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mardi 01 octobre 2013
Un chiffre ça trompe énormément !
Suite à un bug informatique de l'opérateur SFR, le nombre de chômeurs en moins annoncé est en réalité moindre.
Suite à un bug informatique de l'opérateur SFR, le nombre de chômeurs en moins annoncé est en réalité moindre.
REUTERS/Christian Hartmann
Par Dominique Baillard

Sur le front de l'économie, le débat politique tourne souvent à une bataille de chiffres où chaque camp brandit celui qui l'arrange. Une bataille à somme nulle quand on réalise que les chiffres sont.... faux, ou faussés ! Illustration en France avec les chiffres du chômage et la discussion budgétaire.

La grosse déconvenue de la semaine c'est la vraie fausse embellie du marché de l'emploi. Mercredi dernier le gouvernement trouve le recul historique du chômage tellement suspect qu'il s'empresse de demander une enquête pour vérifier si les 50 000 chômeurs en moins déclarés par Pôle Emploi au mois d'août ont réellement trouvé un travail. En fait au moins 20 000 d'entre eux n'ont pas reçu le message de rappel de SFR, en raison d'une panne informatique, c'est pourquoi ils se sont abstenus de se réinscrire a t-on appris hier soir.

Les sacro-saints chiffres du chômage publiés tous les mois sont donc peu fiables. Outre les erreurs trop fréquentes qu'ils comportent, ils sont surtout peu informatifs. Ils nous renseignent sur le nombre de demandeurs et non sur le nombre d'emplois créés. Or la création d'emploi est un indicateur qui lui nous parle de la santé générale de l'économie. Cet indicateur existe, il est fourni par l'Insee, mais il est trimestriel.

L'autre grande querelle chiffrée porte sur le budget 2014, un grand classique de toute loi de finances

Le gouvernement présente le projet le plus alléchant possible. Pour charmer les contribuables, mais aussi pour rassurer les investisseurs qui achètent de la dette française. Dans ce grand numéro d'équilibriste, le gouvernement affiche cette année une baisse historique des dépenses de 15 milliards d'euros. Une présentation qui relève du tour de passe-passe. Car en sont exclus le premier poste de dépenses de l'État, la charge de la dette française, les dépenses extraordinaires pour soutenir les maillons faibles de la zone euro, les retraites des fonctionnaires et pour finir les investissements d'avenir.

Enfin on considère que les dépenses baissent non pas en données brutes, mais en données relatives, c'est-à-dire en comparant avec la hausse prévisible du budget si rien n'avait été fait. Un concept de base pour les experts en finances publiques pas toujours compris du grand public. Tout est donc une question de point de vue. En réalité les dépenses de l'État ne baissent pas, elles augmenteront en 2014 de 0,5%.

Côté recettes, le nombre de nouveaux contribuables pour 2013 fait polémique

2,6 millions de ménages jusqu'alors non imposables ont dû acquitter l'impôt sur le revenu. Matraquer fiscalement les plus modestes, un comble pour un gouvernement socialiste. C'est un quotidien libéral qui a décoché cette flèche. Là encore le chiffre est discutable: il n'est pas faux, il est surtout banal.

Chaque année 2 à 3 millions de nouveaux foyers fiscaux émergent, se justifie Bercy. Cela correspond beaucoup à l'évolution des familles, étudiants qui deviennent actifs, divorce, croissance démographique, et un peu à la hausse des revenus. Reste au final 200 000 nouveaux foyers fiscaux en 2013, le gouvernement est pour le moment incapable d'expliquer si ces familles ont perdu des revenus en 2012 ou bien si elles ont bel et bien subi un coup de rabot fiscal. Attention donc avec les chiffres.

En bref dans l'actualité économique :

La fermeture de l'administration américaine provoquée par l'impasse budgétaire va pénaliser les familles les plus pauvres

Les coupons alimentaires qui profitent aux 9 millions de mères isolées et à leurs enfants pourraient rapidement se tarir, car le gouvernement fédéral cesse d'abonder les fonds gérés au niveau des États. La distribution s'arrêtera quand les caisses seront vides.

Le compte est bon pour le Vatican

En 2012, l'institut pour les oeuvres de religion, un doux euphémisme pour dénommer la banque du pape, a quadruplé son bénéfice. L'institut apportera une contribution nette de 55 millions au budget du Saint-Siège. C'est la première fois que les comptes de cette banque régulièrement épinglée pour son opacité sont publiés sur internet.

 

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