« La rentrée du professeur Hollande », titre Libération, plutôt critique après la prestation du chef de l’Etat hier soir sur TF1. « A force de pédagogie, le propos a perdu de sa force. Convaincant sur la politique étrangère, Hollande a manqué de souffle, estime Libération, pour fixer le cap d’une éventuelle embellie économique et pour rassurer ceux qui doutent ».

Libération qui voit deux François Hollande : « L’un pour l’extérieur, l’autre pour l’intérieur. Car, à première vue, les deux ne se ressemblent pas du tout. Le premier parlerait clair, déciderait vite et assumerait la prise de risque. (…) Le second président, poursuit le journal, celui des affaires intérieures, nous a habitué au contraire à souvent dissimuler la prise de décision derrière la tactique politique. A attendre que 'cela se fasse', selon les mots d’un ministre, plutôt qu’annoncer ce 'qui va se faire' ». Bref, une double attitude que Libération traduit par cette formule : « Dur dehors et mou dedans »

Une double attitude que remarque également L’Est Républicain : « Le hic, c’est que les entretiens télévisés fourre-tout révèlent les contrastes. Autant l’attitude du chef de l’Etat fut d’inspiration gaullienne dans l’évocation des affaires du monde, autant celle de notre politique intérieure l’a conduit hier à louvoyer pour ne fâcher personne, comme trop souvent ».

Sud-Ouest renchérit : « C’est là tout le paradoxe de ce président, plus entêté qu’on ne veut bien le dire, moins matamore que certains le voudraient. Il décide vite et fort sur le théâtre des opérations extérieures (Mali, Syrie), mais laisse volontiers du temps au temps à l’intérieur des frontières ».

En tout cas, François Hollande a-t-il été convaincant ? Les avis sont partagés…Pour ce qui est de la Syrie, « parler au lendemain de l’accord américano-russe sur les armes chimiques syriennes lui a permis de dire que la menace de recourir à la force avait 'payé', relève Ouest-France, qu’une 'réaction était nécessaire' pour convaincre les Russes de bouger. (…) Ainsi, François Hollande a-t-il profité de ce moment diplomatique pour justifier ses positions des dernières semaines et repositionner la diplomatie française sur les rails de l’Onu. En somme, conclut Ouest-France, pour dénicher une cohérence entre les frappes sans l’Onu d’hier, et les résolutions de l’Onu de demain. »

Plus critique La Montagne : « François Hollande a martelé la volonté de notre pays de soumettre une 'résolution forte' au Conseil de sécurité. En compagnie de Laurent Fabius, il va en débattre aujourd’hui avec les chefs de la diplomatie américaine et britannique, relève le quotidien du Centre. Il veut croire que la France va encore pouvoir dicter ses volontés. Vaine prétention. Il est plus probable, estime La Montagne, que notre général en chef devra se cantonner à un rôle de greffier en chef. »
Sur le plan intérieur, à présent, « il s’agissait d’adoucir le choc à l’heure où les Français reçoivent leur feuille d'impôts, relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. François Hollande s’est donc voulu pédagogue et surtout rassurant. Autant qu’on peut l’être dans ces cas-là. Technicien aussi, perdant volontairement un peu son auditoire sous une énumération de chiffres. Désireux de relâcher la pression, il a martelé les habituels mantras ('Nous sommes tout près du but', 'Nous sommes sur le bon chemin') qui, pour le coup, ne porteront que lorsque les chiffres parleront vraiment. On n’en est pas encore là ».

Un coup pour rien ?

Qui plus est, le président n’a rien annoncé de fracassant…« Difficile de faire rêver avec la vague annonce d’un allègement des premières tranches de l’impôt sur le revenu, soupire Le Républicain Lorrain. Ou celle d’un crédit d’impôt pour la rénovation thermique ! L’instit' a fourni un honnête travail. Mais en cette saison où les feuilles d'impôt se ramassent à la pelle, il en faudra plus pour convaincre des contribuables moins préoccupés par la crise de la dette souveraine que par celle de leur pouvoir d’achat. Un coup pour rien. »

Le Courrier Picard n’est pas d’accord… François Hollande, estime-t-il, « s’est montré offensif en matière fiscale. En quelque sorte, pour montrer à défaut de guerre en Syrie, que le combat pour préserver le pouvoir d’achat avait bien été gagné. Pas forcément convaincant, mais tactiquement réussi pour contrer le sentiment de 'ras-le-bol fiscal' qui nimbe cette rentrée. »

