
Avec un retour sur ce cauchemar qui a duré quatre jours. La prise d’otages au centre commercial de Nairobi le 21 septembre est en effet à la une du Journal du Dimanche. « Retour à Westgate Mall », titre l’hebdomadaire, qui raconte sur deux pages entières ce « cauchemar de quatre jours » qu’a vécu le Kenya cette semaine. Outre le récit de cette boucherie qui a fait 67 morts et 61 disparus, Le Journal du Dimanche énonce les questions qui se posent à présent, et qui n’interpellent pas seulement les autorités kenyanes mais, au-delà, une bonne partie de l’Afrique : « comment un tel arsenal utilisé par les terroristes a-t-il pu être amassé sur le territoire kenyan ? Comment deux citoyens américains d’origine somalienne, pourtant fichés et membres du commando, ont-ils pu pénétrer sur le sol kényan et échapper à la vigilance des services de sécurité kényans ? » Leurs patrons seront entendus dans la semaine par une commission d’enquête parlementaire. « L’union nationale affichée jusqu’alors risque de se lézarder », prédit Le Journal du Dimanche.
Al-Qaeda : menace sur l’Afrique
Quelles sont les leçons à tirer de ce massacre ? C’est Marianne qui pose la question. Et qui y trouve une réponse politique. Après cette sanglante et interminable prise d’otages par un commando de chebabs somaliens, l’hebdomadaire estime qu’au-delà de l’engagement du Kenya en Somalie que les terroristes voulaient, par ce bain de sang, « punir », il convient de rappeler que cela fait maintenant deux décennies que la Somalie, « pays virtuel », est devenu un territoire ingouvernable, livré aux luttes de clans à l’intérieur, mais aussi, en raison de sa position stratégique, soumis aux intérêts des grandes puissances comme des puissances régionales voisines que sont l’Ethiopie et l’Erythrée. Mais en Somalie, souligne Marianne, l’opposition est toujours « restée fantomatique, au seul bénéfice des clans et factions ». Et rien n’a pu « domestiquer ce chaos dans lequel les islamistes de tout poil se sont engouffrés. Eux sont affaiblis. Mais pas vaincus », s’inquiète le journal.
L’Express ne dit pas autre chose. « Qui a pu croire qu’on en avait fini avec Al-Qaeda ? », interroge le journal, qui estime à son tour que l’attaque contre le centre commercial de Nairobi « oblige maintenant à se pencher sur le foyer du jihadisme est-africain ». C’est justement ce que fait l’hebdomadaire. Et son résumé est lapidaire. « Bien qu’ils soient minoritaires en Afrique de l’Est, les musulmans progressent fortement dans le contient noir depuis les années 1990, relève L’Express. Au Kenya par exemple, des milliers de Massaï se sont convertis à l’islam et des personnalités musulmanes ont accédé à des fonctions importantes durant les vingt dernières années ». Mais l’hebdomadaire ajoute aussi que la progression « est encore plus forte en Afrique subsaharienne ; on y compte désormais de 200 à 250 millions de musulmans, contre 50 millions au milieu des années 1960. Aujourd’hui, 1 musulman sur 5 dans le monde vit au sud du Sahara, énumère L’Express, et le Nigeria est devenu, avec 77 millions de fidèles, la cinquième nation islamique ». Certes, relativise le confrère, ces chiffres sont à relativiser par la progression démographique de l’ensemble africain. Mais les « nouveaux missionnaires de l’Afrique » voient dans cet état de fait un « marché des âmes très prometteur, ce qui ne manquera pas d’ajouter à la pauvreté endémique, au banditisme et aux multiples conflits interethniques une dimension religieuse dont les jihadistes n’ont pas fini de se servir ».
France : République voilée
Polémique en France, provoquée cette semaine par le journal Valeurs actuelles, dont la une en a choqué plus d’un. En couverture, Valeurs actuelles a choisi de recouvrir d’un voile le buste de Marianne, figure allégorique de la République française, sous ce titre : « Naturalisés, l’invasion qu’on cache ». Et ce sous-titre : « islam, immigration, comment la gauche veut changer le peuple ». Plusieurs associations ont annoncé leur intention de porter plainte contre l’hebdomadaire pour incitation à la haine raciale. Et notamment L’Union des Etudiants Juifs de France, contre laquelle, à son tour, Valeurs actuelles a affirmé son intention de vouloir porter plainte pour dénonciation calomnieuse, diffamation et atteinte à la liberté d’expression.
