Y aura-t-il des frappes militaires en Syrie ? C’est un peu comme demander s’il y aura de la neige à Noël après avoir parlé du réchauffement climatique. Alors que le G20 de Saint-Pétersbourg s’est achevé sur ce que l’ancien ministre français de droite Bruno Le Maire appelle dans Le Figaro un « échec cinglant », les Français se prononcent plus que jamais contre la guerre en Syrie.

Selon un sondage de l’institut Ifop pour Le Figaro, 64 % des personnes interrogées se disent en effet contre « une intervention militaire internationale en Syrie ».Et 68 % sont contre un engagement militaire de la France. On le savait déjà mais en une semaine, cela représente un bond de 19 points. « Le décrochage est massif », souligne Le Figaro, qui insiste : « le président de la République voit désormais les Français lui refuser leur soutien ». D’autant que les sympathisants de gauche eux-mêmes sont partagés. Parmi les opposants à une intervention militaire internationale en Syrie, on compte 45 % de sympathisants de gauche.
 
Il faut dire, commente Le Figaro, que les Français observent « l’état brinquebalant de la France. Faut-il, à la crise, ajouter une guerre ? Le pays a-t-il les moyens financiers de se lancer dans une opération présentée comme ponctuelle, comme devait l’être aussi l’intervention en Afghanistan ? Ils jugent que non. Personne ne peut le leur reprocher ».
 
Les conclusions du G20 de Saint-Pétersbourg paraissent bien timorées
 
Comme le relève Libération, le G20 s’est conclu sur un texte « a minima ». A minima ? Point n’est besoin de maitriser le latin pour traduire. Et si « les Etats-Unis et la France », explique Libération, ont fait signer à 11 pays ce texte a minima « pour une réponse internationale forte » à la Syrie, accusée d’avoir utilisée des armes chimiques contre sa population, il sera également « difficile d’aller au-delà » aujourd’hui à Vilnius, en Lituanie, où sont à leur tour réunis les ministres européens des affaires étrangères, qui vont y recevoir l’américain John Kerry, prédit le journal.
 
Alors, certes, l’option militaire n’est pas écartée. Et Le Parisien y consacre un article ce matin. Reprenant des « informations » du New-York Times, le quotidien français explique que le Pentagone « envisage maintenant de recourir aux raids de l’aviation. Et, dans ce cas de figure, l’armée de l’air française serait associée ». Info ou intox ? « Les frappes pourraient concerner pêle-mêle des unités de l’armée syrienne, des batteries d’artillerie et de missiles, des postes de commandements, des entrepôts. Mais aussi une liste de dirigeants ayant participé de près ou de loin à l’attaque chimique du 21 août », précise Le Parisien.
 
Alors frappes ou pas frappes. Hier au G20, en tout cas, Obama et Hollande ont dû lâcher un peu de lest à leurs partenaires européens, concède Libération. Lors de la conférence presse finale, le président français a du reste précisé que « si frappes il y a, elles se feront, bien sûr, après le vote du Congrès américain, mais aussi à la suite de la publication du rapport des Nations unies », rehausse le quotidien.
 
Ce qui permet au journal Le Parisien de dresser de ce G20 ce bilan en demi-teinte pour François Hollande, qui « repart sans doute amer, mais la tête haute ». Car le président français « est convaincu d’avoir la morale pour lui », ajoute le confrère, selon lequel « pour Hollande, ce G 20 aura donc surtout permis de parler avec Barack Obama, qui a salué son “leadership”. “Vous parlez d’une compagnie ! Je préfère celle-là à d’autres”, souriait le Français, pas peu fier », note Le Parisien.
 
