C’est vêtu d’une cape rouge et d’un maillot bleu floqué d’un «S» rouge sur fond jaune qu’apparaît cette semaine le président russe en Une de Marianne. Poutine Superman ? Le journal ne décolère pas contre la «diplomatie occidentale» qui a réussi l’exploit de transformer «le tsar du Kremlin (en) champion de la paix en Syrie». «Il aura suffit de vingt-quatre heures, ce fameux lundi 9 septembre, pour que le maître du Kremlin revienne au centre du jeu» en Syrie, regrette Marianne.

Ce jour-là, en effet, sortie comme un lapin d’un chapeau ou plutôt récupérée de main de maître par l’homme fort de Moscou, l’idée du contrôle de l’arsenal chimique de Bachar el-Assad a retourné la situation sur le dossier syrien et renvoyé celle des frappes militaires contre la Syrie aux calendes grecques. La suite, on la connaît.

Et depuis hier, à Genève, Américains et Russes ont effectué ce que Le Parisien Dimanche appelle une «percée décisive» sur le dossier syrien en concluant «l’accord qui peut éviter les frappes» en prévoyant le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

Résultat : «M. Niet» de l’ère postsoviétique, comme L’ Express a baptisé Vladimir Poutine, a raflé la mise. Monsieur Niet, autrement dit «Monsieur non», en russe, c’était le surnom du ministre des Affaires étrangères de l’URSS, Andreï Gromyko, rappelle le magazine, car il était réputé pour «sa propension à faire usage de son droit de veto» au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

En bon judoka qu’il est, Vladimir Poutine sait jouer des «faiblesses de ses adversaires pour les déséquilibrer », admet L’Express, qui constate aussi que le président russe a réussi à instiller dans les esprits, en Russie et au-delà, «l’idée qu’Al-Qaeda contrôlait la rébellion syrienne».

Syrie : quand tombent les têtes

Justement, des images insoutenables viennent écorner une fois encore cette semaine, l’image de la rébellion syrienne. Images que publie Paris-Match et qui montrent la décapitation d’un nervi de Bachar el-Assad le 31 août dernier dans la ville d’Azaz au nord de la Syrie. Au milieu d’une foule de voyeurs, l’homme est supplicié au sabre, et le bourreau, précise le magazine, achève son travail au couteau. Puis sa tête est brandie en trophée, avant d’être posée sur son cadavre, sous le regard d’enfants installés aux premiers rangs de la scène. Choc des photos, oui, et une question, que se pose Paris Match, fallait-il montrer ces images «révoltantes» ? Visiblement, le journal a choisi de le faire, même si, admet-il, les deux camps «se livrent à la propagande».

Syrie : la fermeté réfléchie de Hollande

De la Syrie, il en sera question ce soir sur TF1, chaîne française de télévision, où François Hollande doit parler. Pour la première fois devant les Français, le président s’exprimera sur la Syrie. Ce soir, François Hollande va «défendre sa méthode de fermeté réfléchie mêlant le recours aux frappes militaires aux pressions diplomatiques», croit savoir Le Parisien Dimanche. Et il devrait «exiger  des précisions sur la façon dont le stock d’armes chimiques du régime syrien va être détruit», anticipe le journal.

France : le coup de pouce de Hollande

Et puis le chef de l’Etat devrait ouvrir les autres dossiers de la rentrée. Selon Le Journal du Dimanche, le président «devrait annoncer ce soir le principe d’un geste en faveur du pouvoir d’achat». L’hebdomadaire évoque deux formules possibles, celle d’une «décote», une ristourne réservée aux bas salaires ou celle d’un «coup de pouce» sur la prime pour l’emploi.