En fait, conclut Le Journal de la Haute-Marne, « la question est de savoir si les électeurs verront aux prochaines municipales la bouteille à moitié pleine ou la bouteille à moitié vide. D’ici là, le dossier syrien aura forcément évolué. On saura en particulier si la diplomatie française aura repris du poil de la bête face à l’activisme exclusif américano-russe. D’ici là encore, on verra si la courbe du chômage s’est finalement inversée. François Hollande est parfaitement conscient qu’il est attendu sur ces terrains-là par l’opposition. Il a d’ailleurs allumé un contre-feu, relève encore Le Journal de la Haute-Marne : mine de rien, au nom des grands principes, il s’est invité dans les débats internes de l’UMP concernant les rapports avec le FN. Une manière d’appuyer là où ça fait mal. »

Fillon continue de semer le trouble

Justement, ce débat sur le Front National au sein de la droite fait la Une du Figaro… « FN : la question qui déchire la droite », titre Le Figaro. « La (récente) prise de position de François Fillon, désormais hostile au 'ni-ni' et au 'front républicain' dans les cas de second tour entre un FN et un PS, suscite des réactions virulentes », relève le journal.
Alors, comment se positionne le quotidien d’opposition ? Le Figaro est plutôt indulgent envers l’ancien Premier ministre : « Quand le FN progresse à vive allure, dopé par la politique du gouvernement, lorsqu’il élimine le PS au premier tour des élections partielles, lorsqu’il attire à lui des électeurs UMP déçus par le quinquennat précédent, doit-on faire comme si rien de tout cela n’existait ? La sortie de l’ancien Premier ministre a le mérite de rappeler à la droite, relève Le Figaro, que, si elle veut gagner demain, elle ne peut plus ignorer les souhaits de ses électeurs. Ils exigent qu’elle soit de droite dans l’opposition, mais surtout qu’elle ne perde pas son âme lorsqu’elle est au pouvoir. (…) Nicolas Sarkozy avait agi ainsi en 2007. François Fillon reprend cette stratégie aujourd’hui. Faut-il, conclut le quotidien d’opposition, lui reprocher de vouloir faire gagner son camp ? »

GTA V arrive !

Enfin c’est l’événement pour des millions de fans dans le monde : Libération y consacre pas moins de trois pages ! Tout cela pour un jeu vidéo…Mais quel jeu : GTA V sort demain dans le monde entier. « Claque majeure », titre Libération. Et pour cause, nous rappelle le journal, « GTA IV avait déjà décroché la timbale ultime : c’est, à ce jour, l’objet culturel le plus rentable jamais produit. Le jour de sa sortie, le jeu avait déjà rapporté plus de bénéfices que Pirates des Caraïbes 2, blockbuster de l’époque, sur toute sa période d’exclusivité… En une semaine, 6 millions d’exemplaires de GTA IV étaient écoulés, pour un chiffre d’affaires dépassant les 375 millions d’euros. » Alors, « aujourd’hui, constate Libération, alors que le parc installé de consoles PS3 et Xbox, et donc le nombre de joueurs potentiels, a considérablement augmenté, on ne voit pas bien ce qui pourrait empêcher GTA V de faire mieux, voire beaucoup mieux. Selon certains analystes, 25 millions d’exemplaires pourraient être vendus au cours de sa première année de commercialisation, pour des recettes estimées à 1,1 milliard d’euros. »

Au fait, pour les non-initiés, quel est l’objet de ce jeu ? Le joueur incarne un personnage virtuel lâché dans un univers urbain et qui peut faire en gros ce qu’il veut…« Evidemment, la violence constitue la question la plus délicate à négocier, relève Libération, quand il s’agit du jeu vidéo, toujours sommé de rendre des comptes à propos de sa moralité - exactement comme la littérature ou le cinéma avant lui. Il est vrai que, lâché dans la jungle de GTA V, le joueur pourra braquer n’importe quel véhicule et canarder tout ce qui bouge…mais il n’ira pas bien loin en agissant ainsi, et passera même complètement à côté de l’aventure s’il persiste uniquement dans cette voie. Contrairement à une idée répandue par l’ignorance, GTA n’est pas un jeu immoral, estime Libération, il est au contraire sous-tendu par une vision politique extrêmement cohérente. »

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