Nouveau président, nouveau Premier ministre, nouveau gouvernement… En l’espace de quelques jours, le Mali a changé de visage au niveau politique. Le président IBK a donc désigné Oumar Tatam Ly au poste de Premier ministre. « Pourquoi lui ? », s’interroge le site d’information Malijet : « à la surprise générale des Maliens, le président Ibrahim Boubacar Keita a jeté son dévolu sur un technocrate de 50 ans pour conduire son premier gouvernement. Dans l’opinion publique, le choix de ce banquier apolitique répond aux aspirations du peuple malien, estime Malijet, qui voulait une rupture avec la vieille garde politique malienne. » C’est aussi, estime encore Malijet, « le choix d’une forme de complémentarité avec le pouvoir suprême. » Oumar Tatam Ly ne fera pas « ombrage à Ibrahim Boubacar Keita dans la gestion des affaires publiques. »
Pour Le Pays au Burkina, « le choix d’IBK d’un homme nouveau, politiquement vierge, se comprend assez aisément, ce pour deux raisons au moins. Premièrement, comme annoncé dans son discours d’investiture, le nouveau président malien entend rompre avec le passé. Il semble avoir entendu la voix de son peuple qui en avait marre de sa classe politique corrompue et sclérosée. Deuxièmement, en nommant un technocrate à la primature, IBK entend rassurer les partenaires techniques et financiers sur le fait que les fonds qui seront injectés au Mali seront judicieusement utilisés. (…) La grande question à présent, relève encore Le Pays, est de savoir si Tatam saura battre le tam-tam du redressement. (…) Tout le mal qu’on lui souhaite, c’est qu’il réussisse ; qu’il ne fasse surtout pas comme d’autres technocrates africains qui ont fini par décevoir. (…) Et il faut espérer que le gouvernement qui vient d’être mis en place, composé de has been valeureux et de nouveaux visages triés sur le volet, saura relever avec brio les gigantesques et nombreux défis du redressement du Mali. »
Un gouvernement axé sur la réconciliation ?
Alors justement, le site d’information Guinée Conakry Infos a passé ce nouveau gouvernement à la loupe et il en tire plusieurs conclusions… « Cette première équipe de l’ère Ibrahim Boubacar Keïta forte de 34 ministres, se singularise par la sous-représentation des femmes en son sein et la création d’un ministère de la Réconciliation nationale et du développement du Nord. Sur le plan de la rupture, poursuit le site guinéen, on a plutôt un sentiment mitigé. Si d’un côté, certains postes stratégiques sont confiés aux soins de spécialistes de la chose, il demeure que le nouveau président ne semble pas s’être encore affranchi de la tutelle de ceux qui ont géré la transition et qui, d’une certaine façon, ont permis son élection. C’est ainsi que 5 des ministres de l’ère Dioncounda Traoré sont également de cette nouvelle aventure. Par contre, on n’a pas l’impression que le nouveau président ait particulièrement pris en compte les soutiens que certains leaders politiques lui avaient accordés dans l’entre-deux-tours. » En tout cas, grand point positif pour Guinée Conakry Infos : « IBK demeure fidèle à ses engagements en faveur de la réconciliation nationale. Une fidélité qui se traduit tout d’abord par la création d’un ministère qui, au-delà du souci de ressouder le tissu social, se chargera plus spécifiquement de la problématique du développement du nord du pays. Dans le même registre, les observateurs notent également un point positif dans la nomination de Zahaby Ould Sidy Mohamed au poste de ministre des Affaires étrangères. Au-delà des compétences de l’homme, ce sont ses origines nordistes (c’est un arabe de Tombouctou) qui sont mises en évidence comme une prise en compte des revendications des populations de cette région. »
Double signal
Enfin dans la presse française, ce portrait du nouveau Premier ministre brossé par La Croix. Oumar Tatam Ly est qualifié de « banquier brillant mais peu connu. (…) Ses 20 ans d’expérience, principalement au sein d’organismes économiques, lui donnent un statut de technocrate respecté. Avec le nouveau président, poursuit La Croix, il devra s’atteler à relancer une économie plombée par la guerre, en pleine récession, avec un chômage des jeunes alarmant. (…) La nomination d’Omar Tatam Ly est un signal à la fois aux Maliens et à la communauté internationale, relève encore La Croix : IBK veut réconcilier mais aussi reconstruire le Mali. (…) En le nommant, IBK satisfait au désir des Maliens d’un renouvellement de la classe politique. Oumar Tatam Ly ne serait membre d’aucun parti, précise le quotidien français, même s’il s’est engagé dans la campagne d’IBK, participant à l’élaboration du volet économique de son programme. N’ayant jamais occupé de fonction politique, il échappe aux soupçons de corruption qui pèsent sur grande partie de l’élite politique malienne. Ce qui devrait aussi, conclut La Croix, rassurer la communauté internationale, qui a promis 3,25 milliards d’euros d’aide en juillet. »

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