Les parlementaires examinent à partir de ce mardi le projet de loi de la ministre du Logement, Cécile Duflot, un projet de loi pour l’accès au logement et pour un urbanisme rénové. Objectif principal, relève La Croix : « la construction de 500 000 logements par an d’ici à la fin du mandat présidentiel. » Toutefois, note le journal, « les experts restent sceptiques sur cet engagement, compte-tenu du retard accumulé. » Les experts qui estiment que par ailleurs, « pour accélérer la construction, il faut que l’Etat mette des moyens incitatifs sur la table afin d’aider la demande d’investissement à s’exprimer. »

Le logement est un problème vital en France. Près d’un million de ménages attendent de se loger. Mais ce qui retient l’attention des journaux ce matin, c’est un autre volet de ce projet de loi, à savoir l’encadrement des loyers. C’était la proposition 22 du candidat Hollande, nous rappelle Le Parisien : « dans les zones où les “rix sont excessifs” je proposerai d’encadrer par la loi les montants des loyers lors de la première location ou à la relocation. »
 
Le Parisien note que cette mesure du projet de loi « fait l’objet, depuis sa présentation en juin, d’un tir de barrages de la part des associations de propriétaires. A entendre ces derniers, à quoi bon investir dans de l’immobilier locatif si on restreint leurs droits ? »
 
Toutefois, le journal prend nettement position n faveur des locataires : « n’en déplaise aux propriétaires et aux élus UMP qui appellent à manifester contre ce projet de loi, force est de reconnaître que la réalité est tout autre pour des millions de Français dont l’évolution des revenus, depuis une dizaine d’années, n’arrive pas à suivre celle des loyers. (…) Bien sûr, tout cela a le parfum désuet de l’économie administrée. (…) Peut-être même la loi Duflot finira-t-elle, comme le redoutent certains professionnels secteur, par “dégoûter” pour un temps les investisseurs. Il n’empêche !, s’exclame Le Parisien. Depuis deux décennies, ce sont surtout les locataires qui ont été “dégoûtés” par la délirante flambée des loyers qui a rempli les poches des propriétaires et engraissé tout un nombre d’intermédiaires. »
 
Les Echos ne sont pas d’accord… Pour le quotidien économique, la loi Duflot va dans le mauvais sens. « C’est la pénurie de logements qui explique le rapport de force actuel entre propriétaires et locataires. Résultat, estiment Les Echos, l’urgence politique doit être de créer les conditions d’un boum de la construction immobilière, pas de déclarer la guerre aux propriétaires. »
 
Joli coup des Russes ?
 
La Syrie avec cette ouverture diplomatique tentée par la Russie… La Russie qui veut placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international pour éviter des frappes occidentales. « Paris et Washington se disent “ouverts”, sous conditions. Les journaux restent prudents : cela peut prendre du temps, estime La Presse de la Manche. Il faut examiner la proposition et la sincérité de la réponse du gouvernement syrien qui paraît accepter la proposition russe. Après quoi, il faudra veiller à ce qu’une aussi bonne intention ne reste pas lettre morte. »
 
En tout cas, relève Le Journal de la Haute-Marne, « Poutine est peut-être en train de réaliser un joli coup. En proposant un contrôle international sur les armes chimiques syriennes, il tente de retirer le tapis sous les pieds des Américains et des Français. D’une certaine manière, il présente une alternative diplomatique à l’action militaire envisagée par Obama et Hollande. (…) Pourtant, tempère le quotidien champenois, les contre-propositions de Moscou sont loin de résoudre le problème syrien. Le contrôle international de l’arsenal chimique d’Assad ne constitue qu’un petit pas vers une solution plus pérenne, la destruction des stocks. »
 
Toujours à propos de ce dossier, Le Monde nous propose sur une double page, une carte mondiale des armes chimiques. « Utilisées moins de dix fois dans l’histoire, ces armes de terreur ont été interdites en 1993, relève le journal, mais la guerre en Syrie vient rappeler qu’il en existe partout dans le monde. » En rouge, sur la carte, les pays qui n’ont pas signé la convention de 1993 : la Syrie, mais aussi l’Egypte, l’Angola, ou encore la Corée du Nord. Mentionnés également, les pays qui ont affirmé avoir détruit leurs stocks : Etats-Unis, Russie, Chine, France ou encore Royaume-Uni. Et on apprend aussi grâce à cette carte que la France possède encore un stock de 250 tonnes d’armes chimiques, datant d’avant 1925 et qui doit être détruit en 2016.
 
