La photo est en première page de nombreux journaux maliens ce matin. On y voit le nouveau président malien, IBK, Ibrahim Boubacar Keïta en train de lever la main droite et de prêter serment. Dans son discours, rapporte le quotidien L’Essor, «IBK a remercié le Tout Puissant, qui a gratifié notre pays qui revient de très loin, de ce moment de bonheur et surtout d’espoir. Le président de la République a, ensuite, salué la présence remarquée de l’ancien chef de l’Etat, le général Moussa Traoré, en qualifiant son geste de 'républicain'. (…) Comme lors de sa campagne pour la présidentielle, poursuit L’Essor, IBK s’est engagé à restaurer la dignité et l’honneur du peuple malien. Dans la construction d’un Mali nouveau, fort et debout, le nouveau président a dit sa détermination de réaliser au cours de son mandat le changement tant attendu par nos concitoyens.»
Plus que le discours plutôt convenu du nouveau président malien, c’est la présence de l’ancien chef de l’Etat Moussa Traoré et les compliments à son égard d’IBK, que retient Le Républicain, autre quotidien bamakois. «L’ancien président Moussa Traoré, qui a régné sans partage sous l’ère du parti unique entre 1968 et 1991 et qui a eu la réputation d’un dictateur convaincu, a été consacré hier 'grand républicain', déplore le journal, par le nouveau président élu du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita. (…) Par ailleurs, comme un paradoxe voulu, IBK a passé sous silence tous les sacrifices des Maliens qui ont abouti à l’ouverture démocratique au Mali en 1991. Il passera également sous silence les présidents Modibo Kéita, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré. De Moussa Traoré, il en est venu à Dioncounda Traoré, passant superbement la gomme sur les 20 ans de l’ère multipartite.»
Et Le Républicain de s’interroger sur ce qu’il qualifie de «réhabilitation de Moussa Traoré (…) : tous ceux qui étaient dans la salle en ce jour et qui pensaient pouvoir faire chemin politique avec IBK s’attendaient-ils à une telle frasque de leur mentor ? Rien n’est moins sûr.»
Des pickpockets !
Autres invités-surprise à cette cérémonie, relève cette fois le site d’information Malijet : les voleurs… «La cérémonie de prestation de serment du nouveau président élu de la République du Mali aura été particulière, relève en effet Malijet. Pas seulement en raison de l’absence d’un homme craint en la personne d’Amadou Haya Sanogo, le putschiste d’avril 2012, de l’absence des anciens présidents de la République comme Alpha Oumar Konaré, ou ATT ; mais elle était particulière à cause des 'piqueurs' de téléphones portables, de porte-monnaies et autres objets de valeur qui s’y étaient invités.»
En effet, précise Malijet, « plusieurs personnalités invitées à la cérémonie de prestation d’IBK ont été victimes de vols. L’ancien Premier ministre, Mohamed Ag Hamani a été dépouillé de son téléphone portable et le porte-monnaie d’un honorable député lui a été piqué. Ces cas de vol ont été constatés à la fin de la cérémonie d’investiture, rapporte encore Malijet. Précisément au moment où les invités se bousculaient pour rejoindre la salle des banquets où était servi le cocktail. »
Entre les gouttes…
Autre invité indésirable… la pluie ! «La pluie a pris rendez-vous avec le processus électoral malien, constate le site d’information Guinée Conakry Infos. Après les averses qui avaient été de beaucoup dans la baisse du taux de participation, lors du second tour du 11 août dernier, c’est également sous une pluie battante qu’a eu lieu hier la cérémonie d’investiture du nouveau président.» En tout cas, poursuit le site d’information guinéen, «pour la circonstance, IBK a réitéré ses engagements à faire face aux multiples défis dans ce pays qui essaie de sortir d’une grave crise sociopolitique d’environ deux longues et douloureuses années. Mais de tous les chantiers, IBK a affirmé que celui relatif à la réconciliation nationale demeurait le plus pressant. L’idée qu’en a le nouveau président est d’autant plus rassurante qu’il est allé au-delà des simples mots. En effet, dans la salle du CICB où il a prêté serment, on a remarqué la présence symbolique de l’ancien président, Moussa Traoré», relève Guinée Conakry Infos, sans y voir malice, «mais aussi celle du très élégant candidat malheureux, Soumaïla Cissé. Un bon début», estime le site guinéen.
Toutefois, tempère-t-il, «le tableau aurait été parfait si Alpha Oumar Konaré aussi avait été là. Certes, les divergences entre l’ancien président malien et IBK engagent moins le pays dans son entièreté. Mais s’il avait réussi à faire venir son ex-mentor à la cérémonie d’investiture d’hier, le nouveau président aurait autrement fait montre de sa capacité à transcender certains malentendus. De même, relève encore Guinée Conakry Infos, Ibrahim Boubacar Keïta devrait veiller à moins se référer aux écrits coraniques dans ses discours. Naturellement, on sait que cette posture de leader proche des grandes obédiences musulmanes dans son pays a beaucoup pesé dans son élection. Mais il doit se rappeler que la République qu’il incarne désormais est laïque.»

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati
















Réagissez à cet article
(0) Réaction