En arrivant hier à Assise, le souverain pontife a parlé d’un « jour de pleurs ». Le quotidien catholique La Croix insiste ce matin en une, sur « le message d’Assise » du pape François, qui « s’est écarté de son discours pour improviser des mots brefs, prononcés lentement tels une méditation », a noté La Croix.

Il faut dire que l’émotion était vive hier en Italie, où l’on a pleuré les naufragés de Lampedusa. Au Parlement comme dans toutes les institutions publiques, une minute de silence a été observée en mémoire des victimes de la tragédie de Lampedusa.
 
« Les paroles du pape François ont marqué les esprits, relève Le Figaro. L’horreur de l’hécatombe pèse sur les consciences, comme si chacun s’en sentait responsable ». Mais au-delà du deuil national en Italie, dans l’esprit du pape, « c’est toute l’humanité qui aurait dû être en pleurs, traduit le quotidien. (…) Cette “honte” et ces “pleurs” pour l’humanité, il en a expliqué le sens en improvisant sitôt après, devant un public de “pauvres”. Le Pape semblait même écœuré, ne lisant rien du discours prévu qu’il a tenu à la main comme un drapeau en berne ».
 
« Hier, à Assise, emblématique lieu empreint d’humanité, le pape François, qui la veille avait parlé de "honte", a trouvé les mots justes », approuve L’Est Républicain.
 
Pour La République des Pyrénées, le pape, lors de cette visite « extrêmement symbolique » à Assise, ne pouvait que revenir sur ce drame où 500 personnes, mortes ou disparues, s’ajoutent aux 200 000 personnes englouties dans ce « cimetière à ciel ouvert qu’est devenue la Méditerranée ». Voilà pourquoi, apprécie le confrère, François a dénoncé ce monde « qui se moque qu’autant de gens fuient la pauvreté et la faim, fuient pour trouver la liberté et rencontrent la mort ».
 
« L’Europe entière devrait en être assourdie, sermonne Le Courrier de l’Ouest. Lampdusa la convoque tout entière ».
 
Lampedusa : naufrage européen
 
L’Europe mise en cause, les avis sont sévères. « L’Europe citadelle, baignée par la plus civilisée des mers, fait eau de toutes parts », se désole ainsi La Nouvelle République.
 
« En dépit de la crise qui touche l’Europe et du chômage qui la ronge, notre continent constitue un aimant puissant pour les habitants de la Somalie ou de l’Erythrée, souligne Le Journal de la Haute-Marne. Sans parler de tous les Africains qui tentent leur chance en essayant d’atteindre l’Espagne ».
 
« Au lendemain de cette énième tragédie, la seule question qui vaille est de savoir si l’Italie et l’Europe vont enfin se donner les moyens d’en éviter de nouvelles alors que le flux d’immigrés clandestins économiques et politiques n’est pas près de se tarir », avertit La Charente Libre.
 
Pour Le Républicain Lorrain, « ce qui s’est produit à moins d’un kilomètre des côtes d’un îlot devenu malgré lui le réceptacle de toutes les misères du monde est illustratif des incohérences européennes ». Car les Etats membres de l’Union européenne se satisfont du mode de fonctionnement intergouvernemental. « Résultat, les pays qui se trouvent aux avant-postes sont livrés à eux-mêmes, sans grands moyens face à la poussée migratoire. Et comme ils ne constituent pas des modèles d’organisation, de probité et de bonne gouvernance, ce sont de véritables passoires ».
 
« L’Europe a un devoir absolu : celui de mettre en place des politiques nord-sud cohérentes visant à fixer les populations dans leur pays d’origine, s’indigne Le Midi Libre. Mais pour cela, il faut une grande Europe. Pas celle qui empêche de chasser, mais celle qui empêche de mourir à nos portes ».
 
Madagascar : le bûcher de l’horreur
 
Couvre-feu à Nosy-Be, au nord de Madagascar, après le triple lynchage sur cette île touristique. « La tension est redescendue d’un cran sur la petite île paradisiaque », où trois personnes, dont un Français et un franco-italien, ont été lynchés par une foule en colère à la suite de la disparition d’un enfant de neuf ans et de la découverte de son cadavre mutilé, les émeutiers nourrissant à l’encontre des suppliciés des soupçons de trafic d’organes.
 
