’ailleurs décidé de se remettre dans ce qu’il sait faire de mieux : la musique. »
Des résultats !
« Virage crucial ! » s’exclame pour sa part en Une le quotidien Enquête. Enquête qui replace ce changement de gouvernement dans le difficile contexte socio-économique du pays : « au-delà de certaines élucubrations stricto partisanes sur la répartition des strapontins, c’est sur le terrain de la demande sociale que le nouveau Premier ministre est attendu, relève le quotidien sénégalais. La parenthèse douloureuse d’une première année (perdue) de gouvernance Sall, scotchée entre déception et inquiétude, doit laisser place à un engagement plus fort et à un pragmatisme mieux senti autour d’une vision moins floue des aspirations des Sénégalais. Une vie moins chère, une distribution d’électricité moins chaotique, zéro mort lors des pluies d’hivernage, plus d’efficacité et moins de gazouillis dans la traque des biens mal acquis, plus de modestie et moins d’arrogance, plus de responsabilité et moins de personnalisme dans l’action de service public. »
Et Enquête de prévenir : « le pouvoir n’a plus le choix après avoir vendangé la marge de manœuvre dont il disposait au lendemain du départ d’Abdoulaye Wade. Soit il produit des résultats probants, soit l’opinion le sanctionnera à la mesure des attentes déçues. »
Réussir !
Alors, la presse de la sous-région s’interroge : « Aminata Touré fera-t-elle mieux ? » Question posée par Le Pays au Burkina. Car il y a du pain sur la planche, rappelle le journal… « Les réformes annoncées n’avancent pas assez vite aux yeux des populations mécontentes. Le gouvernement sortant n’a pas trouvé le remède miracle pour rendre accessibles à la bourse du Sénégalais moyen, les prix des denrées de première nécessité. Il n’a pas non plus réussi à faire baisser notablement la courbe du chômage des jeunes. Dans un tel contexte, il y avait lieu, pour le président Sall qui a promis de relever ces défis, de rectifier quelque peu le tir. »
Du coup, s’exclame Le Pays, « Aminata Touré se doit de réussir. Dans un continent où la femme est rarement au premier plan de la scène politique, elle devra travailler à s’imposer à sa nouvelle équipe et à répondre aux attentes sociales (…). Théoriquement, elle a le profil de l’emploi. (…) Son passage convaincant à la tête du ministère de la Justice confirme, si besoin en était encore, ses qualités au travail.
Fera-t-elle mieux que son prédécesseur ? Il faut l’espérer. En tous les cas, poursuit Le Pays, elle a maintenant le devoir de bien empoigner le gouvernail et de pousser le bateau Sénégal plus loin, sur le chemin de l’espérance et du développement. A elle de se montrer à la hauteur de ses nouvelles missions et de prouver, ce faisant, que le président Sall ne s’est pas trompé en lui confiant cette noble et lourde responsabilité. »
Enfin, des réactions également dans la presse française, avec ce point de vue, entre autres, de La Croix. « Aminata Touré, une "dame de fer" pour le Sénégal », titre le journal. « Femme à poigne, Aminata Touré est décrite par ses détracteurs comme une 'belliqueuse' qui 'aime les médias', rapporte le quotidien français. En tout cas, « la crise économique et sociale que traverse le Sénégal est son principal enjeu, estime La Croix. Le chômage persiste (50 % en 2010), notamment chez les jeunes, et le quart des 13 millions de Sénégalais vivent avec moins de 2 dollars par jour. »

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