Le parti d’extrême-droite organise son université d’été cette fin de semaine à Marseille. Et il «affiche ses ambitions», lance en manchette La Croix. Dans les colonnes du quotidien catholique, Jean-Pierre Raffarin accuse le Parti socialiste de faire la courte-échelle au parti présidé par Marine Le Pen. «Le PS fait tout pour gonfler les voiles du FN», affirme l'ancien Premier ministre UMP. Qui précise sa pensée : «le PS et le FN ont un intérêt commun, même si naturellement ce n'est pas la même chose. PS et FN, c'est un syndicat à vocation unique : affaiblir l'UMP», dénonce-t-il.

Front national : peur sur la ville

Ces accusations sont bien sûr en lien avec les élections municipales de 2014 en France. Justement. Selon un sondage de l’institut CSA, réalisé dans les villes de plus de 3500 habitants à six mois des élections municipales de 2014, et que publie ce vendredi matin Le Figaro, le Front national progresse de quatre points par rapport à un précédent sondage de mars 2013, pour atteindre 16 % des intentions de vote, tandis que le parti socialiste et ses alliés écologistes, qui sont au gouvernement, reculent globalement de 3 points pour atteindre ensemble 33 % de ces intentions. Même chose pour l’UMP et le nouveau centre, qui dirigeaient les affaires de la France jusqu’à la défaite de leur candidat Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2012, et qui perdent aussi 3 points pour passer de 38 à 35 % des intentions de vote.

«Cela paraît incroyable, s’effare Le Figaro. Aux dernières élections municipales, en 2008, les listes du Front national n’avaient totalisé que 0,97 % des voix dans les villes métropolitaines de plus de 3 500 habitants. Les 16 % dont il est aujourd’hui crédité (…) souligne la mue radicale opérée par le parti de Marine Le Pen. En six ans, il (…) est parvenu à nationaliser son implantation».

Le Figaro constate aussi que les états-majors de l'UMP et du PS «ne cachent plus leur inquiétude» car le Front national leur fait «de plus en plus d’ombre». Et les socialistes «redoutent de voir leur échapper une partie de leur électorat au profit du Front national».

Front national : poison et contrepoison

«Inquiétude» qui se fait donc également jour à gauche. Témoin la manchette du journal de gauche Libération, qui met en garde contre «le poison FN». Dans son éditorial, Libé met en garde contre la «prolifération du mal». Le quotidien enjoint la droite d’avoir «le courage d’établir un cordon sanitaire avec le FN. Peut-être même d’amputer un bras trop affecté par le poison». Mais, complète Libération, la gauche au pouvoir «doit aussi prendre sa part du traitement».

Sarko : le retour

C’est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy va réapparaitre bientôt en France. Selon le journal Le Parisien, l’ancien président français se rendra la semaine prochaine, le 18 septembre exactement, en Haute-Savoie, dans le sud-est de la France «non loin du plateau des Glières». Le quotidien précise que, ce jour-là, Nicolas Sarkozy «ira à Archamps, un bourg de 2 000 habitants situé au pied du mont Salève». Puis il déjeunera «au Grand-Bornand au restaurant Chez Suzanne».

Le Parisien ajoute que ce déplacement a été organisé «dans le plus grand secret» et que, vers la fin du mois de septembre, il donnera sa «première conférence rémunérée sur le sol français» à Cannes précisément, où il est invité par une filiale du groupe indien Tata. Commentaire du Parisien : «ce double retour sur le sol français fera sans doute jaser».

Budget : grand dessein, cigarette et pas de deux

En France, la presse continue de commenter le budget 2014 dont le gouvernement français a déjà dévoilé les grandes lignes. Budget qui laisse les journaux sur leur faim. Le budget 2014 ? «C’est un effort historique, emphatise Le Monde. Le président pourra dire que si la droite en a souvent rêvé, lui l’a fait !»

Mais ce coup de chapeau au volontarisme de François Hollande ne va pas sans un regret que tient à consigner le quotidien du soir. Certes, estime en effet Le Monde, «le premier, François Hollande aura brisé l’un des tabous les plus puissants de la gauche en s’attaquant à la dépense publique. Mais, en préférant serrer tous les boulons plutôt que de reconcevoir la machine publique, il s’interdit, pour l’instant, tout grand dessein modernisateur».

