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    A la Une : « Aqmi : la stratégie cachée »

    C’est le grand titre du quotidien français Libération qui expose ce matin les grandes lignes de la stratégie de l’organisation jihadiste au travers d’un document de 80 pages découvert conjointement à la mi-février par RFI et Libération à Tombouctou. Un document qui « permet, explique Libération, d’embrasser d’une seule vue les activités du groupe terroriste. Celui-ci visait à créer un Etat islamique dans le nord du Mali en s’évertuant à dissimuler le caractère jihadiste propre au projet de l’Azawad, l’Etat touareg. »

    Libération consacre tout son dossier d’ouverture à ce document explosif, tout comme RFI, ce matin, vous propose explications, éclairages et interviews… Une opération conjointe des deux médias. En fait, nous explique Jean-Louis Le Touzet, grand reporter à Libération, « hasard ? Chance ? Flair ? En route vers Tombouctou, Nicolas Champeaux, envoyé spécial de RFI, et moi-même, décidons de mutualiser nos forces et nos infos. Le 17 février, nous rentrons dans les locaux saccagés de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) qui abritaient la “commission presse” d’Ansar ed-Dine. » Et là, poursuit-il, « sous une couche de feuilles, dans une pièce labourée par les pas, ce bloc épais, broché. (…) Un traducteur trouvé quelques heures plus tard donnera le premier les grandes lignes de ce document qui pourrait devenir le pain des chercheurs sur les groupes jihadistes. »
     
    Pourquoi avoir attendu des mois avant de publier et d’analyser ce document ? Réponse du journaliste de Libération : « il a fallu le traduire, l’analyser, le faire expertiser. » Et quant à son authenticité, « les nombreux experts que nous avons consultés, poursuit-il, y compris sécuritaires, concordent, tout en rappelant qu’“en pareil cas, le risque zéro d’une manipulation n’existe pas”. »
     
    « Conquérir les esprits et les cœurs »
     
    Voilà pour la découverte et les conditions de la publication de ce document… Maintenant que renferme-t-il et quelles conclusions peut-on en tirer ? Son rédacteur, le chef d’Aqmi, l’Algérien Abdelmalek Droukdel « contextualise la situation » : il estime « très probable, voire certaine, l’intervention militaire occidentale ». Ainsi, en tenant compte de « ce facteur important », il convient, affirme Droukdel, « d’éviter les excès, de ne pas prendre de décisions risquées et ne pas déjà considérer le projet islamique comme un Etat stable car ceci est encore prématuré. » Droukdel poursuit en cultivant la métaphore agricole : « si notre projet devait tomber à l’eau pour quelque raison que ce soit, nous nous contenterons d’avoir planté une bonne graine dans le bon terreau que nous avons fertilisé avec un engrais qui aidera l’arbre à pousser jusqu’à devenir haut et robuste, même si cela prendra du temps. » Pour que cet « arbre » pousse, affirme encore le chef d’Aqmi, il faut capter la confiance des populations et afficher une position « de retrait » afin de ne pas « intéresser » les puissances occidentales : « Ne pas avoir une grande visibilité sur la scène politique. Ne pas être sur le devant de la scène militaire car ceci n’est pas dans notre intérêt à l’heure actuelle. » Et Droukdel de recommander une forme de partenariat avec le MNLA et le MAA.
     
    Commentaire de Libération : « c’est la première fois que l’on dispose ainsi d’éléments tangibles prouvant qu’Aqmi fonctionnait – et fonctionne sans doute encore – avec une vraie autonomie de pensée. Ce ne serait pas uniquement un groupe d’illettrés vivant de rançons, de trafics d’armes et de drogue, mais aussi une organisation structurée capable de bâtir un vrai projet politique et de se projeter sur le moyen et le long terme. A ce titre, poursuit Libération, la lecture du document découvert à Tombouctou est glaçante. On y voit une volonté de “conquérir les esprits et les cœurs” par tous les moyens, y compris ceux de la “flexibilité’ » et du compromis. L’idée est de ne plus être dans la nuisance mais bien de se doter des structures d’un “Etat” islamique intégrant tous les acteurs de la région. Glaçant car raisonné, pragmatique et inscrit dans le temps. Le projet jihadiste est ainsi comparé à un “bébé” appelé à grandir pour affronter un jour ses ennemis “d’homme à homme”. Ce serait risible, conclut Libération, si l’on ignorait qu’Aqmi est certes affaibli par l’opération Serval mais toujours là, en sommeil. Et que, pire, cette politique a peut-être essaimé au-delà du Sahel. »
     
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    Justement, question cruciale posée par Libération : « Que reste-t-il d’Aqmi dans le Nord du Mali ? Aqmi n’est pas mort, répond le journal. La preuve : le 28 septembre dernier, deux kamikazes ont précipité leur véhicule contre un camp militaire à Tombouctou, tuant deux civils et blessant sept soldats. » Toutefois, pour le quotidien français, Aqmi est très affaibli : « la réorganisation de son leadership a pris plusieurs mois. » Mais, « un autre groupe suscite l’inquiétude des autorités françaises, relève Libération : les Mourabitounes – un nouveau venu sur la scène jihadiste, issu de la fusion des hommes de Mokhtar Belmokhtar et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ».
     
    Bref, conclut le journal, si « l’opération Serval a chassé les groupes islamistes des villes et tué des centaines de combattants, les mouvements se recomposent et reprennent les attentats. » 
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