mardi 01 octobre 2013
L'Indonésie s'engage à ne plus vendre de bois illégal à l'Europe
En Indonésie, 80% des émissions de carbone sont liées à la déforestation massive.
En Indonésie, 80% des émissions de carbone sont liées à la déforestation massive.
(Photo : Solenn Honorine)
Par Claire Fages

Souvent accusée de déforester sauvagement son territoire, l'Indonésie a signé, hier, un accord sur le bois avec l'Union européenne. L'archipel asiatique s'engage à vérifier la légalité du bois exporté en Europe.

Cet accord de l'Union européenne avec l'Indonésie est l'autre versant de la lutte que mène Bruxelles contre la déforestation et ses conséquences : le réchauffement planétaire et la disparition des essences de bois rares.

Le premier versant, c'est responsabiliser les acheteurs européens, et c'est déjà du concret : depuis six mois (mars 2013), il n'est plus question qu'ils importent en Europe du bois illégal, même à leur insu. Ni bien sûr des essences protégées, ni des volumes ou des gabarits supérieurs aux règles en vigueur dans le pays forestier, ni du bois qui aurait échappé aux taxes de ce pays. Les sanctions pour les importateurs indélicats peuvent aller jusqu'à la prison en Allemagne ou au Royaume-Uni !

L'autre versant, c'est de demander aux pays forestiers eux-mêmes de garantir la légalité du bois qui est exporté vers l'Europe, et là, c'est plus compliqué. Cinq pays africains ont signé avec l'Union européenne un accord de partenariat pour aller dans ce sens (Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Ghana, Liberia).

L'Indonésie est le premier pays asiatique à les rejoindre. Mais pour l'instant aucun n'a obtenu la fameuse licence FLEGT (Forest law enforcement governance and trade), attribuée et contrôlée par des auditeurs indépendants, qui prouvera que leur bois exporté en Europe est légal. Seul le Cameroun obtiendra peut-être le sésame d'ici la fin de l'année. Et attention, ce sera du bois légal, pas forcément extrait d'une forêt durablement gérée.

En attendant, le bois tropical légal ou pas, trouve des débouchés gigantesques sur des marchés beaucoup moins regardants que l'Europe : en Chine, premier importateur, consommateur et ré-exportateur de bois ; ou au Brésil, qui en consomme de plus en plus.

De leurs côtés, les importateurs européens, s'ils veulent du bois légal, dépensent des fortunes en faisant certifier eux-mêmes leur approvisionnement en bois tropical. Les plus petits opérateurs, qui ne peuvent pas se le permettre, ont opéré un retour massif aux bonnes vieilles essences locales en Europe : le pin et même le chêne.

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