Hollande ciblé…
 
A la Une de Libération : François Hollande… avec ce grand titre, qui peut paraître surprenant : « le président des patrons »
 
Libération s’en prend vertement au chef de l’Etat. Le journal estime que François Hollande est trop conciliant avec les patrons : « pacte de compétitivité, allègements fiscaux, réforme des retraites, hauts-salaires sans limite : le président multiplie les cadeaux aux entreprises au détriment des ménages. » Libération précise : « François Hollande et le gouvernement ont pris ces derniers mois un virage qui les éloigne des postures de gauche de la campagne présidentielle. Car c’est bien une “politique de l’offre”, ou plus grossièrement une “politique de l’entreprise”, qui est mise en œuvre aujourd’hui, loin des fondamentaux du Parti socialiste. (…) Le chef de l’Etat fait le pari, poursuit le journal, qu’en préservant les entreprises de toute nouvelle pression fiscale, en allégeant l’impôt sur les sociétés, les patrons lui sauront gré et qu’en échange ils joueront le jeu de la relance économique et de l’emploi. Or, relève Libération, les déclarations tapageuses du Medef laissent peu place à l’optimisme, comme si l’évolution gouvernementale ne pouvait guère influer sur la ligne patronale. » Par ailleurs, relève encore Libération, « en maintenant la pression fiscale sur les ménages, François Hollande prend le risque de se couper davantage des classes moyennes qui ont construit son élection. »
 
… Manuel Valls aussi
 
Le Figaro, lui, concentre le tir sur Manuel Valls… Le Figaro qui s’est procuré le nouveau tableau de bord du ministre de l’Intérieur, un an après sa prise de fonction. (…) « Une centaine de pages de chiffres et de cartes en couleur, qui décrivent l’évolution des crimes et délits en France. » Or, constate Le Figaro, tous les indicateurs de ce tableau sont au rouge : « la violence augmente presque partout, la lutte contre les clandestins s’effondre, les patrouilles sont moins nombreuses et le taux d’élucidation diminue. »
 
Commentaire du journal : « la cote de Manuel Valls est inversement proportionnelle aux résultats qu’il obtient sur le front de la délinquance. Ceux-là sont si médiocres qu’ils ne devraient en aucun cas susciter pareille popularité. (…) À son arrivée Place Beauvau, Manuel Valls a récusé toute “politique du chiffre”, refusant de faire des statistiques le baromètre de son action. Il a tort, s’exclame Le Figaro. Agir ainsi est aussi irréaliste pour un ministre de l’Intérieur que de vouloir rendre la prison exceptionnelle quand on est garde des Sceaux… »
 
Bis repetita
 
Encore une affaire d’espionnage de journaliste… Et encore une fois, c’est un journaliste du Monde qui est visé : Gérard Darvet qui enquêtait en 2009 sur l’affaire du gang des barbares. Gérard Darvet dont le portable a été mis sur écoute par la police sur instruction de la juge chargée du dossier. « Quand la justice fait écouter les journalistes », s’indigne le quotidien du soir. Le Monde qui appelle de ses vœux une loi digne de ce nom protégeant le secret des sources : « à une époque où les progrès de la technologie permettent à la justice, à la police et aux services de renseignement de disposer de moyens de surveillance de plus en plus sophistiqués, il est essentiel, estime le journal, pour le bon fonctionnement de notre démocratie, que la loi garantisse le droit d’informer en toute liberté et en toute indépendance. La nouvelle affaire d’écoutes qui vise Le Monde montre que ce droit est régulièrement menacé. »

 

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