
Opération recadrage hier mercredi lors du conseil des ministres… «Recadrage : le mot est partout, relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, depuis que François Hollande a sifflé la fin de la récréation.» Un «recadrage logique, poursuit le journal. Sur l’accueil des Roms, sur la pause fiscale, sur le travail du dimanche, sur les rythmes scolaires, les désaccords entre ministres se sont affichés. La situation n’est pas saine, qui voit l’un d’eux dire blanc sur une radio, l’autre noir dans un quotidien, et un troisième tweeter gris depuis son bureau (…).»
Cette fois, est-ce vraiment ter-mi-né ?, comme l’a martelé hier le président de la République ?
Certainement pas pour les quotidiens d’opposition, à commencer par Le Figaro : «Le recadrage de Hollande ne dissipe pas le malaise», titre le journal. «Après six jours de pagaille gouvernementale, la parole de François Hollande était attendue. Le président a parlé. Mais ses propos sont trop convenus pour qu’il soit vraiment entendu, estime Le Figaro. (…) Dans la situation difficile qui est la sienne, François Hollande ne peut se séparer ni du membre le plus populaire de son équipe (Manuel Valls) ni d'une alliée (Cécile Duflot) qui, à sa manière, incarne toute une sensibilité de la gauche. C’est, de sa part, un aveu de faiblesse.»
L’Opinion enfonce le clou : «on connaît les causes de cette étrange situation : la psychologie de François Hollande, sa légendaire difficulté à décider, son mode de management des courants. Mais ce qui était un sujet lorsqu’il dirigeait un parti devient un problème à la tête du pays : comment, en effet, s’interroge L’Opinion, espérer mobiliser les Français lorsque les choix du pouvoir sont publiquement contestés et débattus par ceux-là mêmes qui devraient les mettre en œuvre ? Et comment trouver la cohérence d’une action quand celui qui la porte refuse de choisir entre les différentes lignes politiques qui traversent sa majorité ?»
Pour Libération, Hollande a choisi… «Hollande sur la ligne Valls», titre le journal. Libération estime en effet que «sur les questions de justice et d’immigration, les arbitrages tactiques du chef de l’Etat confortent le ministre de l’Intérieur.» Libération qui n’est guère convaincu par ce choix : «en choisissant la ligne Valls, fut-elle la plus populaire à lire les sondages, François Hollande prend le risque de se laisser glisser sur sa droite et il s’éloigne plus encore d’une part de son électorat. Les couples les plus unis parfois se querellent et il eut été bienvenu, estime Libération, que François Hollande procède à un strict recadrage de son ministre sans organiser leur divorce. Les valeurs de la République s’accommodent mal de tactique et de double jeu.»
Plus godille que gouvernail ?
Plus largement, d’autres journaux doutent de la stratégie présidentielle… La République des Pyrénées cite François Rebsamen, très proche du chef de l’Etat : «Hollande considère que la société française est sortie traumatisée de cinq ans de sarkozysme. Donc il ne sera pas l’homme des positions tranchées qui blessent et qui, par définition, excluent.» Toutefois, relève le quotidien béarnais, «son souci de la concertation, perçu comme de l’attentisme, et son refus de choisir, compris comme de l’irrésolution, l’empêchent de prendre à bras-le-corps cet avenir. De dire où il veut emmener le pays. (…) Sa synthèse paraît baroque, affirme encore La République des Pyrénées, une pincée de politique de l’offre qui le fait apparaître comme le Président des patrons, une pincée de mesures ciblées pour le pouvoir d’achat, une pincée de pause fiscale qui masque mal le ras-le-bol fiscal : le fruit du refus d’engager à temps la grande réforme fiscale promise. D’où l’impression persistante d’une politique où la godille sert de gouvernail.»
