Un vote des parlementaires sur l’intervention en Syrie n’est plus tabou. Désormais, relève Le Monde, « Hollande envisage un vote du Parlement. (…) La décision surprise d’Obama de faire voter le Congrès a changé la donne : le président pourrait profiter de ce délai pour solliciter le feu vert des députés. »
Pour la grande majorité des commentateurs ce mercredi matin, ce vote des députés est nécessaire… A commencer par Le Monde, toujours, qui estime que la consultation du Congrès aux Etats-Unis donne le temps à François Hollande « d’organiser non seulement le débat prévu ce mercredi, mais un second débat - et un vote - un peu plus tard. » Le quotidien du soir rappelle qu’avant « la seconde guerre d’Irak, en 2003, François Hollande, alors Premier secrétaire du PS, avait demandé un vote du Parlement sur la résolution de l’ONU qui allait servir de base à l’intervention américaine. »
Libération est sur la même ligne : « après la décision de Barack Obama de consulter le Congrès -dont on sait depuis hier qu’il pourrait pencher vers la guerre-, François Hollande doit faire voter le Parlement pour asseoir la légitimité de son action. Si les élus le suivent, alors l’intervention sera d’autant plus justifiable face à ce que le secrétaire général de l’ONU a lui-même appelé un 'crime contre l’humanité'. »
L’Humanité plaide également pour « un second débat au Parlement - après celui d’aujourd’hui - qui se conclurait cette fois par un scrutin en bonne et due forme. (…) L’étape du vote parlementaire, de bon sens, devrait être un préalable, même si elle ne dissiperait pas forcément le malaise perceptible dans l’opinion publique, estime le quotidien communiste, lassée d’assister à un éternel recommencement, Golfe, Irak, Afghanistan, Libye, Syrie… »
Pour sa part, Le Républicain Lorrain note qu’un « débat suivi d’un vote au parlement prolongerait le travail de pédagogie entamé vis-à-vis de l’opinion. De surcroît, il renforcerait politiquement le chef de l’Etat qui se trouve bien seul depuis le déclenchement de la course de lenteur par Barack Obama. »
« Un débat avec vote pourrait avoir l’avantage d’élever le niveau des échanges, renchérit La Charente Libre, et de servir la grandeur de la France tant le débat sans vote va produire son lot de postures et de petites phrases à usage médiatique. Or, les Français ont droit à des explications de haut vol. Il convient de cerner le cadre de l’intervention, de justifier pourquoi il faudra faire sans l’Onu que verrouillent Russie et Chine. »
Entre la peste et le choléra !
Alors quelle serait l’issue d’un éventuel vote des députés ? « Le débat divise la gauche et la droite », relève Le Figaro en première page. «Si la majorité est dans l’ensemble favorable à la fermeté affichée par François Hollande, (…) à gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon et les communistes sont hostiles à une intervention. A l’UMP, note encore Le Figaro, des avis différents s’expriment. » Exemple : « Edouard Balladur estime 'qu’il faut agir', mais plusieurs responsables de droite sont circonspects et insistent sur le fait qu’une éventuelle opération ne peut se faire que dans le cadre des Nations unies. »
« La guerre qui fragmente », constate également Libération en Une. « Sans vote, le débat parlementaire va se tenir aujourd’hui dans une ambiance tout autre que celle qui prévalait au moment de l’intervention au Mali, relève le journal. Les échanges s’annoncent tendus à l’Assemblée, où Jean-Marc Ayrault s’exprimera, comme au Sénat, où Laurent Fabius officiera. La classe politique va se donner à voir divisée, dans un clivage autre que celui habituel entre la droite et la gauche. »
