
« Le piège s’est refermé sur l’UMP, constate Le Monde. Engagée depuis plusieurs années, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, sur une ligne droitière qui avait rejoint les aspirations de sa base militante, le parti créé par Jacques Chirac ne sait plus comment se situer vis-à-vis du FN. Conséquence de cette perte de repère, poursuit le quotidien du soir : le tête-à-queue opéré sur le sujet par François Fillon. L’ex-lieutenant du Philippe Seguin est passé sans barguigner du “ni-ni”, qui consiste à ne voter ni pour le PS ni pour le FN en cas de duel au second tour d’un scrutin, au “ou-ou”. »
Alors pourquoi ce revirement de François Fillon ? Pour Le Journal de la Haute-Marne, ce « changement de cap est commandé par l’évolution idéologique des militants UMP : une forte majorité se prononce dans les sondages en faveur de relations normalisées et décomplexées avec le FN. Ce faisant, l’ex-Premier ministre se replace au centre du débat. »
« Fillon a pris un risque calculé, complète Le Télégramme. La banalisation de l’extrême-droite, qui lui vaut la faveur d’un tiers des Français, selon le sondage de Valeurs actuelles, ne peut plus être occultée. D’ailleurs, selon un sondage BVA pour i-Télé, 70 % des sympathisants de droite approuvent ce changement de stratégie. Fillon s’est donc souvenu qu’avant de concourir à l’élection présidentielle, il devait remporter la primaire à droite. »
Un calcul politique très dangereux, estiment ce matin de nombreux commentateurs… « L’ancien Premier ministre ne fait pas que brouiller son image ou renier son parcours ; il provoque aussi une nouvelle et profonde crise à l’UMP, affirme Sud Ouest. (…) Pour prendre de vitesse Nicolas Sarkozy dont il est désormais le rival potentiel, il tente un coup. Pour doubler son autre concurrent, Jean-François Copé, qui s’offre aujourd’hui le beau rôle du rassembleur, il renverse la table. Mais, relève Sud Ouest, celle-ci pourrait bien lui retomber sur les pieds. Et faire, en se fracassant, des dégâts dont la maison UMP, déjà bien fragile et sans véritable patron, n’avait vraiment pas besoin. »
L’Humanité s’indigne : « François Fillon a surpris son monde en entrouvrant la porte à des alliances alors qu’il incarnait l’UMP, droite dans ses bottes républicaines. S’il est convaincu, l’heure est grave. (…) Instrumentaliser la République à des fins politiciennes constitue un jeu très dangereux. »
Amputer ?
En clair, formule Ouest France, « François Fillon prend le risque d’un éclatement de la droite. On n’imagine pas des Européens aussi convaincus que François Bayrou et Jean-Louis Borloo cautionner des valeurs et un projet aux antipodes. On ne conçoit pas que les modérés de l’UMP, les ex-UDF surtout, avalisent pareille dérive. »
Du coup, pour Libération, il faut amputer… Libération qui voit en Alain Juppé un chirurgien providentiel : « en rappelant aux responsables de son parti et à leurs bataillons que la droite ne partage rien des valeurs et des références du Front national et que son programme économique est une aberration, Alain Juppé a fait plus que tirer une sonnette d’alarme. Il a marqué la distance entre une partie de l’UMP, déjà contaminée par le poison mortel du FN, et une autre, encore fondée sur ses principes. Juppé et ses amis doivent désormais aller au bout du raisonnement et acter la rupture, s’exclame Libération. C’est l’amputation d’une partie de son corps gangrené que la droite républicaine doit pratiquer pour espérer survivre. »
Le Figaro, lui, prend soin de ne prendre parti ni pour les uns ni pour les autres au sein de l’UMP. Le Figaro qui se contente de relever que « les optimistes rappelleront qu’un parti qui a résisté à la guerre Fillon-Copé saura se remettre d’une nouvelle turbulence. Et que les pessimistes redouteront une implosion définitive de la droite. »
Pour autant, rappelons qu’hier, le quotidien d’opposition était plutôt clément envers François Fillon. « Faut-il lui reprocher, affirmait-il, de vouloir faire gagner son camp ? »
Enfin, conclut L’Eclair des Pyrénées, « à ce jeu dangereux auquel se livrent la quasi totalité des chefs de la droite, il ne saurait y avoir que des perdants, et une seule gagnante, Marine Le Pen. Celle qui est parvenue à dé-diaboliser sa formation politique peut attendre sereinement les prochaines échéances électorales. Pour le plus grand malheur de notre démocratie. »
2 000 milliards !
