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Est-ce ainsi qu’on aurait pu, hier, qualifier la ville de Yaoundé au Cameroun ?
C’est en tout cas l’impression qu’elle donnait. C’était un jour d’élections, législatives et municipales et pour que les électeurs puissent remplir leur devoir civique plus facilement, personne ne travaillait, ou presque : tous les commerces étaient fermés, de même que les entreprises, les services publics, etc. On voyait quelques rares taxis dans des rues désertes, peu de passants, et pas le brouhaha urbain si vif, auquel on est habitués à Yaoundé. C’est bien ce qu’on peut appeler une ville morte, même si l’expression a pu être utilisée dans des cas relativement différents.
En particulier quand on parle d’« opération ville morte ». Qu'est-ce que c'est que ça ? On parle d’ « opération ville morte » quand la majorité des commerçants décident de ne pas ouvrir pendant une journée : le rideau de fer est baissé ! Et ce genre de manifestation a le plus souvent pour but d’exprimer une protestation, le plus souvent à cause d’un sentiment d’insécurité relative de la part des commerçants.
Mais est-ce qu’hier, toujours à Yaoundé au Cameroun, on entendait cette expression « ville morte » ? Pas tellement parce qu’elle renvoie à une autre réalité que ce jour d’élection.
Dans un passé déjà relativement ancien, on a pu parler de ville morte à Yaoundé, et peut-être plus encore à Douala juste après des émeutes et des journées de violence : lorsqu’une ville se calfeutre de peur des événements ou des pillages. L’expression porte donc avec elle une impression d’inquiétude, ce qui n’était pas du tout le cas hier à Yaoundé, qui semblait simplement être une belle endormie.
Mais de toute façon, il n’y a pas que les villes pour être mortes au figuré !
On parle par exemple des langues mortes. En général cette formule fait penser au latin et au grec ancien : ce sont des langues figées, qui n’évoluent plus depuis longtemps, et qu’on apprend uniquement à l’école, et non avec ses parents : le latin de l’époque de Cicéron (1er siècle avant Jésus Christ) ou le grec de l’époque de Démosthène (5ème siècle avant Jésus Christ). Et pour être plus précis, on parle plus volontiers aujourd’hui de langues anciennes.
Mais ce même adjectif, morte, ou mort au masculin, on l’emploie encore de façon figurée à propos d’autres choses, avec parfois un écho plus nostalgique : les amours mortes, c'est-à-dire les amours défuntes, celles qui sont terminées. Ou encore les feuilles mortes, qui évoquent les souvenirs et l’automne en général pour penser à une chanson célèbre.
Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

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