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    A la Une : les limites de l’opération Sangaris en Centrafrique

    Plusieurs journaux s’interrogent ce lundi sur l’intervention française à Bangui qui a débuté il y a pile un mois. « Un mois après, la situation en Centrafrique reste explosive », relève La Croix qui note que « la sécurité n’est pas rétablie. »

    Libération dresse également un constat d’impuissance : « les massacres sont devenus quotidiens à Bangui, des centaines de milliers de Centrafricains déplacés se retrouvent sans secours en raison de l’insécurité et les Africains vivant en RCA fuient le pays de peur des massacres. La catastrophe humanitaire est là. Preuve une nouvelle fois qu’une opération étrangère, même légitimée par l’ONU et bénéficiant du soutien de tous les dirigeants des pays voisins et de l’Union africaine, ne peut pas tout. »

    Qui plus est, relève Sud Ouest, « cette intervention est de moins en moins bien comprise par l’opinion publique. (...) À la lassitude face à la multiplication des opérations de l’armée française en Afrique s’ajoute un manque de clarté quant aux objectifs : autant le refus d’un État islamiste au Mali allait de soi, autant l’arbitrage entre factions centrafricaines suscite le scepticisme. Or, souligne Sud-Ouest, cette intervention est appelée à durer. Les Français approuvent d’autant moins l’opération centrafricaine que la France se retrouve plus seule que jamais pour la mener. »

    Un cadre mal conçu !

    On revient à Libération qui donne la parole à des intellectuels du continent. Des intellectuels très critiques vis-à-vis de l’intervention française à Bangui. Pour l’écrivain sénégalais, Boubacar Boris Diop, « aujourd’hui avec l’intervention en Centrafrique, ce qui frappe, c’est l’impuissance de la France, qui aura des conséquences sur les consciences africaines. (…) Les jeunes générations en sont plus conscientes. Elles sont plus critiques, et personne en Afrique n’est dupe : les interventions militaires ne sont pas seulement humanitaires. Paris défend sa position et ses intérêts. »

    Très critique également, Aminata Traoré, l’ex-ministre malienne de la Culture : « ni la France ni les puissances occidentales ne semblent vouloir voir que les interventions armées ne font qu’apporter des solutions militaires à court terme à des problèmes sociaux et économiques plus anciens et plus profonds. Comment ne pas voir que trois décennies de médecine libérale imposée par le FMI ont jeté dans les bras des intégristes des centaines de jeunes désespérés et sans avenir ? »

    Pour Mohammed Mahmoud Ould Mohamedou, ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, « on assiste aujourd’hui à une dégradation de la norme du devoir d’ingérence qui s’était imposée peu à peu dans les années 90, avec des interventions qui apparaissent désormais surtout marquées par l’improvisation. Or, poursuit-il, alors que ces interventions se multiplient, personne ne semble s’interroger sur leurs résultats : non seulement en Afrique (à l’exception de la Sierra Leone) mais aussi en Afghanistan ou en Irak, ces interventions militaires n’ont jamais permis aux pays 'sauvés' de se relever. Ils restent en crise, fragiles et sans institutions fortes. »

    Et puis, ce verdict sans appel sur l’opération française en Centrafrique livré par le chercheur Roland Marchal, toujours dans Libération : « le concept d’opération des autorités françaises était simpliste, affirme-t-il, et je crois même que, parmi les militaires, certains l’ont dit mais n’ont pas été écoutés. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le concept du désarmement. (…)Je ne veux en rien critiquer le comportement des soldats français, poursuit Roland Marchal, mais ils agissent dans un cadre qui a été très mal conçu. Ce n’est pas une opération de maintien de l’ordre mais bien le début d’une guerre civile. On serait donc en droit d’attendre, conclut le chercheur français, des mesures d’ordre politique qui sont totalement absentes jusqu’à aujourd’hui. »

    Changement de cap ?

    Le Figaro s’interroge : « François Hollande peut-il changer de politique ? (…) Le 31 décembre, lors de ses vœux aux Français, rappelle Le Figaro, le président a décidé de tomber les masques en assumant clairement une orientation réformiste ou sociale-libérale, loin de ses promesses de campagne. »

    Et le quotidien d’opposition veut y croire : « il y a des raisons d’espérer que le chef de l’État ne déviera pas de son nouveau cap. Car, autour de lui, des pays s’adaptent, se transforment et ils s’étonnent que la France se crispe et se cadenasse. Angela Merkel et David Cameron le lui disent chaque jour. François Hollande est prêt à leur emboîter le pas ? C’est, estime Le Figaro, une bonne nouvelle. »

    Toutefois, remarque encore le quotidien d’opposition, « à quelques mois des municipales, l’offensive n’est pas sans risques, alors qu’une partie de l’électorat socialiste reste en quête de marqueurs de gauche. »

    L’Humanité pour sa part n’a pas digéré les vœux présidentiels… « François Hollande savait-il qu’il ne pourrait pas appliquer ses promesses ? Ou ne s’est-il pas donné les moyens de les tenir ? Qu’importe au fond. Deux ans plus tard (déjà !), le résultat revient au même. Les promesses n’étaient que mensonge, fulmine le quotidien communiste, la trahison est bel et bien là. Jamais un exécutif socialiste au pouvoir n’avait à ce point donné l’impression que le renoncement était froidement programmé. »

    2014 : les Français vont s’exprimer…

    Alors, coup de barre à droite pour le capitaine Hollande ? En tout cas, les Français se prononceront en cette année 2014. « Les élections municipales, européennes et sénatoriales seront, tout au long de l’année, des marqueurs qui figeront pour un temps l’état du pays, relève La Dépêche du Midi. Elles vaudront tous les sondages imaginables, elles influenceront la politique du gouvernement et les stratégies de l’opposition, elles demanderont aux dirigeants et responsables une grande dose de sang-froid - ce qui n’est pas forcément acquis. D’autant plus, souligne encore La Dépêche, que ces scrutins, très différents dans la forme comme sur le fond, pourraient très bien nous valoir des résultats contradictoires. »

    D’après Le Midi Libre, « la dernière photographie de l’opinion n’indique rien de bon pour le gouvernement. À onze semaines des municipales, le camp des abstentionnistes se renforce à gauche. Le bon peuple souriant au soir du 6 mai 2012 veut cette fois-ci tirer la langue à François Hollande. Alors vote sanction ! », prédit Le Midi Libre. « Mais certainement pas vote d’adhésion pour le camp d’en face, inaudible dans ce marigot vaudevillesque où les trompés se disputent le fauteuil de numéro un. La gauche perdra, mais la droite ne l’emportera pas non plus, surtout si Marseille tombe et que Paris reste en rose. C’est donc un désenchantement majeur qui se profile dans les prochaines semaines, estime encore Le Midi Libre. Mars (les municipales) sera terrible pour la démocratie. Et mai (les européennes) sera catastrophique pour le PS et l’UMP. »

    En effet, concernant les municipales, renchérit Le Parisien, « pour l’UMP, qui n’a pas gagné de scrutin important depuis 2007, le boulevard promis risque de se transformer en voie de garage, celle d’une victoire +molle+ dont les bénéfices seraient anéantis si la gauche conservait ses grandes villes (Paris, Lille, Lyon, Toulouse…), voire lui chipait Marseille. » Rien n’est encore joué, donc, et conclut Le Parisien, « avec un FN en embuscade, c’est sans doute à raison que l’UMP veut rayer de son vocabulaire de campagne le terme de 'vague bleu' pour lui préférer de prudentes ambitions. »

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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.