Le sommet du G20 s’ouvre ce jeudi à Saint-Petersbourg : Barack Obama et François Hollande vont profiter de l’occasion pour rechercher des soutiens politiques, dans leur volonté de frapper le régime syrien. Mais ce sera délicat…
«Seuls contre tous !», s’exclame Libération, avec cette grande photo des présidents français et américain en pleine discussion. «A la veille du G20, Obama et Hollande peuvent mesurer leur isolement dans la crise syrienne, constate le journal. Aucun autre pays à l’exception de la lointaine Australie n’engagera des hommes et des armes pour 'punir' Assad.»
«La Syrie met le G20 sous tension», constate La Croix. Va-t-on se mettre d’accord ? «Le sommet de Saint-Petersbourg sera l’occasion, relève le journal, de vérifier si le G20 peut offrir une alternative plus efficace (au conseil de sécurité de l’Onu) pour définir un intérêt commun et en tirer des conséquences – probablement non, du moins pas dans l’immédiat, estime La Croix. (…) Il serait remarquable qu’une résolution consensuelle forte émane de ce sommet. (…) La paralysie du Conseil de sécurité et l’inadéquation du G20 risquent donc de renvoyer les États-Unis et la France à leur relative solitude.»
Parallèlement, une nouvelle partie de bras de fer entre Américains et Russes se dessine… «Obama-Poutine : la nouvelle guerre froide», lance Le Figaro qui s’interroge : «jusqu’où ira le Kremlin pour défendre son allié à Damas ? Moscou livre des armes au régime, le conseille de très près et déploie sa flotte en Méditerranée. Mais il y a des limites à l’engagement russe en faveur de Bachar el-Assad, estime Le Figaro. La Russie n’y voit pas un intérêt vital et évitera de se laisser entraîner dans un conflit ouvert. La Syrie est plutôt un atout, affirme encore le journal, dont joue Vladimir Poutine dans la partie de poker générale qu’il a engagée avec l’Occident. Le moment venu, une négociation devra s’engager. Le plus tôt sera le mieux.»
«Ce G 20 débute comme enveloppé d’un nouvel air de guerre froide, renchérit Ouest-France. Un air étrange.» Toutefois, relève le journal, «depuis mardi, depuis l’annonce par les républicains américains qu’ils soutiendront Obama au Congrès, les frappes se rapprochent. Et Moscou ne peut plus rester immobile sur sa ligne, aussi rouge soit-elle. Surtout si l’Onu devait confirmer la responsabilité d’Assad sur les armes chimiques. De là à faire une ouverture ?», s’interroge Ouest-France. «On aimerait rêver. Voir Chinois, Russes, Américains, Français, Britanniques, Turcs, Saoudiens prendre le sort de la Syrie en main. Remettre l’Onu en jeu. Mais pour que Poutine baisse la garde, trois jours avant le vote du Congrès américain, il faudra un geste substantiel. Des preuves 'convaincantes' ?»
Main dans la main
A la Une également, les présidents français et allemands main dans la main à Oradour-sur-Glane. «Une image pour l’Histoire», s’exclame Le Parisien. «Jamais depuis le massacre perpétré le 10 juin 1944 par la division SS Das Reich, deux chefs d’Etat français et allemand ne s’étaient rendus ensemble à Oradour-sur-Glane. Depuis la visite effectuée hier par François Hollande et Joachim Gauck, c’est chose faite, relève Le Parisien : un président français, un président allemand et un rescapé de la barbarie nazie, unis dans le silence de l’église du village français martyr… A événement historique, image historique.»
Et «à cette image, constate La Nouvelle République du Centre-Ouest, le président français a épinglé une légende de circonstances. En s’engageant 'à refuser l’inacceptable, partout où il se produit', chacun devait songer à la Syrie.»
«Difficile, en effet, estime Le Républicain Lorrain, de ne pas penser à l’actualité syrienne en rappelant des crimes contre l’humanité qu’on souhaite ne plus voir perpétrer.»
