
Le débat dans la presse se poursuit à propos du travail dominical et même s’intensifie…
Le ton monte pour L’Humanité : « vol de dimanches en bande organisée »
«Travail du dimanche, sortir du bricolage», implore La Croix.
«Sacré dimanche !», ironise Libération.
«Travail dominical : Ayrault contraint de lancer une mission», relève Le Figaro.
En effet, le Premier ministre a donné hier deux mois à Jean-Paul Bailly, l’ex-patron de la Poste, pour «clarifier le cadre juridique» de l’ouverture des commerces.
Et sa «tâche s'annonce délicate, s’exclame L’Alsace. Il lui faudra beaucoup travailler, y compris le septième jour, s’il veut aboutir.» En effet, précise le quotidien alsacien, «au paradis des bricoleurs, l’État a également bricolé, d’où cet amoncellement de textes juridiques qui ressemble à une armoire en kit dont on aurait perdu la notice de montage. Plus personne ne se retrouve dans ce capharnaüm, ce qui ouvre la porte à toutes les interprétations.»
Mais avant la loi, il y a l’esprit de la loi… Libération pose le débat de fond : «principe essentiel de la vie sociale, le repos dominical se heurte à la réalité du marché du travail. Comment concilier les deux ?»
Pour Libération, c’est possible : «une clarification s’impose pour permettre aux salariés qui souhaitent travailler de le faire dans un cadre juridique transparent (…), estime le journal. Elle s’impose aussi par la nécessité de réaffirmer les vertus du repos dominical pour la santé, la famille et l’entretien du lien social à travers, par exemple, les activités associatives et sportives. Contrairement à ce que certaines voix patronales ont affirmé ce week-end, les deux dimensions ne sont pas contradictoires, estime Libération. Il appartient, au contraire, au gouvernement et aux partenaires sociaux de réécrire quelques règles du droit du travail.»
L’Humanité n’est pas d’accord… Pour le quotidien communiste, revenir sur le repos dominical est la porte ouverte à tous les abus… «L’heure serait à 'clarifier le cadre juridique' qui entoure la question, selon la feuille de route délivrée par le Premier ministre. Mais l’heure ne serait-elle pas plutôt à clarifier ce que doit être une politique de gauche ?», s’interroge L’Humanité.
Un temps à vivre ensemble…
La Croix est sur la même ligne, mais pas tout à fait pour les mêmes raisons : «de dérogation en autorisation, de l’exception à la règle, de la dépénalisation à la légalisation : on devine vers quelle pente mène toute brèche ouverte dans un principe. (…) Au-delà de la dimension religieuse que le dimanche revêt pour de nombreux Français, il a cette saveur-là, le dimanche, d’un temps à vivre ensemble, relève le quotidien catholique. S’il devient banal, habituel de travailler le dimanche, pourquoi les employeurs devraient-ils conserver à ce jour un statut particulier ? C’est parce qu’il en coûte de travailler le dimanche, qu’il est reconnu un prix au travail dominical. C’est parce que le repos dominical a de la valeur, affirme encore La Croix, qu’il faut, au maximum, le préserver.»
A contrario, pour La Montagne, le travail dominical est déjà un fait établi… «On peut regretter la marchandisation du dimanche, sauf qu’elle est inéluctable, sous conditions de protection durable des droits des salariés. La banalisation ne saurait entraîner une détérioration sociale. Voilà ce qui doit prévaloir sur les querelles de boutiques.»
En tout cas, pour Le Midi Libre, «reste au Premier ministre à trouver le bon équilibre pour réformer la loi sans se mettre à dos les syndicats récalcitrants. Ni faciliter le libéralisme sauvage. L'exercice est délicat. Et ça, ce n'est pas du bricolage.»
Où est le patron ?
A la Une également encore et toujours : les couacs au sommet de l’Etat… «Hollande peine à mettre fin à la cacophonie gouvernementale », constate Le Figaro. Le Figaro qui constate que le président n’a pas tranché la querelle Valls-Duflot (à propos des Roms), alors que beaucoup lui enjoignent de réaffirmer son autorité.
