Très photogénique, la détermination des basketteurs français a droit à rien moins que la moitié de la Une des quotidiens L’Equipe et Le Parisien. Rien de plus normal, surtout pour le premier, tant leur exploit en demi-finale contre l’Espagne vendredi soir à Ljubljana en Slovénie a enthousiasmé nos confrères du quotidien sportif, lesquels ont retiré de ce match un «plaisir total». C’est en effet la manchette de L’Equipe, que ce «plaisir total» (!) provoqué par la victoire de la France, par des Bleus revenus «de nulle part», tant ils étaient menés à la mi-temps, mais aussi par un Tony Parker «génial» (je continue de citer L’Equipe, bien sûr), et j’en passe. Cette demi-finale à l’allure de finale, c’est «un mur (qui) est tombé», lance carrément le journal ! Bon. Ne mégotons pas, les superlatifs des grands jours sont à la mesure du plaisir des confrères du quotidien sportif français.

Le Parisien n’est pas en reste. A la une, Tony Parker en action, ballon en main, se riant de trois géants espagnols qui tentent, en vain, de barrer la route au meneur de jeu français, lequel, le regard farouche, va, on le devine, passer quand-même, et ce titre : «Enorme !». Les Français, il est vrai, ont éliminé les doubles champions d’Europe en titre, les Espagnols, qui «ont pris une claque», constate le correspondant du Parisien à Madrid, qui a suivi la demi-finale dans un bar de la capitale. A l’épilogue, un consommateur du nom de Juanjo lâchera-même cette expression toute de dépit au journaliste français : «allez, cet Euro, on vous le laisse», en riant jaune, avant de «claquer la porte du bar».

Cet Euro, on vous le laisse ? Muchas gracias, caballeros ! Mais reste encore à gagner la finale. «Un rêve bleu à poursuivre» demain, contre la Lituanie, rappelle tout de même Le Figaro. Tout de même... Et à suivre donc..

Centrafrique : au cœur des ténèbres

C’est le journal Libération qui est allé se rendre compte sur place que la capitale centrafricaine vit «la peur au ventre». Le journal y a en effet trouvé une situation de «chaos total». Et pose des questions pour les jours qui viennent. «Y enverra-t-on des Casques bleus ? Le pays sera-t-il placé sous tutelle, comme le préconisent certains ? Ou bénéficiera-t-il simplement d’une aide humanitaire renforcée ? 600 000 enfants sont aujourd’hui en péril». Libé l’a constaté au centre pédiatrique de Bangui où la petite Naomi-Exaucée vient de naître. «Posé sur son lit d’hôpital, ce bébé, si petit qu’on pourrait le tenir dans la paume d’une main, est atteint de malnutrition sévère, dans un pays où la nature affiche pourtant une générosité insolente. Un paradis vert où tout pousse et dont le sous-sol regorge de richesses : or, uranium - un temps exploité par la France - et ces fameux diamants qui valent au visiteur une fouille scrupuleuse à l’aéroport au moment de quitter le pays. Comme la plupart des Centrafricains, Gisèle, la mère de Naomi-Exaucée, n’en a jamais vu la couleur».

Mercredi se tiendra à New York une réunion consacrée à la Centrafrique. Un projet de résolution sera au menu des discussions de l’Assemblée générale des Nations unies. Mais «il se heurte, dans son volet financier, aux réticences des Anglo-Saxons, qui restent polarisés sur la Somalie en matière d’opérations extérieures onusiennes en Afrique», remarque Le Figaro, qui annonce que la France «va s’engager davantage». Comment pourrait-il en être autrement tant la Centrafrique «a longtemps été une chasse gardée de la France et un symbole de la 'Françafrique'», souligne Le Figaro. Elle s’est enfoncée au fil des décennies dans le marasme économique et l’instabilité politique. Une longue descente aux enfers».

Allemagne : chronique d’une victoire annoncée

J-1 pour les élections et la suite de la chronique d’une victoire annoncée pour Angela Merkel. La chancelière sortante est en passe d’être reconduite dans ses éminentes fonctions pour un troisième mandat. Angela Merkel et la CDU sont «certaines d’arriver largement en tête dimanche», tranche Le Figaro. Car les derniers sondages placent les conservateurs dans la zone des 40 % des intentions de vote. «Mais ce ne sera pas suffisant pour gouverner seuls. Il leur faudra des alliés et la bataille est serrée», rappelle le quotidien.

Ces élections, en tout cas, offre l’occasion aux les lecteurs français de mieux faire connaissance avec la chancelière.

Le Monde brosse le portait de la chancelière «prussienne protestante». Portrait politique mais aussi portrait intime. On y apprend ainsi que sa résidence secondaire à 100 km de Berlin est d’une «modestie confondante», et qu’on y accède par une «méchante petite route pavée», ou encore qu’elle a peur des chiens, que le président russe Vladimir Poutine le sait et qu’il a fait exprès de venir à un entretien avec elle accompagné de ses molosses.

Pape : nouvelle casuistique

Le pape François a accordé vendredi un entretien aux revues jésuites de seize pays d’Europe et d’Amérique, dans lequel il prône l’ouverture. Ouverture vis-à-vis des divorcés remariés, des homosexuels, des couples non mariés comme des femmes ayant avorté.

Six mois après son élection, le souverain pontife poursuit, par petites touches, un «aggiornamento» non pas de la pensée de l’Eglise catholique, mais de sa «façon d’être dans le monde», apprécie justement Le Monde. Ce faisant, explique le quotidien, le pape «fait clairement passer la doctrine sociale de l’Eglise catholique avant sa doctrine morale». Alors, sur quoi cela va-t-il déboucher ? «S’il accompagne son nouveau discours (…) d’une nouvelle pratique, plus collégiale, du pouvoir (au sein de l’église catholique), il ouvrira une ère nouvelle», espère Le Monde.

Cigarettes : fumant lobby

Les fabricants de cigarettes fichent les eurodéputés. Le journal Le Parisien publie des fac-similés de documents récents montrant comment le groupe Philip Morris, leader mondial du secteur, avec la marque Marlboro, «a fiché les 74 députés français» siégeant au Parlement européen. Fichage qui constitue une «atteinte aux libertés publiques», dit dans le quotidien le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Contacté par Le Parisien, Philip Morris «n’a pas souhaité réagir», complète le journal.

Tapie : le facteur

Bernard Tapie, c’est ce célèbre homme d’affaires et ancien ministre de François Mitterrand empêtré dans une affaire d’arbitrage contre la banque Crédit Lyonnais au sujet de la revente, jadis, de l’équipementier sportif Adidas.

Libération affirme avoir «eu accès» au dossier judiciaire. Selon le journal, les «investigations ont confirmé (…) l’implication personnelle (de l’ancien ministre et secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant) dans le suivi du dossier» Tapie. «Implication» que ce dernier minimise. Joint par Libé, Bernard Tapie ironise : «On lui prête beaucoup d’influence et de compétence, mais il a joué un simple rôle de facteur», dit-il. Claude Guéant, que le quotidien baptise le «Guéant manitou», devenu «simple facteur» ? A se demander si Tapie ne nous prend pas pour des timbrés.

Fiche Pays :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction

Fermer