
Ils sont nombreux à briguer le fauteuil d’Henri Konan Bédié, le président sortant du PDCI, le parti historique d’Houphouët, au pouvoir de nombreuses années en Côte d’Ivoire… Ils sont nombreux, à commencer par Henri Konan Bédié lui-même, 79 ans, candidat à sa propre succession, dans la perspective peut-être de la présidentielle de 2015. Le congrès ordinaire du PDCI qui s’ouvre ce jeudi à Abidjan devra trancher…
Alors va-t-on arriver à un «consensus ?», s’interroge ce matin Le Nouveau Réveil, le quotidien du parti. Le Nouveau Réveil qui fustige la fronde menée par Alphonse Djédjé Mady et Kouadio Konan Bertin, dit KKB, qui contestent le droit d’Henri Konan Bédié de se porter encore candidat. «Ils ont fait preuve d’une verve décapante, teintée de fourberie, estime Le Nouveau Réveil ; des propos de campagne qui, souvent, dépassent la pensée ; au point que leur assignation du PDCI au tribunal (ils ont été déboutés hier) apparaît comme une trahison vis-à-vis de Félix Houphouët-Boigny.»
Et Le Nouveau Réveil de rappeler que «c’est au regard des enjeux, en interne, et en externe, par rapport à l’échéance présidentielle cruciale de 2015, que les gardiens à la base du parti, à savoir, les délégués départementaux et communaux, et les secrétaires généraux de section ont jugé bon de faire appel au charisme et à l’expérience du président sortant de continuer à tenir les rênes du parti pour les 5 années à venir. Bédié n’a rien demandé !»
Plébiscité ?
L’Intelligent, un peu plus neutre dans ce débat, tente de résumer la situation : «au milieu des passions, des quolibets et des coups de gueule çà et là, ce congrès du PDCI aura suscité des remous entretenus surtout par la polémique sur l’âge d’Henri Konan Bédié, candidat déclaré à sa propre succession. Le sphinx de Daoukro a 79 ans et les textes de son parti doivent être modifiés pour lui permettre de se présenter. (…) Alphonse Djédjé Mady, le secrétaire général sortant, le président de la jeunesse du PDCI Kouadio Konan Bertin et Kouassi Yao, cadre du parti et membre du bureau politique, contestent tous l’hégémonie de Bédié et veulent contraindre le Boudha de Daoukro (autre sobriquet de Bédié) à une retraite anticipée. Mais que valent- ils vraiment ?», s’interroge L’Intelligent. «Que pèsent-ils et que veulent-ils faire du PDCI qu’ils convoitent tant ?»
Et L’Intelligent d’estimer que «sauf cataclysme, le président Bédié sera réélu, et non seulement réélu, mais plébiscité !»
De son côté, Le Patriote, autre quotidien ivoirien s’interroge : «comme en 1994, deux camps s’affrontent autour des orientations, de la démocratie interne, de l’avenir du vieux parti. Arriveront-ils à accorder leurs violons afin que le PDCI sorte de son 12è Congrès ordinaire uni et fort ? En tout cas, les responsables et les militants sont en face d’une équation : il est question de relever le défi de l’unité pour éviter que le PDCI, en lieu et place de se donner du sang neuf à l’issue du congrès pour être plus dynamique dans le but d’affronter les batailles futures dans la sérénité, n’en sorte plus divisé et plus fragilisé.»
« Houphouët, reviens, ils sont devenu fous ! »
Dans la presse de la sous-région, on est moins mesuré, à l’image de L’Observateur Paalga au Burkina qui estime que «tous les ingrédients d’un clash au sein du plus vieux parti houphouëtiste sont réunis :
- plusieurs prétendants à la tête du parti, dont le président sortant, Henri Konan Bédié, pourtant frappé par la limite d’âge au regard des textes actuels
- la question de l’article 35 des statuts du PDCI, qui limite à 75 ans l’âge maximum pour briguer la présidence du parti ;
- et l’introduction d’une caution de 18 millions non-remboursables pour le dépôt de tout dossier.
A tout cela vient s'ajouter la polémique sur la présentation ou non d’un candidat PDCI à la présidentielle de 2015. Avec cette ambiance survoltée, relève le quotidien burkinabé, comment ne pas être tenté de crier : 'Houphouët, reviens, ils sont devenu fous' ?»
Alors, conclut L’Observateur, «sans prendre position dans cette bataille rangée, nous disons que la responsabilité historique de Bédié est ici engagée, car, à son âge et au vu de son parcours personnel, la sagesse lui recommande de faire place nette aux jeunes, autrement dit, de leur abandonner l'arène pour se jauger. Alors, s’exclame le journal, 'quitte dans ça, vieux-père', pour faire dans le langage ivoirien.»

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