Commentaire du quotidien d’opposition : « François Hollande n’arrive toujours pas à convaincre qu’il dispose de l’autorité nécessaire à l’exercice de sa fonction. (…) Le rôle du chef de l’Etat n’est pas de s’abîmer dans l’immédiat et dans les jeux de posture. Mais la distance d’avec le quotidien ne peut pas être le paravent d’une absence de décision ou de détermination. »
«Mais où est le patron ? », s’interroge en Une Le Parisien. «Les couacs continuent, constate le journal, et leurs auteurs, pour peu que leur stature pèse un peu politiquement (les Montebourg, Taubira, Hamon et bien sûr Valls et Duflot), ne sont manifestement guère menacés. Problème, non seulement Hollande entretient là le soupçon de déficit d’autorité, estime Le Parisien, mais encore il plonge dans l’embarras son Premier ministre, dans l’incapacité d’assurer son rôle de chef du gouvernement et de la majorité. Et il inquiète les élus de gauche, plus impatients que jamais de voir fixer un cap à moins de six mois de municipales à haut risque pour la majorité.»
Mais au-delà du gouvernement, « le problème, poursuit Le Parisien, c’est que le pays est en crise, que la société cherche ses repères et que, pendant que la France gesticule, le reste du monde avance.»
Enfin ce commentaire désabusé de Sud Ouest : «François Hollande est plus prompt à décider et à exécuter sur les théâtres extérieurs que sur le sol national. Chez nous, le chef de guerre laisse volontiers la place au Premier secrétaire, soucieux de synthèses et de compromis. Et pour ce qui est de rechercher la synthèse, François Hollande est servi. Son gouvernement, que l’on commençait à croire à l’abri des 'couacs', tient plus depuis quelques jours de la cour de récréation que de l’équipe ministérielle.»
Exaspérés !
Faute d’un accord sur le budget au Congrès, l’Etat fédéral américain a commencé à cesser ses activités ce mardi matin pour la première fois en 17 ans, ce qui devait affecter des centaines de milliers de fonctionnaires… «L’Amérique exaspérée par les blocages de Washington», relève Le Figaro. «Les Américains se sentent de plus en plus étrangers au 'cirque politique' autour de l’impasse budgétaire qui menace leur pays, constate encore le journal. (…) Ce qui frappe en écoutant fonctionnaires ou chercheurs, c’est qu’ils renvoient généralement dos à dos les politiques, parlant du «'cirque politique washingtonien' comme d’un monde étranger et déconnecté. Une planète à part, vivant égoïstement sur elle-même, et s’enrichissant même à la faveur des blocages.»
33 ans après…
Enfin l’histoire d’une très longue traque que nous raconte Libération… 33 ans après l’attentat de la rue Copernic à Paris, qui avait visé une synagogue, et qui avait fait 4 morts et des dizaines de blessés, le responsable des faits pourrait être extradé vers la France. «Longtemps, on a cru que ce crime allait rester impuni, relève Libération. Oublié dans les méandres proche-orientaux. Mais les enquêteurs français n’ont jamais abandonné et, vingt-sept ans après, en 2008, les policiers, les agents de renseignements et le juge d’instruction Marc Trévidic ont pu donner le nom et l’adresse de Hassan Diab, poseur de bombes présumé. Respectable professeur de sociologie à Ottawa, Canada.»
Depuis, la machine juridique s’est mise en route et «le 4 novembre prochain, la cour d’appel d’Ottawa doit se prononcer sur son extradition.»
En 1980, Hassan Diab faisait partie d’une organisation terroriste palestinienne, le FPLP. «Après leurs attentats meurtriers de Copernic et d’Anvers, les terroristes vont mener une vie paisible, rapporte Libération. A l’image de Hassan Diab qui part avec sa femme étudier à l’université américaine de Syracuse puis s’installe au Canada, où il devient professeur. Le juge Trévidic attend les conclusions de la justice canadienne, mais il n’a pas renoncé à traquer les autres membres de ces commandos de tueurs dans le monde entier : 'On est loin d’avoir fini', affirme-t-il.»

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