Municipales : panique à la mairie
Les élections municipales en France, c’est dans six mois. Et ce matin, ce sondage préoccupant, un de plus, pour François Hollande. Sondage de l’Ifop pour Le Journal du Dimanche, selon lequel, si 61 % des Français voteront « principalement en fonction de considérations locales » lors des prochaines municipales, 26 % autres % ont l’intention de profiter de ce scrutin pour « sanctionner la politique du président de la République et du gouvernement ».
Vingt-six pour cent, soit un Français sur quatre, ça n’a l’air de rien. Mais attention aux apparences ! Car en 2008, à la veille des précédentes élections municipales en France, 16 % des électeurs annonçaient leur intention de « punir Nicolas Sarkozy dans les urnes », souligne Le JDD. Résultat, la droite a pris ensuite une « déculottée », rappelle le journal, perdant une trentaine de mairies dans des villes de plus de 30 000 habitants. Or les Français sont 10 % de plus aujourd’hui dans cet état d’esprit, contre le président et le gouvernement, « de mauvais augure pour la gauche », avertit Le Journal du Dimanche, selon lequel, « sans le dire, la gauche va compter sur la probable multiplication des triangulaires avec l’UMP et le FN pour endiguer une vague bleue », étant rappelé que les triangulaires évoquent les cas où trois candidats se maintiennent au second tour lors d’un scrutin, que l’UMP est le plus grand parti de droite en France, et que le FN n’est autre que le parti d’extrême-droite Front national, le PS étant le Parti socialiste. Commentaire du Journal du Dimanche : « le FN au secours du PS ? Le débat risque d’empoisonner la campagne ».
Une prémonition que ne partage pas Le Monde, selon lequel le PS et l’UMP sont « pétrifiés face à la montée du FN ». Le Monde décrit une rentrée politique « catastrophique » et descelle un « sentiment de panique et d’anxiété » qui s’est emparé de la majorité en France.
Comité d’éthique : quand Michaud met les pieds dans le plat
Du changement en France au Comité consultatif national d’éthique. Avec de nouvelles nominations cette semaine, qui ne plaisent pas à tout le monde. Créé il y a trente ans par François Mitterrand, le Comité d’éthique, appelons-le comme ça pour faire court, regroupe d’éminentes personnalités unanimement reconnues et respectées pour réfléchir à des sujets fondamentaux et donner des avis sur des questions de recherche ou d’innovation, souvent à caractère scientifique, pouvant avoir des conséquences sur la société toute entière. C’est par exemple le cas des recherches sur le vivant. Composé de quarante membres, ce comité voit sa composition régulièrement renouvelée. Et cette semaine, l’avocat Jean-Pierre Mignard, ami de longue date du président François Hollande, a été nommé au Comité d’éthique. Nomination qui n’est pas du goût du philosophe Yves Michaud, fondateur de l’université de tous les savoirs, qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions verbales pour le dire dans une tribune au vitriol que publie Marianne. « Il y a des nominations peu décentes et qui sentent la combine, bucheronne-t-il dans le journal. D’abord celle de Jean-Pierre Mignard, dignitaire socialiste, avocat et intime du président Hollande. Mignard a beau aggraver son cas en disant qu’il ne siègera ni comme socialiste ni comme chrétien, en ne représentant que lui-même, qui le croira ? Que n’aurait-on dit si Sarkozy avait désigné son avocat Thierry Herzog ou Chirac, son avocat Francis Szpiner ? Ne serait-ce que pour des raisons de discrétion et d’indépendance des autres membres (l’œil du maître vous regarde…), cette désignation est indécente », martèle, dans Marianne, Yves Michaud, qui accuse François Hollande d’installer en douceur « son Etat-PS ».

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