Question posée par le quotidien bamakois Le Républicain , alors que le Mali s’apprête à investir son nouveau président élu, IBK, Ibrahim Boubacar Keita. Le Républicain brosse un sombre portrait du pays… « Avec des structures politiques défaillantes ; la mal gouvernance et la délinquance financière qui a fini par gangrener toutes les composantes de notre société ; la sempiternelle question du Nord ; l’augmentation de la misère sociale ; une écrasante majorité de la population privée de bonne formation et livrée à elle-même pour sa survie quotidienne… Tout optimisme excessif serait déplacé », estime le quotidien malien. « Ces crises traversées démontrent que la démocratie n’est pas un paquet que l’on peut monter en kit. Donc, poursuit Le Républicain, ce serait une illusion de croire qu’avec une baguette magique, on pourrait repartir automatiquement, sur de bonnes bases. Le problème vient des attitudes ancrées. Les Maliens ont vécu pendant des décennies avec un système de (mal) gouvernance, relève encore le journal. (…) Et il sera très difficile de rompre avec ces mauvaises habitudes. La première difficulté consistera, sans nul doute, à créer les institutions et les structures qui serviront de base à un état moderne et démocratique. Dans cette optique, conclut Le Républicain, chacun doit jouer convenablement son rôle (Etat, classe politique, société civile…). »
Pour autant, relève L’Essor, autre quotidien malien, « Ibrahim Boubacar Keïta entre aujourd’hui en fonction avec les atouts peu communs que sont son assise populaire et les excellentes dispositions de la communauté internationale envers notre pays. Il lui faut désormais demeurer tel qu’il s’est annoncé et tel que nos concitoyens l’attendent : dédié à sa mission exceptionnelle, indifférent aux sollicitations et insensible aux pressions. »
Travaux d’Hercule
Prudence et réalisme, donc, que l’on retrouve aussi dans les journaux de la sous-région. « IBK au pied… de la colline », titre ainsi L’Observateur au Burkina. « L’exultation passée, IBK pourrait se sentir bien seul pour reconstruire la maison-Mali car ce sont des travaux d’Hercule qui attendent le nouveau président malien. (…) Gérer la question sécuritaire et relancer l’économie seront les principales priorités du nouvel impétrant. Et pour cela, la contribution de la communauté internationale sera d’un grand recours. Qu’elle ne l’abandonne surtout pas au milieu du gué, s’exclame L’Observateur, et que le mécanisme de décaissement des trois millions d'euros promis par Bruxelles se mette vite en mouvement. » Par ailleurs, poursuit le quotidien burkinabé, « Ibrahim Boubacar Kéita doit également faire de la question touarègue une affaire d’Etat, cette épine du désert qui a toujours mis à mal l’intégrité territoriale, avec certainement une stratégie de négociation plus hardie. »
En tout cas, estime La Nouvelle Tribune au Bénin, « l’investiture d’IBK vient, pour les Maliens, marquer la fin d’une époque. La fin d’une longue période de crise politico-militaire, marquée par une transition ponctuée d’événements inédits et à rebondissements. L’arrivée à Koulouba d’un président régulièrement élu, empreint de toute légalité et légitimité, vient fermer la page ouverte par le coup d’Etat du 22 mars 2012, perpétré par Sanogo et ses hommes, et entachée par l’occupation jihadiste du Nord-Mali pendant plusieurs mois.»
Et s’il est un homme qu’il faut remercier, relève pour sa part Le Pays au Burkina, c’est le président par intérim, Dioncounda Traoré… « Mission accomplie pour le héros à l’écharpe blanche », s’exclame le journal. « Dioncounda Traoré aura su faire preuve de sagesse et de pondération. La classe politique malienne, naguère divisée, a fini par reprendre langue. Les divergences persistent mais l’on envisage, à nouveau, de débattre dans le respect des différences. La transition a été conduite à bon port. Alors que le doute semblait l’emporter, tout s’est finalement bien passé. Les élections se sont tenues dans le respect des échéances, et dans un climat apaisé. » Et Le Pays n’hésite à qualifier Dioncounda Traoré de « héros national ».
Deux investitures…
Le site d’information Guinée Conakry Infos relève pour sa part que l’investiture d’IBK va se dérouler en deux temps… Ce mercredi 4 septembre, soit 15 jours après la déclaration officielle de sa victoire, comme le prévoit la loi. Et une autre cérémonie aura lieu le 19 septembre, au Stade du 26 mars. « En réalité, note le site guinéen, c’est cette dernière qui sera 'la véritable investiture'. Il s’agira d’un show auquel une quarantaine de dirigeants africains et d’ailleurs seront conviés. François Hollande sera tout naturellement aux premières loges. Il le sera d’autant plus que ladite cérémonie aura été ainsi différée pour satisfaire à son agenda. Voilà qui débute pas mal pour le président qui s’était engagé en faveur de la défense de la souveraineté de son pays. Mais encore une fois, il ne faut lui en vouloir, relève Guinée Conakry Infos. IBK a les mains liées par les circonstances qui ont présidé à sa venue au palais de Koulouba. On verra pour la suite. »

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