Quand à la presse de droite, elle demeure non moins droite dans ses bottes face aux annonces précoces faites en matière budgétaire par le gouvernement français. C’est ainsi que Le Figaro dénonce la «mortelle addiction» des socialistes pour les impôts. Le quotidien les compare à ces fumeurs qui «enchaînent cigarette sur cigarette» et qui disent à qui veut les entendre : «j’arrête demain».

A la cigarette, L’Opinion préfère la danse. Le journal estime que la «pratique hollandaise du pouvoir ressemble plus que jamais à une danse désordonnée». Et L’Opinion dénonce en vrac «les augmentations d’impôts que l’on promet ensuite de compenser par des baisses, la taxe diesel que l’on annonce pour y renoncer sans vraiment l’avouer, la baisse de la dépense publique qui se révèle n’être qu’une moindre hausse, (etc..). Entre ballons d’essais, fausses rumeurs, couacs et volte-faces, tout semble faux, truqué, biaisé. Pas franc», accuse L’Opinion..

Syrie : boit-sans-soif

Les négociations sur l’arsenal chimique syrien ont débuté à Genève. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov y sont réunis depuis hier pour tenter de trouver les moyens pour placer les armes chimiques de Bachar el-Assad sous contrôle international. Dans l’attente, la presse française se borne ce matin à rapporter le contenu de l’entretien accordé à une télévision russe par Bachar el-Assad. Le dictateur syrien pose des conditions au contrôle de son arsenal chimique. Il demande aux Etats Unis de cesser leurs menaces. Il exige aussi l'arrêt des livraisons d'armes américaines à la rébellion. Mais Washington renouvelle ses menaces d'intervention en cas d'échec de la diplomatie, résument les journaux français.

A Genève, en tout cas, c’est Moscou qui « mène la partie », souligne Le Figaro. Le journal anticipe un dialogue « âpre et tendu » entre John Kerry et Sergei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères dont il brosse un portrait flatteur. Un diplomate « nourri au lait de la grande tradition soviétique » et qui a fait ses classes à l’Institut des relations internationales de Moscou. Lavrov y a même composé des vers que les étudiants de cette école chantent chaque année, et qui affirment qu’un pour être un bon diplomate, il faut « étudier goulûment et boire jusqu’à plus soif ».

Syrie : la question qui sauve

Peut-on encore en dire autant des bons journalistes ! Et si c’est le cas d’une de nos consœurs américaine. Mais en tout cas, la journaliste dont Le Parisien fait grand cas ce matin est à l’honneur en ce moment à cause, ou grâce, à la Syrie !

Margaret Brennan, c’est son nom, officie à CBS, grande chaîne de télévision aux Etats-Unis. Elle est une «jolie reporter», souligne le quotidien. Ca n’est toutefois pas pour sa plastique que notre «jolie» consœur a droit au honneur de la presse en ce moment, mais pour un vrai fait d’armes, c’est le cas de le dire, en l’occurrence une question qui a tout changé dans le dossier syrien.

Dans notre métier, on parle souvent de la question qui tue. Mais-là, c’était plutôt le contraire. A tel point que certains internautes suggèrent que Margaret Brennan dépose sa candidature… «au prix Nobel de la paix», énonce Le Parisien. Lors d’une conférence de presse à Londres lundi dernier, la journaliste de CBS a en effet posé à John Kerry la question suivante :«Existe-t-il quelque chose, à ce stade, que le gouvernement [syrien] puisse faire ou offrir qui permette d’éviter une attaque?». Réponse du secrétaire d’Etat américain : «Bien sûr, il pourrait remettre chaque élément de son arsenal chimique à la communauté internationale dans la semaine à venir et autoriser une vérification totale». La suite ? «Quelques heures plus tard, les Russes sautent sur l’occasion et reprennent l’idée à leur compte », explique le quotidien, qui se demande tout de même si la Maison-Blanche n’a pas «encouragé, voire suscité, la question de Margaret Brennan pour forcer une issue diplomatique». Allez savoir..

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