Le sentiment de perplexité après ce G20
 
Oui car si rien n’est encore joué, c’est mal parti pour les frappes contre la Syrie. Certes, comme le consigne le journal Les Dernières Nouvelles d’Alsace, la « partie de poker menteur » continuera encore, une petite semaine au moins. Lundi, en effet, le Congrès américain « dira si Barack Obama peut lancer des frappes chirurgicales sur Damas pour ne pas perdre la face, énonce L’Est Républicain. Si ses parlementaires lui refusent, François Hollande se retrouvera bien seul, dans un silence cynique et assourdissant », avertit le quotidien de l’est de la France.
 
De son côté Ouest-France, plus gros tirage de la presse quotidienne française, le souligne sans ambages. « Désormais, pour les États-Unis et la France, qui se sont tellement avancés, le problème est de trouver le moyen de ne pas perdre la face ».
 
« Qui n’avance pas recule, formule Le Journal de la Haute-Marne. Obama et Hollande en ont fait l’amère expérience au sommet du G20 de Saint-Pétersbourg. (…) L’erreur d’Obama et de Hollande est d’avoir privilégié une politique des bons sentiments et d’avoir sous-estimé l’impact dans l’opinion publique des échecs afghan et irakien ».
 
Quand au président russe Vladimir Poutine, il a sauté sur l’occasion offerte pour s’afficher en « chef d’une nation que n’impressionnait pas l’Amérique d’Obama, regrette Sud-Ouest. Aujourd’hui, France et États-Unis, méditant sur leurs solitudes respectives, se lancent dans un concours de déclarations qui laissent perplexe ».
 
Football : après le match nul 0 – 0 de la France face à la Géorgie hier à Tbilissi
 
Un résultat « désespérant », pour Le Parisien, à la une duquel le Français André-Pierre Jignac se tient la tête, semblant vouloir s’arracher la tignasse, une vague d’incompréhension dans les yeux. Match nul, score vierge, « il y a de quoi être inquiet », s’angoisse Le Parisien.
 
De son côté L’Equipe a fait les comptes. La France est en passe de battre son record de temps joué sans marquer de buts. Encore 21 minutes sans but et ce serait alors un record « historique », lance le quotidien sportif, le précédent record datant, il est vrai, de 1924-1925 ! Autant dire que L’Equipe, non seulement s’indigne devant l’impuissance des Bleus, mais, en attendant la suite, elle s’alarme de ce que Le Figaro appelle la « fatalité de l’échec ». Et pour le journal, le mal est « profond ». Hier à Tbilissi, la potion fut amère. « Sans imagination ni rupture de rythme, les Français se sont enferrés dans la nasse géorgienne. De manière systématique et désespérante », regrette Le Figaro, qui soupire lui-aussi sur le lointain Brésil, théâtre prévu de la future coupe du monde de football.
 
La demi-finale de tennis entre le Français Richard Gasquet et l’Espagnol Rafael Nadal aujourd’hui à New-York
 
Battre Nadal en demi-finale de du tournoi de Flushing Meadows, c’est « l’impossible défi » de Gasquet, tranche déjà Le Figaro, même si, ajoute le journal, « l’espoir fait vivre ». Seulement voilà, en face, il y aura Nadal. « Implacable depuis le début de l’US Open, le numéro deux mondial n’a pas cédé une seule fois son service à New York. (…) En confiance, Nadal, invaincu sur ciment en 2013, est aussi frais physiquement », est bien obliger de constater Le Figaro. Aïe aïe aïe !
 
Qu’en pense le principal intéressé ? Réponse de Richard Gasquet dans Le Parisien ce matin. « Nadal, on a (…) plus de chances de le battre sur PlayStation que sur un terrain de tennis », admet en riant le champion français, étant rappelé que la Playstation est une console de jeux électroniques avec laquelle ont peu aussi jouer au tennis dans son fauteuil !
 
Richard Gasquet qui, toutefois, ne s’avoue pas encore battu. « On ne sait jamais », dit-il au quotidien. Alors, hier, on a dit « Allez les Bleus », on a vu le résultat. Là, on ne dit rien. On est là, on attend ! 

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