On revient au Figaro qui annonce un endettement record de la France. « La dette de la France frôlera les 2 000 milliards en 2014 », s’exclame le journal en Une. Le Figaro qui a pu se procurer apparemment des chiffres fiables, à une semaine maintenant de l’annonce officielle par le gouvernement de la prévision d’endettement. Ce chiffre record de 2 000 milliards est « éloigné, juge Le Figaro, de l’estimation que le gouvernement avait envoyée au printemps dernier à la Commission de Bruxelles. Un tel niveau reflète une hausse, en valeur, de plus de 120 milliards en deux ans. »
Et le quotidien d’opposition de dénoncer ce qu’il appelle « un puits sans fond (…). Ce gouffre de la dette ruine la France. Chaque année, elle consacre près de 50 milliards d’euros au paiement de ses seuls intérêts, soit l’équivalent de l’impôt sur les sociétés. La vérité, s’exclame encore Le Figaro, c’est aussi que notre pays ne s’endette pas pour investir et préparer l’avenir, comme on l’enseigne dans toutes les bonnes écoles de gestion. Il le fait pour financer un modèle d’État-providence dont il n’a plus les moyens. »
Plus optimistes…
« Les Français croient à la sortie de crise » : c’est le grand titre de La Croix. D’après un sondage Ifop publié par le quotidien catholique, « les Français, qui se sentent moins affectés que leurs voisins d’Europe du Sud, jugent la situation moins grave qu’il y a deux ans. »
Par ailleurs, « ils sont plus nombreux à penser que l’appartenance à l’Union européenne n’est pas une bonne chose. »
Pour autant, « l’euro remporte partout la majorité des suffrages, relève encore La Croix. De l’Allemagne à l’Espagne en passant par l’Italie et la France, seule une minorité souhaite l’abandonner pour un retour à la monnaie nationale. »
Quel degré de contrainte ?
L’arme chimique a bien été utilisée en Syrie… « Les enquêteurs de l’ONU ont confirmé hier l’usage “indiscutable” de gaz sarin le 21 août dernier, relève Libération. De quoi appuyer, estime le journal, une résolution placée sous le chapitre VII de la charte des Nations unies, qui prévoit le recours à la force. » Toutefois, la Russie y est fermement opposée… « “Les négociations ne vont pas être faciles”, lâchait un diplomate occidental, hier. Ont-elles même une chance de réussir ? Et quel est le plan B en cas d’échec ? », s’interroge Libération.
Le Figaro s’interroge également : « quel sera le degré de contrainte qui pèsera sur le régime de Damas s’il rechigne à éliminer ses armes chimiques ? Le flou persistait sur cette question cruciale, constate le journal, à l’issue de la rencontre hier à Paris entre John Kerry, William Hague et Laurent Fabius. »
Braque retrouvé
Enfin on reste avec Libération et Le Figaro qui rendent un hommage appuyé à Georges Braque… Rétrospective Braque au Grand-Palais à Paris. On n’avait pas vu autant d’œuvres du cubiste français depuis 40 ans. C’est « la revanche du second pinceau », s’exclame Le Figaro. « Picasso, ogre absolu, a estompé Braque, son cher “compagnon de cordée”, relève le journal. Certes, Braque a toujours été tenu par les connaisseurs pour un maître de très haute qualité, peut-être même le dernier des Français novateurs d’envergure internationale. Heureusement au Grand Palais, le voilà seul. Plus de concours, de concurrence. Pour le grand public, c’est l’occasion de le réévaluer. »
Libération, lui, est saisi par la richesse de l’œuvre de Braque et laisse parler Apollinaire qui, dès 1908, écrivait cette apologie : « Il s’efforce avec passion vers la beauté et il l’atteint, on dirait sans effort. »

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