France : avertissement nucléaire

En France encore, la question de la sûreté nucléaire est posée ce matin. Pas d’incident ou d’accident à signaler dans le parc électronucléaire français, mais cette déclaration au Journal du Dimanche du président de l’Autorité de sûreté nucléaire. Pierre-Franck Chevet, c’est son nom, affirme dans les colonnes de l’hebdomadaire qu’en France, «on peut avoir une anomalie grave, de la corrosion ou une fuite, sur cinq à dix réacteurs». Le patron de l’ASN juge ce scénario «plausible, voire réaliste, et en tout cas pas impossible». Et il appelle le gouvernement français à décider rapidement de ses choix énergétiques. «Dans l'année qui vient, il faudra trancher sur les moyens de production électrique à construire, qu'ils soient nucléaires, au gaz ou renouvelables», martèle Pierre-Franck Chevet, qui souligne au passage que la centrale nucléaire du Tricastin, dans le sud de la France, «a des défauts sur sa cuve» et que «les choses» doivent avancer «très rapidement» au sujet de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, dans l’est de la France.

Suisse : secret en péril

Non loin de là, en Suisse, le secret bancaire n’est plus ce qu’il était. Selon Le Parisien Dimanche, «depuis quelques mois», les banques suisses «organisent elles-mêmes la chasse aux évadés fiscaux». Le journal publie un extrait d’un courrier confidentiel adressé le 29 août dernier par la banque UBS à ses «milliers» de clients français. Les destinataires doivent retourner à UBS une attestation «de moralité». Un document qui doit être «signé par un avocat, un notaire ou un expert-comptable autorisé à exercer en France». Pour Le Parisien, c’est une «révolution».

CPI : cour des miracles

La Cour pénale internationale. La presse hebdomadaire évoque cette semaine les récentes difficultés de la juridiction planétaire basée à La Haye. Inaugurant sa nouvelle formule par un dossier de une consacré aux «50 qui changent le monde», Le Nouvel Observateur inscrit notamment à son tableau d’honneur la gambienne Fatou Bensouda. Mais c’est pour mieux souligner que la procureur de la CPI a la «lourde tâche de redresser l’image de la justice internationale». Portant le fer dans plaie, Le Nouvel Obs relève les principaux griefs adressés à la CPI et place Fatou Bensouda face à un «défi que beaucoup qualifient de rêve d’idéaliste : faire régner la justice sur le monde».

De son côté, Marianne se demande si la CPI est «contre les Africains». Evoquant le vote, par les députés kényans, d’une motion de sortie du Kenya du traité établissant la Cour pénale internationale, l’hebdomadaire relève que le président et le vice-président kényans «ont convaincu leurs homologues de l’Union africaine de demander le rapatriement (de leur procès prévu à la CPI) devant la justice kényane». Et Marianne d’estimer que «le cas Gbagbo a révélé toutes les incohérences, de forme comme de fond, de la CPI, considérée par ses détracteurs comme une justice des 'vainqueurs'».

Afrique : high-tech low cost

Un téléphone portable dernière génération et pas cher, un smartphone comme on dit, mais à un prix abordable, ça existe. Il y en a un qui vient d’Afrique. Quitte à parler anglais avec le smartphone, continuons avec le low cost. On le connaissait dans les compagnies aériennes, le voilà qui arrive dans la téléphonie mobile. «Car en Chine et en Afrique, des marques s’emparent aussi du credo 'smartphone accessible' », constate M, le magazine du journal Le Monde, hebdomadaire dans lequel on fait la connaissance de Vérone Mankou. Après sa tablette tacticle, ce patron d’une société congolaise commercialise sous la marque Elikia le «premier smartphone africain». Son prix : 120 dollars, soit environ 90€. «80 % des Africains devraient être connectés d’ici à 2015, énonce M, (mais) le prix reste un facteur-clé». Et comme les smartphones importés supportent des droits de douanes, il y a un créneau pour le téléphone «made in Africa». Pas faux, mais le smartphone une fois connecté, reste encore à savoir qui, en Afrique ou ailleurs, et mois après mois, établira la facture.

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