Changement de gouvernement en Algérie. « Sans doute le plus important, relève le quotidien Le Temps, par rapport aux autres mouvements similaires qui ont été opérés au sein du staff de l’Exécutif depuis l'accession de Bouteflika à la tête de la magistrature suprême du pays. » Au total, onze nouveaux ministres, des départs et des walis (des préfets) promus.

« Que s’est-il donc passé ? Est-ce que l’heure du changement a sonné en Algérie ?, s’interroge le site d’information Algérie Focus. Il ne faut certainement pas s’enthousiasmer car le gouvernement Abdelmalek Sellal II n’offre pas réellement des garanties de performance et de transparence. Deux anciens walis deviennent ministres alors que leur bilan à la tête de leur wilaya n’est pas forcément reluisant. Des ministres cités dans des affaires de corruption et de détournements de deniers publics ont été maintenus à l’image d’Amar Ghoul. Ceci dit, constate encore Algérie Focus, ce remaniement demeure historique non seulement de par son ampleur, mais par sa dimension politique. Il survient à quelques mois de l’élection présidentielle. Un contexte politique ô combien important. (…) Tout indique, conclut le site d’information algérien, que nous assistons à une recomposition des rapports de force qui font l’architecture du régime. Reste à savoir si Bouteflika sortira affaibli ou renforcé de ce nouvel épisode. Pour l’heure, il est encore tôt pour le savoir… »

Manœuvres secrètes

Il n’y a pas que le gouvernement à avoir subi un coup de balai : le président Bouteflika s’est également attaqué aux services secrets… C’est ce que rapporte le quotidien français Le Figaro ce matin. « Selon plusieurs médias, précise le journal, des décrets non publiés prévoient d’amputer le DRS (le Département du renseignement et de la sécurité), services secrets de l’armée et colonne vertébrale du système algérien, de plusieurs de ses prérogatives : l’information et la communication, et la sécurité de l’armée, dont les officiers et auxiliaires de police judiciaire seraient désormais rattachés à la justice militaire. En clair : ils ne dépendraient plus du mythique patron du DRS, le général Toufik Mohamed Lamine Mediene, 74 ans, mais du chef d’état-major de l’armée, le général Gaïd Salah, 80 ans, qu’un remaniement ministériel a désigné hier vice-ministre de la Défense nationale. »

Bouteflika veut-il vraiment réduire l’influence du puissant DRS ?
Pas si sûr… Toujours d’après Le Figaro, « certains (au sein du pouvoir) laissent entendre que ces changements à quelques mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de guerre de positions, sont en réalité le résultat d’un arrangement. 'Le DRS accepte de se retirer, et en contrepartie, aucun de ses officiers ne sera inquiété pour les affaires de corruption auxquelles ils sont inévitablement mêlés', estime Lahouari Addi, professeur à l’Institut d’études politiques de Lyon. »

Autre hypothèse, autre témoignage recueilli par Le Figaro : « Bouteflika ne fait la guerre aux services que pour asseoir son propre pouvoir, affirme un officier du DRS. On assiste là à l’ultime étape d’un démantèlement commencé en 2004. En échange, Toufik garde sa place et cautionne un quatrième mandat. Pour le moment, Toufik-Bouteflika, c’est 1 partout, balle au centre. »

Bref, conclut Le Figaro, « le scénario du quatrième mandat, complètement écarté après l’hospitalisation du président en avril dernier, revient donc en force. (…) Tout indique dans le nouveau gouvernement qu’Abdelaziz Bouteflika, 76 ans, compte se représenter. »

Trop tard ?

Enfin, la Centrafrique, objet, toujours, de bien des inquiétudes dans la presse africaine. Le site d’information Fasozine fait un triste constat : « après le drame silencieux de Bangui où les populations ne savent plus à quel saint se vouer pour leur sécurité physique et alimentaire, c’est au tour de celles du Nord-est d’être abandonnées à leur triste sort. Dans la région de Bossangoa, la vie est rythmée depuis le week-end dernier par des attaques de groupes armés se réclamant de l’ex-président François Bozizé et de représailles des combattants de la Séléka, la coalition rebelle au pouvoir. (…) Pour des Centrafricains qui ne demandaient qu’à vivre en paix après les turbulences politico-militaires de ces derniers mois, il s’agit-là d’une situation des plus difficiles à supporter, s’exclame Fasozine. Les populations auraient pu mettre leur espoir en la Force militaire d’Afrique centrale (Fomac) qui leur est promise. Mais encore faut-il que celle-ci ait le temps et les moyens d’installer son dispositif sécuritaire avant qu’il ne soit trop tard. »

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