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    Reprise des négociations sur un traité transatlantique de libre-échange

    Les chefs négociateurs européen et américain, Ignacio Garcia-Bercero (d) et Dan Mullaney (g), à Bruxelles, le 11 novembre 2013. REUTERS/Francois Lenoir

    Un traité transatlantique de libre-échange semble de plus en plus improbable après le scandale des écoutes américaines menées en Europe à grande échelle par l'Agence NSA. Pourtant les négociateurs américains et européens y travaillent. Ils se retrouvent à partir d'aujourd'hui, lundi 11 novembre 2013, à Bruxelles, pour une semaine d'intenses discussions.

    Pas question de baisser les bras en raison de la récente actualité. La situation économique des Etats-Unis comme de l'Europe est tellement morose que les deux parties vont tout faire pour aboutir à ce traité dont on espère beaucoup. Avec une plus grande ouverture des marchés de part et d'autre de l'Atlantique, les capitales européennes comme Washington espèrent conjointement faire rebondir leur économie.

    Les stratèges rêvent également de contrecarrer la montée en puissance de la Chine avec ce nouvel espace de libre-échange, assez grand pour imposer ses normes au reste du monde. Mais avant d'atteindre cet horizon des lendemains qui chantent, Américains et Européens doivent surmonter une série d'obstacles tous plus compliqués les uns que les autres.

    Quels seront les sujets abordés ?

    Pour vous donner une idée de la tâche qui attend les négociateurs, sachez qu'ils ne mentionnent pas les mêmes sujets de discussions dans leur communiqué respectif. Pour les Européens par exemple, l'ouverture des marchés publics américains est déjà à l'agenda, les partenaires l'ont évoqué avant la crise budgétaire qui a retardée cette première session de discussions. En revanche, pas un mot de ce point sensible dans les déclarations américaines.

    L'agricultre fait naturellement partie des sujets qui fâchent reconnait-on de part et d'autre de l'Atlantique. Les Américains voudraient bien fournir les tables européennes en poulet javellisé, tandis que les horticulteurs rêvent de faire croquer la pomme européenne aux ménages américains.

    Les services, les matières premières, l'énergie sont les autres secteurs qui doivent être balayés au cours de cette première session exploratoire où les deux équipes vont surtout définir le cadre des négociations.

    L'impact de l'affaire des écoutes américaines

    La grosse colère d'Angela Merkel dont le portable a été écouté par la NSA ne remet pas en cause le principe du traité, mais elle constitue un nouveau caillou dans la botte des Américains. En juin, quand le scandale des écoutes a éclaté, la chancelière a joué l'apaisement.

    Mais, cette fois, c'en est de trop pour la dirigeante allemande qui demanderait d'après le Financial Times que la protection des données personnelles entre dans le mandat du traité. Une vraie fausse bonne idée pour la Commission. Car l'Europe est dotée d'une vraie législation en la matière, ce qui n'est pas le cas des Etats-Unis.

    C'est pourquoi les Google et autre Amazon rêvent d'un texte transatlantique qui pourrait bien conduire à un abaissement des standards européens. Les enjeux sont donc énormes. C'est pourquoi si dans un premier temps, Américains et Européens ont rêvé de conclure un accord dès l'année prochaine, il apparait aujourd'hui qu'il est urgent pour les uns comme pour les autres de prendre son temps.


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