Enfin, Le Canard Enchaîné tente de résumer le fond du débat : « intervenir ou s’abstenir, telle est la bonne question. Mais si elle fâche ainsi, c’est qu’elle n’appelle que de mauvaises réponses. Choisir entre un régime effroyable et une opposition gangrénée par des islamistes dont certains sont proches d’Al-Qaïda, c’est comme choisir entre la peste bubonique et le dernier stade du choléra, estime l’hebdomadaire satirique. (…) Aucune bonne solution donc ! Sauf que ne rien faire alors que des armes de destruction massive ont été employées, c’est, bien sûr, donner carte blanche à ceux qui les utilisent. »
Et Le Canard de conclure : « en attendant la suite du débat américain et du nôtre, nous en sommes là. Intervenir est périlleux, ne pas le faire l’est tout autant. »
Echos…
A la Une également, la France et l’Allemagne unis dans le souvenir d’Oradour-sur-Glane… « Ce mercredi, les présidents français et allemands se rendent ensemble dans le village martyrisé le 10 juin 1944 », relève Le Figaro. 642 habitants, hommes, femmes et enfants furent tués par les SS de la division Das Reich. Une « visite historique, pointe Le Figaro, et qui rappelle un peu celle d’Helmut Kohl et François Mitterrand à Verdun en 1984. C’est la première fois qu’un président allemand se rend à Oradour. »
« Cet événement résonne avec l’actualité, remarque pour sa part La Croix. À plus d’un titre. » Notamment en écho avec le drame syrien : « la barbarie, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité ne sont l’apanage d’aucun camp, d’aucune époque, relève le quotidien catholique. Ils défigurent l’homme, avilissent ceux qui s’en rendent coupables. Ils mettent la communauté internationale dans l’obligation absolue d’y mettre un terme. Par la force, plaident certains ; mais qui peut croire qu’en l’occurrence cela suffira ? Par la négociation, le recours inlassable aux médiations, le rapprochement de positions apparemment irréconciliables. Le pèlerinage des présidents allemand et français témoigne pour le passé, certes, conclut La Croix, mais il parle surtout au présent. »
Combiné nordique
Qui ne l’a jamais eu en poche ? C’était le portable star des années 90 : le Nokia… Microsoft a décidé de racheter la division téléphonie mobile du géant finlandais, pour 5,4 milliards d’euros. « Comment l’Europe a perdu la guerre du mobile », titrent Les Echos. L’Europe, dépassée, « ne conçoit et ne fabrique plus aucun smart-phone », relève le quotidien économique.
« Nokia jette l’éponge, renchérit Le Figaro, comme avant lui tous les autres constructeurs européens, faute d’avoir su prendre le virage des smartphones. »
Désormais, la balle est donc dans le camp de Microsoft. « Avec Nokia, Microsoft décroche le combiné nordique », ironise Libération. « Les deux géants en plein déclin sur leurs marchés respectifs sont donc parvenus à s’entendre afin d’unir leurs - maigres - forces actuelles dans la bataille planétaire qui se joue pour le contrôle du marché, titanesque, de l’Internet mobile. » Mais ce sera dur face « au trio de tête Samsung-Apple-Google solidement installé aux avant-postes. » D’autant, souligne Libération que « l’Américain n’occupe plus qu’une lointaine troisième place concernant les systèmes d’exploitation mobile, avec une part de marché de 3,3%. »
Lui de retour !
Enfin, on reste avec Libération qui consacre une pleine page à la renaissance d’un mensuel célèbre dans les années 60 et 70, notamment pour sa double-page centrale… Lui. En effet, constate Libération, « le mensuel, demain en kiosques, renaît de ses cendres un demi-siècle après son lancement. (…) Le premier numéro du nouveau Lui compte soixante pages de publicité. La typographie du titre est la même qu’en 1963, mais à la place de Bardot, relève le journal, c’est l’actrice Léa Seydoux qui pose nue. A l’intérieur, outre une tentative de portrait de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem (assise, grâce à un photomontage, dans le fauteuil d’Emmanuelle), on trouve une interview du vénérable Daniel Filipacchi (le fondateur du titre), une enquête sur la cocaïne et la crise, et beaucoup, beaucoup de jolies photos de jolies filles nues. »

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