Et Le Midi Libre renchérit : «le couple de l’exécutif semble dépassé par les affaires intérieures du moment. Les Roms ? Pas de lisibilité pragmatique ! Les rythmes scolaires ? Débordé par une UMP teigneuse ! Les ouvertures dominicales ? Gène sur toute la ligne. C’est à cela que le président Hollande est jugé : par son action, voire son inaction dans les dossiers qui arrivent sur son bureau élyséen. » Du coup, poursuit Le Midi Libre, «l’opinion se fatigue. Et elle ne voit plus l’horizon sans lequel il n’y a pas de destin. Face à la crise, François Hollande ne répond pas présent. Il est fini le temps où il était le grand patron de Solferino.»
Mondial au Qatar : le doute
«Coup de chaud sur le Mondial au Qatar» : c’est le grand titre du Parisien. « La Coupe du monde de football 2022 pose déjà problème, relève en effet Le Parisien. Les températures estivales y dépassant les 40 degrés, faudra-t-il disputer la compétition en hiver, au risque de bouleverser les calendriers internationaux ?» Et puis, «autres motifs d’inquiétude, pointe également le journal : les conditions de construction des sites sportifs, parfois proches de l’esclavage moderne ou encore les soupçons de corruption lors de l’attribution du Mondial 2022.»
Commentaire du Parisien : «si le royaume gazier a acquis sans conteste une influence, il lui reste encore bien des ambiguïtés à lever avant d’obtenir la reconnaissance pour laquelle il a tant investi. Et on ne parle pas là des conditions troubles dans lesquelles il a décroché le Mondial, mais des progrès qu’il lui reste à accomplir sur le plan des droits de l’homme, de la façon dont sont traités les travailleurs étrangers sur son sol ou encore de ses liens avec l’islamisme radical. Autant de dossiers, conclut Le Parisien, qui ne se régleront pas à coups de dollars, mais avec de la transparence, de l’ouverture et du volontarisme.»
Zlatanés !
Football toujours, cette fois sur le terrain, avec le coup d’éclat hier soir du PSG… En Ligue des champions, les Parisiens ont nettement battu les portugais du Benfica 3 but à 0. Avec un doublé de Zlatan Ibrahimovic. «Zlatan ne plaisante pas», tonne L’Equipe en première page avec une grande photo de l’attaquant suédois en pleine extension, les poings rageurs… «Ibrahimovic a prévu, relève le quotidien sportif : il veut gagner la Ligue des champions avec le PSG. Hier, le géant suédois a joint les actes à la parole. Son match somptueux, ponctué d’un doublé, permet à Paris d’entrevoir déjà les huitièmes de finale.»
«Paris, quel régal !», s’extasie Le Parisien… «Le chemin des huitièmes de finale de la Ligue des champions semble déjà tellement dégagé qu’on a hâte d’être au printemps, alors que l’automne vient à peine de débuter. » Le Parisien qui souligne que le PSG est «invaincu depuis un an et dix matchs de Ligue des champions (sept victoires, trois nuls).»
«Le PSG frappe très fort», renchérit Le Figaro. «Paris tâtonne parfois en Ligue 1, mais, sur le front continental, c’est une tout autre histoire.»
L’Iran réceptif à la psychanalyse…
Enfin, le portrait du jour de La Croix est consacré à Gohar Homayounpour… Cette psychanalyste iranienne de 36 ans, formée dans les meilleures universités aux Etats-Unis, est «revenue exercer chez elle à Téhéran. Depuis maintenant six ans, précise La Croix, elle explore la psyché des iraniens, mais précise-t-elle, 'sans jamais aborder l’Iran sous un angle politique, ce n’est pas le travail d’une psychanalyste'.»
Toutefois, s’interroge La Croix : «comment est accueillie sa discipline dans un pays qui ne compte que sept psychanalystes et aucun centre de formation ? 'L’Iran a une culture de la parole' qui le rend particulièrement réceptif à la psychanalyse, répond Gohar Homayounpour. 'La société iranienne ressemble à la société viennoise de l’époque de Freud', observe-t-elle encore, décrivant des patients atteints des mêmes névroses que celles de la Vienne du tournant du XIXe siècle. Leur point commun résidant dans 'un même conservatisme rigide'.»

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