« L’histoire se répète », comme le souligne Le Pays au Burkina. « Décidément, la Centrafrique n’en finit pas avec ses rébellions à répétition. Après avoir annoncé, il y a quelque temps, depuis la France où il était en séjour, sa volonté de reconquérir le pouvoir par les armes, l’ancien président François Bozizé est passé à la manœuvre sur le terrain avec sa rébellion. » Finalement, rien de très étonnant, relève le quotidien burkinabé, « Michel Djotodia est tout sauf un homme d’Etat et donne finalement le sentiment que la seule finalité de sa rébellion, c’était la prise du pouvoir. Par son incapacité à maîtriser ses troupes et son incompétence à gérer le pouvoir, il donne une bonne raison à celui-là même qu’il a chassé par les armes, de lui rendre la monnaie de sa pièce. »
En tous les cas, « à terme, poursuit Le Pays, la Centrafrique aura besoin d’une conférence nationale souveraine, et cela en vue d’une catharsis qui favorisera le retour de tous les exilés politiques (…). Il faut que la RCA quitte ce cercle vicieux, abandonne cette fâcheuse propension à accéder au pouvoir par les armes, et revienne à de vraies valeurs démocratiques dans son aspiration à la paix et à la stabilité durables. »
« L’heure de la revanche a-t-elle sonné pour Bozizé ? », s’interroge pour sa part le site Guinée Conakry Infos. « Depuis son départ, la barbarie, l’arbitraire et l’insécurité généralisée sont érigée en maîtres en RCA par ceux-là mêmes qui promettaient le paradis aux Centrafricains. Est-ce cette incapacité notoire à se montrer à la hauteur des espoirs placés en ses successeurs qui aura convaincu François Bozizé à revenir ? Possible, estime Guinée Conakry Infos. (…) Il est fort probable, poursuit-il, que l’ancien président ait fini par trouver des alliés. (…) Visiblement, il se serait renforcé… auprès de la France ! La France qui semble être déçue par la gestion du pays par les hommes de la Séléka. Ainsi récemment, souligne le site guinéen, c’est à Paris même que François Bozizé a annoncé le début de la résistance à travers la mise en place du Frocca, le Front pour le retour de l’ordre constitutionnel en Centrafrique. »
Passéiste ou novateur ?
Au Mali, encore beaucoup de commentaires après l’annonce du nouveau gouvernement… Le Prétoire a fait les comptes : « le gouvernement d’Oumar Tatam Ly comprend 34 ministres, dont 19 nouveaux, 7 issus de la transition et 8 en poste sous les anciens présidents AOK et ATT. »
Une composition à priori équilibrée entre anciens et modernes. Toutefois, pas assez aux yeux de certains. Le site d’information Malijet affirme que cette nouvelle équipe gouvernementale « suscite beaucoup d’indignation chez les Maliens qui aspirent au changement. Ce nouveau gouvernement ne semble pas rassurer la majorité des Maliens qui rêvent d’un Mali nouveau. (…) Cela, pour plusieurs raisons, précise le site. Pour certains, avec cette équipe, il sera difficile pour le nouveau président de la République de rompre avec l’ancien système qui a mis le pays à genou. Car, elle est essentiellement composée de ceux-là même qui sont considérés comme les artisans du système mafieux qui a failli faire couler le bateau Mali. » Et Malijet de citer Moustapha Dicko, ministre de l’Enseignement supérieur, Soumeylou Boubèye Maïga, ministre de la Défense, qui est à son troisième tour au gouvernement, ou encore Berthé Aïssata Bengaly, ministre de l’Artisanat et du Tourisme. Qui plus est, rajoute Malijet, « les Maliens pensent qu’IBK a eu tort de former un gouvernement pléthorique qui sera sans nul doute budgétivore au moment où les caisses de l’Etat sont désespérément vides. »
L’Indépendant pointe, lui, les aspects novateurs de ce gouvernement malien, avec notamment « la création d’un portefeuille chargé de la Réconciliation nationale et du développement des régions nord, confié à Cheick Oumar Diarra, une personnalité très proche du chef de l’Etat. » L’Indépendant qui note aussi l’arrivée de Zaraby Sidi Ould Mohamed, « un ancien de la rébellion du Nord, qui prend en mains les Affaires étrangères, preuve, estime le journal, d’une volonté réelle de réconciliation. »
Enfin, pour L’Observateur au Burkina, mission accomplie pour IBK : « en confiant d’abord les rênes de l’équipe à Oumar Tatam Ly, ce cadre de la BCEAO à la voix basse et rassurante, il donne déjà un signal fort sur son orientation première : sortir le Mali de la léthargie économique. » Et pour ce qui du gouvernement, il « allie à la fois, estime le quotidien burkinabé, confiance, compétence, équilibre ethnique et, dans le cas du Mali, un mélange subtil d’origine confessionnelle. Là aussi, conclut L’Observateur, la scanographie de la nouvelle équipe fait entrevoir qu’IBK ne s’est pas parjuré, en réussissant ce gouvernement de large rassemblement ou plutôt cette alchimie qui semble répondre à l’attente de l’opinion. »

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