S’appuyant sur une « source diplomatique » et sur le témoignage d’un « bijoutier français » installé à Nosy-Be, le journal Le Parisien précise ce matin que Sébastien Judalet, la victime française de ce triple lynchage, était « employé de la RATP (Régie des transports publics en région parisienne) où il était conducteur de bus ».
 
Mais pour ce qui est de l’enquête, la presse est bien en peine d’avancer de nouvelles pistes, car la police, sur place, ne communique plus. « Seule certitude, souligne Le Figaro, la possibilité d’un trafic d’organes à Nosy Be apparaît aux yeux des spécialistes très improbable, même si de telles filières ont déjà été découvertes à Madagascar. Les éventuelles mutilations du garçonnet seraient plutôt le signe de rites magiques, de sorcellerie, qui affectent la Grande Île, poursuit le journal. (…) Si rien ne démontre que les trois victimes du lynchage soient impliquées dans ces dérives, ces comportements, associés à une misère sans cesse plus noire, poussent les populations à bout », explique Le Figaro.
 
Tapie : sucre amer
 
En France, « de nouveaux ennuis » en perspective pour Bernard Tapie. C’est Le Parisien qui ajoute ce matin une affaire aux affaires en cours qui valent tant de soucis au célèbre homme d’affaires…
 
A en croire le quotidien, ce « nouveau coup dur » pour Bernard Tapie pourrait être l’affaire Blue Sugar, du nom d’un site de commerce en ligne détenu par Bernard Tapie et son fils Laurent.
 
Le Parisien croit en effet savoir que Tracfin, la cellule qui traque le blanchiment d’argent au ministère des Finances, « vient de procéder à un signalement pour cause de mouvements de fonds suspects sur les comptes de cette société. Dans la foulée, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire », affirme le journal.
 
Contacté par Le Parisien, Bernard Tapie déclare ne pas connaitre cette société Blue Sugar. « Je ne sait pas de quoi il s’agit », dit-il au confrère. Qui précise que Blue Sugar « appelé un temps Showpingdeals, appartient bel et bien au groupe BLT Deals, dont le siège est à Paris », et dont les propriétaires « ne sont autres que Bernard Tapie et son fils Laurent ».
 
Une nouvelle affaire qui viendrait qui n’a pour l’heure aucun lien avec celle de l’arbitrage de 403 millions d’euros en faveur de Bernard Tapie dans la reprise de l’équipementier sportif Adidas, au sujet de laquelle, ajoute Le Parisien, la prochaine étape devrait être l’audition par les juges « d’ici à la fin du mois d’octobre » de l’ancien ministre et ancien secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant.
 
Affaire Karachi : la piste Léotard
 
Autre affaire, celle dite de Karachi, portant sur le financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur. Et cette fois-ci, c’est François Léotard qui pourrait avoir à faire à la justice. Toujours selon Le Parisien, l’ancien ministre de la Défense « pourrait être inquiété à son tour ». Les juges « envisageraient » de le mettre en examen pour la période où il était redevenu patron du Parti républicain, en 1995, où il pourrait avoir à répondre de « recel », dans cette affaire de rétro commissions sur un contrat d’armement avec le Pakistan.
 
Front national : sémantique de langage
 
Marine Le Pen récuse l’étiquette « d’extrême-droite » accolée au Front National, parti qu’elle dirige depuis bientôt trois ans. « Vent en poupe, portée par des sondages flatteurs, encouragée par le trouble manifeste qu’elle suscite à droite comme à gauche, la présidente du Front national entend bien pousser son avantage », résume Le Monde, car Marine Le Pen envisage de saisir la justice pour faire cesser ce qu’elle considère comme une « insulte » et une « guerre sémantique » contre son « Mouvement », explique le quotidien du soir. Qui persiste et signe. « Par sa seule position sur l’échiquier politique français, autant que par ses idées et son projet, le Front national est, aujourd’hui comme hier, un mouvement d’extrême droite », martèle Le Monde. Car le Front national, estime-t-il, est un parti « oppose aux principes républicains d’égalité, de fraternité et de liberté – en l’occurrence de liberté de la presse –, des lors que Mme Le Pen prétend dicter à chacun son vocabulaire et ses analyses ».

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