«Fermer d’un côté un pan de l’Histoire et en ouvrir un autre, donne de la matière à la méditation, renchérit Le Midi Libre. Dans ce recueillement intérieur, le chef de l’État a dû se repasser les images de la folie d’Oradour hier soir. Ne dit-on pas que ce sont les lueurs du passé qui éclairent l’avenir? Bonne réflexion, Monsieur le Président.»
Rappel à l’ordre ?
«Compétitivité : la France perd encore du terrain» : constat établi à la Une du Le Monde. « L’Hexagone perd deux places et arrive au 23e rang du classement 2013 du Forum économique mondial de Davos», relève le quotidien du soir. (…) Ce baromètre, très suivi par la communauté internationale, peut être perçu comme un nouveau rappel à l’ordre, pour la France. Le pays poursuit, de fait, une glissade entamée il y quelques années. (…) «Une fois encore, poursuit Le Monde, le fonctionnement du marché du travail, dit trop rigide, est dénoncé. En cause : des règles trop strictes qui freinent les licenciements et les embauches ainsi que les relations entre employeurs et travailleurs hantées par le 'conflit'.»
«Compétitivité : comment la France gâche ses atouts», renchérissent Les Echos en première page. Les Echos qui qualifient cette 23e place de «rappel à l’ordre. (…) En pointant un nouveau recul tricolore, la dernière édition du classement de Davos vient rappeler à un moment opportun que notre économie ne sera pas guérie d’un coup de baguette magique, estime le quotidien économique, avec le crédit d’impôt compétitivité et la loi sur la sécurisation de l’emploi.»
Libération reste pour sa part réservé quant à ce classement : «selon les critères bancals de Davos, la France sur la mauvaise pente», titre le journal. «Peut-on faire confiance à ce classement ?», s’interroge Libération. Pas vraiment, répond-il : «ce classement ne prend pas en compte les critères environnementaux et sociaux. La principale limite de l’exercice tient surtout à sa nature subjective, précise par ailleurs Libération, deux tiers des indicateurs résultant de notes attribuées par des dirigeants d’entreprise à leur propre pays.»
Ubuesque…
En cette période de rentrée scolaire, Le Parisien a enquêté sur les affectations des profs… «Aberrant ! », s’exclame le journal qui dénonce un «système ubuesque (…). Même le ministre de l’Education nationale l’a publiquement reconnu, en des termes suffisamment sévères pour être notés. 'La gestion des ressources humaines n’est pas brillante dans l’Education nationale'», a taclé hier Vincent Peillon. Et de détailler les sujets qui doivent 'changer', parmi lesquels «les premières affectations, les rapprochements entre conjoints, l’évaluation… etc. Vastes chantiers !»
Exemple de ce système aberrant, relevé par Le Parisien, celui de Michael, enseignant en lettres modernes de 28 ans : «lorsque j’ai reçu mon affectation début juillet, cela a été un choc, explique-t-il. Je demandais à être remplaçant dans les Hauts-de-Seine sud, et je me retrouvais titularisé à deux heures de chez moi, dans un autre département ! Comme je n’ai pas le permis, cela fait quatre heures aller-retour de trajet en transport en commun. Au rectorat, on m’a répondu que si je ne tenais pas le coup, je n’aurais qu’à me mettre en arrêt maladie.»
Après Ferrer, Nadal ?
Enfin, cocorico : un tennisman Français brille à l’US Open… Richard Gasquet a battu hier en 5 sets David Ferrer, le n°4 mondial. Il se qualifie pour les demi-finales. Ce sera face à Nadal. Une première pour un Français depuis 14 ans, rappelle L’ Equipe qui s’exclame en Une : « un vrai mousquetaire ».
«Gasquet illumine New York», affirme Le Parisien. Le Parisien qui note «qu’en dix confrontations, Gasquet n'a jamais battu Nadal, l’octuple vainqueur de Roland-Garros. Mais quand on vient de dominer le numéro 4 mondial et dernier finaliste des Internationaux de France, s’interroge le journal, n’a-t-on pas le droit de rêver encore plus fort ?»

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