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    La Russie ne cédera plus l'uranium de ses ogives nucléaires aux Etats-Unis

    Une centrale nucléaire américaine. Getty Images/Aimin Tang

    La Russie a expédié aux Etats-Unis sa dernière cargaison d'uranium issu de son armement nucléaire. C'est la fin d'un programme de démilitarisation qui a duré vingt ans.

    Les têtes de missiles russes ne fourniront plus d'électricité aux Américains. L'approvisionnement des États-Unis en uranium militaire russe date de 1993. À l'époque, les États-Unis craignent une prolifération de l'armement russe, dans le désordre postsoviétique.

    Moscou, dépendant de l'aide occidentale, s'engage à céder l'uranium de 20 000 de ses ogives nucléaires. Il est décidé que l'uranium hautement enrichi des missiles sera appauvri en Russie pour répondre aux besoins d'un usage nucléaire civil et revendu aux États-Unis. Des mégatonnes contre des mégawatts.

    L'uranium militaire russe aurait fourni au cours des quinze dernières années la moitié du combustible des centrales nucléaires américaines ! On comprend que les États-Unis aient voulu prolonger le programme imaginé au sortir de la Guerre froide. « Niet », a répondu Moscou. La Russie estime avoir livré les 500 tonnes de son quota, alors que les États-Unis, qui s'étaient pourtant engagés eux aussi à se séparer d'une partie de leur arsenal nucléaire, n'auraient pas totalement converti les 180 tonnes qui leur étaient imparties.

    Il n'est plus question pour la Russie de Poutine, déjà championne des hydrocarbures, de brader son uranium d'origine militaire aux États-Unis, alors qu'elle peut vendre l'uranium de ses propres mines. Un minerai qu'elle valorise beaucoup moins bien depuis l'accident de Fukushima au Japon : les cours de l'oxyde d'uranium ont plongé à leur plus bas niveau depuis huit ans cet été (34 dollars la livre).

    Le retrait des missiles russes de l'offre mondiale d'uranium pourrait accentuer le rebond des prix que l'on observe depuis l'automne. Si l'on ajoute les fermetures de mines d'uranium en Australie, l'annulation ou le report des projets miniers, du Kazakhstan au Niger, le marché de l'uranium, toujours en surplus, pourrait même devenir déficitaire dans deux ou trois ans, lorsque le Japon aura redémarré ses centrales et que la Chine aura mis en route ses nouveaux réacteurs.


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